Les plumes du cognac

12 novembre 2010

Elles sont d’autant plus précieuses que rares. En fait, peu de personnes de par le monde s’autorisent à parler et plus encore à écrire sur le Cognac en tant que produit. Nicholas Faith, Martine Nouet et quelques autres font figure d’eception.

Olivier Blanc – Cognac Leopold Gourmel – le déplore. « Les grands sommeliers qui dégustent les vins s’avouent toujours intimidés par les spiritueux. En parlant du Cognac, ils craignent de perdre leur crédibilité chèrement acquise sur les vins. Ils ont tort. Pour des maisons comme les nôtres, c’est catastrophique. Nous avons besoin de prescripteurs. » Le négociant apprécie d’autant plus l’engagement d’un Nicholas Faith ou d’une Martine Nouet : « Ils dégustent merveilleusement tout en gardant une proximité avec les producteurs. » Il applaudit au « Cognac award » de Nicholas Faith. « Il le mérite cent fois. Si une Confrérie du Cognac voyait le jour, il en serait le premier membre. Il a sillonné la région en tout sens et a su, comme personne, prêcher la bonne parole du Cognac, en mariant recherche de la qualité et respect du marketing. Nicholas Faith est un passeur. Son humour, ses métaphores, sa pédagogie, ses présentations ludiques ont énormément servi le Cognac. Qui plus est, il écrit très bien en français. »

Ce bi-linguisme, ce multiculturalisme, il le retrouve chez Martine Nouet. Cette journaliste française, d’abord chroniqueuse culinaire, est tombée « in love » avec l’Ecosse et ses producteurs de Whisky. « C’est un pays qui me correspond » dit-elle. Rédactrice en chef de Whisky magazine jusqu’à l’été dernier, elle a très vite ouvert ses pages aux autres spiritueux : Cognac, Rhum, Cachaça… Installée depuis deux ans à Islay, en Ecosse, Martine Nouet collabore régulièrement à la Revue des Vins de France (voir son témoignage). Autre journaliste français à aimer et écrire sur le Cognac, Bernard Bunschy au journal Le Figaro.

A l’international, sont régulièrment cités comme « plume » du Cognac Paul Pacult, un Américain spécialisé dans les spiritueux (il fait profession de consultant), qui écrit beaucoup sur le Cognac, ou encore Gary Regan, un Anglais installé aux Etats-Unis depuis 35 ans. Lui aussi consultant, l’homme a la réputation de très bien « goûter ». Seul petit problème pour les puristes du Cognac : Ardent Spirit, sa lettre d’information, « aurait gravement dérivé sur les cocktails ». Même s’il est davantage dans le verbe que dans la plume, Salavatore Calabrese s’avère un très bon embassadeur du Cognac.

Président de la UK Bartenders Guild Bar (l’association des barmen de Grande-Bretagne), S. Calabrese a reçu un award lors de la précédente édition de La Part des Anges. Son compliment reste dans les mémoires : « Pour moi, Cognac est le meilleur spiritueux au monde ! »

… professeur de cognac

Et le Japon dans tout cela ? Le pays est connu pour ses multiples clubs œnologiques, ses escouades de sommeliers. Olivier Blanc reste assez réservé sur le sujet : « Les Japonais viennent régulièrement déguster des Cognacs dans les salons parisiens consacrés aux spiritueux. Mais le “ personnel ” change beaucoup, ce ne sont jamais les mêmes qui viennent. Par ailleurs, ils sont dans le descriptif, ils ne tranchent pas, ne jugent pas. » Maître de chai de la maison Frapin depuis 1989, Olivier Paultes porte un regard un peu différent. Il n’oublie pas son ami de plus de vingt ans, Yasuhiro Koïnuma. Les deux hommes se sont connus à l’Université des eaux-de-vie de Segonzac. Ils se croisaient tous les jours, l’un en voiture, l’autre en vélo. Yasuhiro ne parlait pas un mot de français : « Il enregistrait tous ses cours et les faisaient traduire le soir. » De retour au Pays du soleil levant, ce passionné de Cognac s’est taillé un métier à sa mesure : il est devenu… professeur de Cognac !

Louis Ravaz – Pays du Cognac (1900, réédité en 2004 – français)
Robert Delamain – Histoire du Cognac (1935 – français)
Lafon, Couillaud, Gay-Bellile – Le Cognac, sa distillation (1973 – français)
Audemard, Ollier, Raguenaud – Précis sur la dégustation du Cognac (1973 – français)
GREH (Groupe de recherches et d’études historiques) – Le Cognac, n° 5 spécial Cognac (1983 – français)
Bruno Sepulchre – Le livre du Cognac, trois siècles d’histoire (1983 – français)
Nicholas Faith – Cognac (1987 – français/anglais)
Paczensky – Le grand livre du Cognac (1987 – français/allemand)
François Julien-Labruyère – L’alambic des Charentes (1989 – français)
Jean-Vincent Coussié – Le Cognac, sa distillation, son vieillissement, ses marchés, son histoire (1993 – français)
Jean-Vincent Coussié – Le Cognac et les aléas de l’histoire (1996 – français)
Louis M. Cullen – Le commerce des eaux-de-vie sous l’Ancien Régime (2002 – français)
Caroline Lampre – Cognac par ses étiquettes (2002 – français)
Kyle Jarrard – Cognac, la saga d’un esprit (2007 – français)
Nicholas Faith – Cognac (2004 – anglais)
Louis M. Cullen – L’établissement des négociants irlandais au 18e siècle (2006 – français)
Salavtore Calabrese – Cognac, a liquid history (2006 – anglais)
Laurence Chesneau-Dupin, Anne-Lise Quesnel – Les 100 plus belles images du Cognac (2007 – français)
François Julien-Labruyère – Cognac story, du chai au verre (2008 – français)
Gilles Bernard – Le Cognac, une eau-de-vie prestigieuse (2008 – français)
Françoise Barbin-Lecrevisse – Cognac et cuisine d’aujourd’hui (2009 – français)
Jörg Zipprick – Die Welt des Cognacs (2009 – allemand)

Extrait d’une liste « non exhaustive » établie par Brigitte Lucas, responsable du centre de documentation et d’information du BNIC. Les ouvrages cités (et d’autres) sont consultables au cdi du BNIC aux heures d’ouverture au public (9 h / 12 h 15 – 13 h 45 / 17 h). Information/renseignements : 05 45 35 60 00.

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