les pesticides « verts et propres »

15 mai 2017

 

      Comment va-t-il falloir aborder les pratiques de protection du vignoble dans les deux à trois décennies à venir ? Cette interrogation est un sujet de préoccupation majeur pour le modèle de vignoble productiviste de la filière Cognac. Si les recherches initiées par l’interprofession semblent être en mesure d’apporter des réponses à moyen et long terme avec les cépages résistants au mildiou et à l’oïdium, la maîtrise du complexe parasitaire durant les prochaines années paraît beaucoup plus incertaine. Les débats actuels sur l’utilisation des pesticides posent une question de fond qu’il n’est plus possible d’éluder : L’utilisation des intrants phytosanitaires actuels est-elle nuisible pour la santé ?

       Des études scientifiques d’origines diverses commencent à mettre le doigt sur le sujet avec parfois beaucoup de pertinence et d’autre fois des incertitudes. Le sujet « pesticides » a pris une dimension très politique ou les lobbyistes « anti et pro » rendent les débats trop souvent polémiques. Dans toute cette nébuleuse, une catégorie d’acteurs ne s’exprime pratiquement jamais alors qu’ils ont des choses sensées et importantes à dire : les viticulteurs. Leur tort est d’être à la fois, les utilisateurs finaux de pesticides et des cibles finalement faciles. Leur discours est rare et malheureusement inaudible pour le grand public.

      Les viticulteurs dans la région de Cognac doivent gérer une équation complexe pour répondre aux besoins d’une filière et piloter avec vista l’équilibre économique à court et moyen terme de leurs propriétés. Quelles solutions leur propose-t-on ? Le leitmotiv du ministère de l’agriculture via le plan Ecophyto, des relais régionaux, des prescripteurs de terrain est la réduction d’utilisation des produits phytosanitaires. Contrairement à certaines idées reçues, l a très grande majorité des viticulteurs partagent pleinement cette vision des choses et sont réceptifs aux moyens alternatifs qui leur sont présentés.

      Les hommes et les femmes faisant vivre notre belle région n’ont nullement le souhait de mettre en danger leur santé, celle de leurs familles et des personnes autour. Bien au contraire, ce sont des gens intelligents et responsables mais qui sont désarmés vis-à-vis de ce dossier majeur. Dans la région de Cognac, cela fait un bail que l’on est sensible à la moindre utilisation des intrants phytosanitaires. Les faits sont là ; le vignoble a été pionnier sur de nombreux sujets ; la modélisation a démarré en Charentes, l’idée de créer des groupes de lutte raisonnée a aussi germé ici et enfin, la région est le moteur incontesté des ventes les tunnels de pulvérisation confinés. Ce dernier élément ne doit pas être sous estimé. La pulvérisation confinée permet de réduire de 30 à 40 % et dès cette année, les 400 équipements en fonctionnement permettront de protéger 15 000 ha. L’envie des viticulteurs est bien sûr d’aller beaucoup plus loin est réelle. Ils auront la volonté de la faire si on leur propose des solutions réalistes. Leur véritable souhait est d’utiliser des fongicides, des insecticides à la fois pleinement respectueux de la santé, de l’environnement et aussi performants. Or, pour l’instant cette catégorie de produits n’existe pas ! C’est là le vrai problème ! Depuis 20 ans, les industriels de l’agrochimie n’ont pas proposé de choix de ce type et la recherche publique s’est totalement désengagée de ces sujets. Le salut ne pourra venir que de nouveaux acteurs ayant intégré ces exigences. Récemment, des start-up développant des matières actives innovantes ont défriché avec succès le sujet pesticide « vert et propre ». On voit émerger de nouveaux acteurs qui « fourmillent » d’idées intéressantes mais  et manquent aussi cruellement de moyens. La profession n’aurait-elle pas vocation à se mobiliser pour dégager des moyens financiers et créer des pôles scientifiques de soutien à ces entreprises en devenir. Ce serait un acte fort pour, à la fois, préserver la compétitivité des propriétés viticoles et promouvoir avec sérieux les enjeux de viticulture durable.

 

L’interprofession du Cognac a fêté ses 70 ans en 2016. Plus qu’une commémoration ou un coup d’œil dans le rétroviseur, le BNIC a souhaité faire de cet anniversaire un prétexte pour regarder l’avenir, parler de ses missions, des hommes et des femmes qui œuvrent tous les jours au sein du Bureau national du Cognac, professionnels, salariés. C’est l’objet du Supplément « Une Filière, des Talents Cognac » qui accompagne votre journal. Bonne lecture ce « tiré à part » rédigé, à la demande de l’interprofession, par les deux rédactions de Terres de Cognac et du Paysan Vigneron.

 

Erratum

 

Dans le précédent éditorial, au sujet des transferts illicites, a été cité par erreur la commune de Saint Martial sur le Né. Il s’agissait de la commune de Saint Martial de Vitaterne. Une « coquille » pas imputable au journal mais dont, malgré tout, nous vous prions de nous excuser.

 

 

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