le Turbipano utilisé en 2011 sur une exploitation de 19 hectares

17 novembre 2011

Philippe Chauvin fait partie de ces viticulteurs qui s’intéressent beaucoup à la pulvérisation. Depuis plusieurs années, ce viticulteur souhaitait changer son pulvérisateur aéroconvection mais aucune nouvelle fabrication ne semblait répondre à ses attentes. La présentation, l’été dernier, de deux tunnels de pulvérisation ventilés l’a tout de suite beaucoup intéressé et après les avoir vu fonctionner, il a été convaincu. Son choix s’est porté sur le Turbipano Dagnaud, avec lequel trois traitements en pleine végétation ont été effectués cette année.

 

 

p27.jpg« Un pulvérisateur viticole est l’outil majeur d’un vignoble. C’est l’équipement le plus utilisé au cours de l’année et une déficience de fonctionnement peut être lourde de conséquences. Lorsque la pression de parasitisme est forte, l’efficacité de la pulvérisation et l’organisation du chantier de pulvérisation interfèrent directement sur le devenir du potentiel de production. » Ces propos de Ph. Chauvin témoignent de l’importance du matériel de pulvérisation sur son exploitation. La propriété de 19 ha, située à Saint-Léger en Charente-Maritime, présente deux spécificités principales : un écartement de vignes à 2 m et 2,20 m et une nature de sols de type champagne qui se ressuient assez bien. Depuis 1992, il utilisait un pulvérisateur aéroconvection Idéal de 1 000 l équipé d’une voûte Charente. Le pulvérisateur a été employé pendant longtemps pour traiter quatre rangs en un seul passage. A l’issue de la campagne 2007, ce viticulteur a perçu les limites de cette
organisation où chaque rang n’était traité que sur une seule face. Dès l’année suivante, le traitement de toutes les faces de rang a été généralisé à partir de la mi-mai. Ph. Chauvin essaie de concilier les attentes de qualité en matière de protection à un certain réalisme économique en traitant l’ensemble de son vignoble dans la journée. Comme le pulvérisateur est l’outil le plus fréquemment utilisé au cours de l’année, les aspects de fiabilité et de simplicité de fonctionnement sont aussi très importants.

Depuis 2007, toutes les faces de rang sont traitées

p28.jpgLors de son installation sur la propriété familiale au début des années 1990, l’un des premiers investissements de Ph. Chauvin a été d’acheter un pulvérisateur adapté aux spécificités de son vignoble. A l’origine, la propriété était constituée de deux îlots homogènes, l’un de 10,50 ha situé autour du siège d’exploitation et l’autre de 4,5 ha éloigné de 6 km. La structure du vignoble l’a amené à choisir à l’époque un aéroconvection 1 000 l équipé d’une voûte Charente, qui était un appareil assez polyvalent et doté d’une autonomie suffisante. La présence de vignes étroites nécessite une certaine organisation et un sens de l’anticipation au moment du palissage pour être en mesure de réaliser les traitements sans contraintes de passage. Ensuite, la forte densité implique de posséder un pulvérisateur assez performant pour traiter le vignoble dans la journée. L’acquisition de 4 ha de vignes supplémentaires n’a pas remis en cause l’organisation du chantier de pulvérisation qui a été seulement un peu allongé pour assurer la protection dans la journée. A l’issue de la campagne 2007, Ph. Chauvin a pris conscience des limites technologiques de son appareil de traitement : « Il y a des réalités que l’on ne peut pas nier. Traiter une face de rang sur deux, ça marche quand la pression de parasitisme est faible ou moyenne mais, dès que le mildiou devient agressif, on prend des risques. Chez moi, la campagne 2007 a été difficile car, au départ, je ne traitais qu’une face de rang sur deux. Dès le début du mois de juin, j’ai doublé mes passages en traitant toutes les faces et, bizarrement, l’attaque de mildiou a été contenue. Cet événement a renforcé ma sensibilisation autour de la qualité de la pulvérisation mais, à l’échelle d’une propriété de 19 ha, il faut aussi être réaliste sur le plan économique. Après cette campagne, j’ai décidé de remettre en cause l’organisation des traitements sans pour autant changer mon appareil. Les réglages de l’appareil ont été modifiés en changeant toutes les buses pour rouler plus vite sans mettre plus de volume/ha. Traiter le vignoble dans la journée restait pour moi une priorité et en roulant à 7,2 km/h au lieu de 6,4 km/h, c’était possible. En 2008, une année aussi à forte pression de mildiou, cette organisation m’a donné entière satisfaction. »

Des fabrications de pulvérisateurs qui ont peu évolué depuis le début des années 90

L’aéroconvection Idéal 1 000 l après 15 ans d’utilisation commençait à donner quelques signes de vieillissement et envisager son remplacement est devenu d’actualité. Ph. Chauvin a commencé à réfléchir à son futur investissement pulvérisateur en étant soucieux de trouver le juste compromis entre qualité de pulvérisation, exigences environnementales et réglementaires et réalités économiques : « Au cours des quatre dernières années, je me suis intéressé à l’offre commerciale des principaux constructeurs de pulvérisateurs. Mes investigations auprès des constructeurs et des concessionnaires ont révélé un certain immobilisme des fabrications. Ma déception a été grande car j’avais le sentiment que j’allais acheter le même pulvérisateur que 15 ans plus tôt. L’offre commerciale se scindait en deux grandes catégories de matériels : des pulvérisateurs simples de type aéroconvection dotés de voûtes droites peu différents de mon ancien équipement ; et ensuite des pneumatiques avec des rampes face par face. Ce type d’équipement aurait peut-être été une solution mais l’encombrement de la rampe en bout de rang et le prix élevé de ces appareils ne me paraissaient pas adaptés aux structures de ma propriété. Par ailleurs, l’autre problème des pneumatiques est leur forte demande de puissance moteur qui engendre des niveaux de consommation en gas-oil élevés. La perte de produit dans l’atmosphère liée aux phénomènes de dérives reste problématique avec pratiquement tous les pulvérisateurs dans notre région où aux mois de mai et de juin les vents d’ouest sont fréquents. Le principe des panneaux récupérateurs m’a toujours intéressé mais, en pleine saison, le flux de pulvérisation dans la végétation ne me paraissait pas assez puissant. Je ne me voyais pas acheter un appareil seulement pour réaliser les trois ou quatre premiers traitements de début de saison. L’année dernière, la présentation des tunnels de pulvérisation avec une alimentation en air intégrée m’a tout de suite beaucoup intéressé. A mon sens leur intérêt réside à la fois dans l’absence de dérive et la récupération de bouillie tout au long de la saison. Ce sont des équipements qui doivent permettre d’une part de pousser plus loin le raisonnement de la protection du vignoble et d’autre part de réduire de manière significative l’utilisation des produits phytosanitaires sans prendre de risques inconsidérés. »

Les tunnels de pulvérisation ventilés : une véritable évolution

Après avoir vu fonctionner les deux pulvérisateurs, le Turbipano et le tunnel Friuli, Ph. Chauvin a pensé qu’il avait trouvé un principe d’appareil correspondant à ses attentes : « Sur une exploitation de taille moyenne, l’achat d’un pulvérisateur est un investissement important en terme de fiabilité et de longévité. Mon précédent pulvérisateur a fonctionné pendant 15 ans et mon nouvel achat devait également s’inscrire dans une certaine pérennité. Les principes des appareils Friuli et Dagnaud m’ont paru à la fois proches par le fait de la maîtrise de la dérive et différents sur la conception. Le premier est constitué de deux cellules de traitement inox à l’intérieur desquelles l’air est insufflé latéralement par une rampe à partir de quatre turbines indépendantes. Le second fonctionne à partir d’un tunnel en fibre de verre à l’intérieur duquel deux ventilateurs centrifuges propulsent un flux d’air vertical à partir de la base des ceps. Après les avoir vu fonctionner tous les deux, mon choix s’est porté sur le Turbipano de la société Dagnaud pour deux raisons principales. Son prix d’achat était nettement moins élevé (28 000 € ht) et il demandait moins de puissance de traction. » L’achat du Turbipano a été finalisé au début du mois d’avril dernier et l’appareil a été mis en route dans le courant du mois de juin.

Un appareil très maniable et facile à conduire

Le vignoble de cette exploitation peut être qualifié d’assez vigoureux car, même dans le contexte d’une année très sèche comme 2011, les parcelles présentaient une végétation dense. La situation de demi-coteaux avec parfois des pentes avec un peu de dévers représente une situation de test idéale sur le plan de la stabilité au travail du pulvérisateur. L’élément défavorable de l’année a été la faible pression de parasitisme qui n’a pas constitué un banc d’essai idéal. Ph. Chauvin a effectué les trois derniers traitements de la saison avec le Turbipano, ce qui lui a permis d’apprécier les performances de l’appareil en pleine végétation : « Contrairement à certaines idées reçues, l’appareil est très maniable en bout de rang. Des tournières de 5 à 6 m permettent de changer de rang en ne refermant pas les tunnels et sans avoir besoin de réaliser des manœuvres. La situation des deux cellules de traitements à l’avant et la présence d’un timon articulé facilitent la conduite dans les rangs et en bout de parcelles. J’avoue qu’au départ la conduite de l’appareil ouvert m’inquiétait un peu. Or, dès les premières manœuvres, j’ai été surpris par la maniabilité du pulvérisateur. Il ne m’a fallu qu’une petite heure de conduite pour avoir bien en main cet appareil. En fait, quand le tracteur est engagé normalement dans les interlignes, les deux tunnels et le pulvérisateur suivent sans problème. Le fait de ne pas avoir besoin de refermer les tunnels en bout de rang est un gros avantage. La commande électrique de l’arrêt et de l’ouverture du circuit de pulvérisation est la seule intervention que le chauffeur a besoin d’effectuer en bout de rang. Dans les dévers, le pulvérisateur s’est montré très stable même à des vitesses élevées. La fabrication des tunnels en fibre de verre diminue considérablement le poids du pulvérisateur, ce qui me semble un avantage lors d’utilisation après une période de pluie. »

Les deux souffleries à la base des ceps me paraissent performantes

L’autre sujet d’interrogation de ce viticulteur concernait bien sûr la qualité de la pulvérisation. Son vécu de la réalisation des traitements dans les conditions du vignoble charentais ont aussi pesé dans sa décision d’acheter un tunnel de pulvérisation confiné équipé d’un système de ventilation : « L’ugni blanc dans les conditions où il est cultivé en Charentes possède une vigueur généreuse qui rend la pénétration des flux de pulvérisation plus difficile en pleine saison. L’utilisation de système de ventilation performant est indispensable pour retourner les feuilles et atteindre toutes les zones de la végétation. C’est pour cette raison que les panneaux récupérateurs traditionnels sans soufflerie ne me paraissaient pas complètement adaptés aux vignes charentaises. L’utilisation de l’aéroconvection pendant plus de 15 ans m’a aussi permis de prendre conscience de l’intérêt de traiter toutes les faces de rang en année de forte pression de mildiou. Le Turbipano associe le confinement de la pulvérisation, un traitement face par face et une ventilation qui explore la végétation de bas en haut. J’avoue que je me demandais si les deux turbines positionnées de façon légèrement oblique en dessous la base des ceps allaient avoir des performances suffisantes pour bien explorer l’ensemble du palissage. La réalisation des trois traitements en pleine végétation cette année m’a permis d’observer que les deux souffleries étaient suffisamment puissantes. L’air généré pénètre immédiatement dans le cœur des rangs. Le flux d’air qui est diffusé à partir de la base des souches me semble très efficace dans la zone des grappes. Or, c’est l’endroit le plus difficile à atteindre et le plus important à protéger. Quand je regarde travailler le pulvérisateur, le feuillage est vraiment bien retourné. Je n’ai bien sûr pas fait de test de qualité de la pulvérisation qui me permette de vérifier cette impression visuelle. J’attends avec impatience les résultats des essais de l’IFV qui ont été conduits au mois de juillet dernier en Charentes. »

Une dérive maîtrisée et des besoins en puissance faibles

Les deux principaux intérêts du pulvérisateur Turbipano résident dans la maîtrise des phénomènes de dérive liée au vent et la récupération de bouillie. La forme des panneaux enveloppant bien la structure de la végétation a été pensée pour limiter les phénomènes de dérive. Ensuite, les deux rampes de pulvérisation ne sont pas positionnées l’une en face de l’autre. L’une est décalée légèrement vers l’avant et l’autre vers l’arrière afin de limiter les effets d’opposition et de dispersion du flux de pulvérisation. Le système de récupération de bouillie fonctionne à partir d’une pompe qui aspire les volumes de bouillie recueillis à la base de chaque tunnel dans un petit bac. La bouillie recueillie est filtrée plusieurs fois avant d’être réincorporée dans la cuve. Le constructeur conseille de nettoyer les tamis des bacs de récupération et les crépines d’aspiration à chaque remplissage du pulvérisateur. Après cette petite campagne d’utilisation, Ph. Chauvin apporte des éléments concrets sur ces deux aspects : « Autour de certaines parcelles, la présence de maisons d’habitations complique la mise en œuvre des traitements. Il faut faire preuve de vigilance mais, malgré cela, on est toujours à la merci d’un coup de vent. Aux mois de mai et début juin, lorsque la végétation n’est pas encore trop développée, le vent occasionne des pertes de produit importantes que l’on ne peut pas quantifier précisément. Cette année, même si je n’ai réalisé que trois traitements, j’ai pu mesurer l’efficacité des tunnels confinés du Turbipano. La dérive me semble très faible et je peux traiter même quand il y a peu de vent. Lors des deux premiers traitements, j’avais réglé le pulvérisateur pour appliquer un débit théorique de 150 l/ha en utilisant 8 buses par rang et en avançant à 7 km/heure. Dans ces conditions, 20 l/ha de bouillie ont été récupérés en moyenne avec de fortes variations selon la vigueur des parcelles. Cette organisation me permet de traiter les 19 ha en 10 heures de travail et en remplissant trois fois le pulvérisateur (deux de 1 000 l et un dernier de 600 l). Lors du dernier traitement, j’avais ouvert une buse supplémentaire en haut du tunnel pour traiter le sommet du feuillage. Le débit théorique/ha avec les 9 buses était alors de 168 l/ha et le niveau de récupération n’a pas changé. Sur l’ensemble d’une saison de traitements, il me paraît réaliste de tabler sur un niveau de récupération moyen de bouillie proche de 30 %, ce qui sera très intéressant sur les plans économique et environnemental. 100 à 150 € ht/ha d’économie de produit, ce n’est pas négligeable. Un autre avantage non négligeable du Turbipano est sa faible demande de puissance. Mon tracteur de 70 cv l’emmène sans forcer et la consommation de gas-oil est nettement moins importante que lorsque j’utilisais l’aéroconvection Idéal. Je pense même que mon ancien tracteur vigneron de 60 cv serait amplement suffisant pour tracter le Turbipano, car toutes les fonctions hydrauliques sont gérées par la centrale hydraulique indépendante du pulvérisateur. »

Les principales  caractéristiques du Turbipano
l Deux tunnels de pulvérisation confinés épousant la structure de la végétation.
l Structures des tunnels entièrement en fibre de verre.
l Système de récupération de bouillie avec pompe indépendante de recyclage.
l Récupération de bouillie de 10 à 70 % selon la saison.
l 4 turbines centrifuges Turbofan installées en position oblique à la base de chaque panneau.
l Centrale hydraulique indépendante faisant fonctionner les deux cellules de pulvérisation et l’ensemble des réglages hydrauliques.
l Commandes électriques des fonctions de pulvérisation.
l Puissance de traction nécessaire : 40 à 50 cv.
l Prix : 28 000 € ht pour le modèle de base
.

 

 

 

 

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