le syndicat UGVC , vu de l’intérieur

9 avril 2014

Directrice du Syndicat, Marlène Tisseire décrit le fonctionnement de l’UGVC et plus particulièrement celui du conseil d’administration. Plongée à l’intérieur d’une structure scandée par le rythme des réunions, la réflexion sur les thématiques professionnelles, l’information aux adhérents, l’accompagnement des viticulteurs.

 

 

p18.jpgLes rouages du syndicat

« Comme de nombreux syndicats, l’UGVC est organisée sous forme pyramidale. Il y a la base des adhérents puis les quatre cents délégués, le conseil d’administration, composé de 54 membres et le bureau, de 10 membres.

Le bureau se compose du président, du secrétaire général, du secrétaire général adjoint, du trésorier, du trésorier adjoint ainsi que des cinq vice-présidents de cru (1). Le bureau est essentiellement une instance de fonctionnement interne. Il a en charge la gestion quotidienne du syndicat : mise en place des réunions, choix des dates, ordre du jour… Ses réunions sont mensuelles, chaque premier mardi du mois. En parallèle, existe un organe un peu plus officieux, le comité de pilotage, qui apporte son appui sur des questions ponctuelles de gestion administrative. Formation restreinte, il rassemble le président, le secrétaire général, le secrétaire général adjoint et le trésorier. Chaque semaine, le comité de pilotage tient une réunion téléphonique d’un quart d’heure à une heure.

Le conseil d’administration, organe pivot du syndicat

En son sein, sont débattues les thématiques de fond. Il valide les décisions prises en bureau. Le conseil d’administration se réunit une fois par mois. Le positionnement de la date de la réunion est conditionné par le calendrier du comité permanent du BNIC. Nous essayons de réunir le CA trois ou quatre jours avant la tenue du comité permanent, histoire d’ébaucher entre nous les dossiers à l’ordre du jour de l’interprofession. Quand c’est possible, la réunion de bureau est programmée le même jour que le CA à 18 heures.

La réunion du conseil d’adminis-
tration démarre à 21 heures et dure « jusqu’à plus soif », c’est-à-dire jusqu’à épuisement de l’ordre du jour. Selon les réunions, les points abordés peuvent aller de 4-5 à une dizaine. Nous essayons d’en limiter au maximum le nombre car, à un certain moment, c’est trop. En général, la réunion se termine vers minuit. Le taux de présence des administrateurs dépasse les 80 %. Un score très honorable. Sur 54 membres, il y en a toujours plus de 40 autour de la table.

L’ordre du jour
du conseil d’administration

Il répond à une double logique. A la fois s’y inscrivent les sujets que le syndicat souhaite traiter (actualité du moment, suivi de dossiers), mais aussi les sujets qui figurent à l’ordre du jour du comité permanent du BNIC. Dans la première catégorie, citons des thèmes comme le lissage du rendement, le capage de la réserve de gestion. Ce sont typiquement des sujets à forte consonance syndicale, sur lesquels l’UGVC exerce une réflexion à long terme.

Pourquoi vouloir coller au calendrier du comité permanent ? Pour une raison toute simple : il s’agit de dégager une position viticole en amont, avant que la discussion arrive à l’interprofession. En général, le président et les membres de l’UGVC qui siègent au BNIC se chargent de la présentation. Des intervenants extérieurs peuvent intervenir.

Organisation des débats

Les débats se déroulent de façon très démocratique. Le président organise la discussion. Tout le monde ne parle pas en même temps. Il est tout aussi important de s’écouter que de se parler. Face à une décision importante, le président invite chacun à prendre la parole, à tour de rôle.

Le vote est presque systématique. Il ne s’agit même pas d’une demande des élus. On se l’impose. Un vote clair rend les choses bien plus simples. Qui plus est, le vote permet à ceux qui n’ont pas parlé de pouvoir tout de même s’exprimer.

Les délégués ou les administrateurs qui veulent « monter » en prenant des responsabilités savent nous le dire. Ils nous appellent. Cela ne formalise personne, bien au contraire. « Il faut que cela tourne ». Après, tout le monde ne peut pas siéger au BN. C’est une question de confiance mutuelle. L’important, c’est qu’il y ait du monde pour porter les positions viticoles.

Les commissions de l’UGVC

Le syndicat a adopté le parti de doubler systématiquement toutes les commissions et groupes de travail du BNIC. Une fois de plus, il s’agit de préparer en amont les discussions qui engageront la viticulture au sein de l’interprofession.

Ainsi, à l’instar du Bureau national du Cognac, avons-nous nos commissions Technique, Promotion, Contrôle qualité, Accès au marché et dématérialisation ainsi que les groupes de travail Gestion de la production, Développement de l’appellation, Développement durable, Budget et prospective. Le rythme des réunions se calque sur celui du BNIC. En ce moment, le groupe de travail « Gestion de la production », dans le cadre de l’étude Eurogroup, se réunit tous les 15 jours. Sinon, la cadence de travail est plutôt mensuelle. Le groupe de travail « Développement de l’appellation » est assez souvent couplé avec les réunions ODG, organisées tous les deux mois. Pour les membres de l’UGVC siégeant au BNIC, cela signifie un temps de réunion multiplié par deux.

Les réunions en commissions se déroulent le matin, l’après-midi, le soir. Cela dépend. En général, elles durent de deux à trois heures. Il peut arriver qu’elles se tiennent au Bureau national du Cognac (avec Eurogroup par exemple) mais, la plupart du temps, elles se passent ici, à la Maison des Viticulteurs.

Une quinzaine d’administrateurs participent aux commissions et groupes de travail. Au départ, il y a trois ans, certains administrateurs s’étaient inscrits dans cinq ou six commissions différentes. Mais le rythme s’est révélé difficile à tenir. Chacun donne le temps qu’il veut, qu’il peut. Les mandats sont bénévoles. Il n’y a pas de rétributions à l’UGVC.

A côté des commissions en lien avec le BNIC existent aussi des commissions dont l’initiative émane directement de l’UGVC, comme le groupe de travail Flavescence dorée. Avant le début de la campagne, le groupe se réunit très souvent : préparation du PLO (périmètre de lutte obligatoire), montage du budget pour la mise en place de la fameuse CVO Flavescence dorée… Nous sommes une petite structure. Nous nous adaptons à l’actualité.

Le lien avec les administrateurs

Il se fait énormément par mail. Les convocations aux administrateurs sont envoyées de cette façon. Aujourd’hui, tout le monde est informatisé, sans exception. Lorsque l’activité est très dense, il nous arrive aussi de communiquer par SMS.

Une charte de confidentialité

Les 54 administrateurs ont tous signé une charte de confidentialité. Ils s’engagent à ne pas divulguer, ni oralement ni par écrit, les termes des comptes rendus et des discussions à l’UGVC. Seuls le président et le secrétaire général sont en charge de diffuser la parole du syndicat. Ensuite, sur un sujet précis, le bureau peut déléguer à l’un ou l’autre le soin d’exprimer la position du syndicat.

Les outils de communication

Il y en a plusieurs. Un Administrateur info, à la parution bimensuelle (tous les 15 jours), reprend le calendrier de l’ensemble des rendez-vous. Des résumés de quelques lignes rendent compte des réunions à laquelles ont participé les administrateurs de l’UGVC (à FAM, INAO, CNAOC, CNIVE…).

Le Délégué info est une lettre spécifique qui, comme son nom l’indique, s’adresse aux délégués (voir encadré). Son rythme de parution est variable, selon l’actualité.

L’avenir du Cognac a vocation à paraître une fois par mois. Il est envoyé à tous les adhérents, soit sous format numérique (par mail), soit sous forme papier. Il compte de 4 à 8 pages. »

(1) A titre illustratif, liste des membres du bureau qui officièrent pendant trois ans sous la mandature qui s’achève – Président : Christophe Forget ; Secrétaire général : Stéphane Roy ; Secrétaire général adjoint : Eric Bilhouet (en remplacement de Xavier Desouche, prés. Ch. Agri 16) ; Trésorier : Raphaël Martinaud ; Trésorier adjoint : J.-B. de Larquier – Vice-présidents de cru – G.C. : Patrick Brisset ; P.C. : Annabelle Monnereau ; Borderies : Béatrice Soucaret ; Fins Bois : Philippe Martineau ; BB-BO : Jean-Christophe Barraud.

Conseil d’administration de l’UGVC

Présentez-vous !

Pour qui veut faire entendre sa voix, c’est vraiment au conseil d’administration du syndicat qu’il faut être. Etre délégué, c’est bien (et nécessaire) mais pas suffisant. Se présenter au conseil d’administration est aussi un gage de pluralité d’expression. Candidature mode d’emploi au poste d’administrateur.

Concrètement, comment vont se dérouler les élections à l’UGVC ? Une fois les délégués élus (scrutin clos le 14 mars, dépouillement au plus tard le 24 mars), les nouveaux délégués (autour de 400) vont recevoir un appel à candidature au poste d’administrateur. Cet appel à candidature interviendra avant le 31 mars, sous la forme d’un communiqué ou d’un « Délégué info ». C’est à ce moment-là qu’il faudra se positionner. Les candidats potentiels auront jusqu’au 18 avril pour se manifester. L’élection proprement dite se tiendra le 27 mai, lors de l’assemblée générale du syndicat. Les délégués seront alors invités à voter pour les candidats de leur choix. Le scrutin s’exercera à bulletin secret, selon la règle du plus fort en voix. Le scrutin se fera par cru et par collège. A l’entrée, chaque délégué recevra le bulletin correspondant à sa « case » (délégué de cru, délégué collège), à la façon des élections Chambre (collège 1, 2, 3…). Si, pour le cru ou le collège concerné, il n’y a pas plus de candidats que de postes à pourvoir, le délégué n’aura d’autre alternative que de voter liste entière (bulletin nul s’il raye un nom). Par contre, si le nombre de candidatures dépasse les postes à pourvoir, il pourra exercer son choix. D’où l’intérêt, pour la pluralité d’expression, que les candidats au poste d’administrateur soient les plus nombreux possible.

Par cru et par collège, combien de postes seront-ils à pourvoir ? Tout va dépendre de la règle adoptée. Car le conseil d’administration actuel s’est accordé la possibilité d’arbitrer entre deux options : soit en rester au nombre actuel de 54 administrateurs, soit se conformer aux statuts et descendre à 36. Dans la mesure où la décision n’est pas encore prise, nous présentons les deux formules et leur traduction en termes de postes.

Conseil d’administration à 54 : 36 administrateurs de crus – 6 GC, 6 PC, 3 B, 15 FB, 6 BB/BO – 18 admistrateurs de collèges : 3 livreurs de vin, 6 BC à domicile, 6 BC à façon, 3 VD.

Conseil d’administration à 36 : 24 administrateurs de crus : 4 GC, 4 PC, 2 B, 10 FB,
4 BB/BO – 12 administrateurs de collèges : 2 livreurs de vin, 4 BC à domicile, 4 BC à façon, 2 VD.

Délégués UGVC
Des relais d’information
Outre le fait d’élire les administrateurs, les délégués sont sollicités par le syndicat pour une « remontée d’informa-tions ».
Récemment, le syndicat a puisé dans son vivier de délégués pour alimenter l’étude d’Eurogroup. Il a également fait appel à lui sur des sujets plus techniques comme la dématérialisation (identification des « zones blanches » non desservies par le réseau internet), le gaz naturel (envoi d’un questionnaire) ou encore la problématique « grand cru » pour les délégués du collège des vendeurs directs. « C’est une base sur laquelle nous nous appuyons pour faire remonter des informations » indique-t-on à l’UGVC. En termes d’agenda, le mandat de délégué est assez soft. A minima, il se traduit par un rendez-vous annuel, couplé à la réunion de secteur du cru et bien sûr par la présence à l’assemblée générale, pour élire les administrateurs. Mais certains présidents de cru ne se contentent pas du service minimum. Ils réunissent leurs troupes plus souvent. Une attitude laissée à leur discrétion.

p201.jpg« du sérieux, de la solidité »

En 2006, Marlène Tisseire arrivait de sa région du Midi. Elle a remplacé Benoît Stenne à la direction du syndicat. Avec elle, retour sur ses différentes missions.

Ecouter les sujets d’actualité qui remontent du terrain pour préparer l’ordre du jour de la prochaine réunion de bureau, « avaler » les 18 pages de compte rendu de telle structure nationale pour détecter ce qui fâche (ou qui réjouit) les Charentes, rédiger une bonne partie du bulletin d’information aux adhérents à paraître (avec un léger retard), se rendre à une réunion, en animer une autre le soir, superviser le travail de l’équipe (restreinte, forcément restreinte), communiquer avec les professionnels… C’est de tout ça – et de bien d’autres choses – dont est tissé le quotidien d’une directrice (eur) de syndicat viticole.

A dire vrai, Marlène Tisseire a toujours eu l’air de se sentir comme un poisson dans l’eau dans sa fonction. Arrivée en terre charentaise en 2006, elle ne fut pas effrayée par l’accent charentais (il existe, elle l’a entendu). El le sien, oh miracle, a disparu. Mais non peuchère ! On s’y est habitué.

La « Marlène touch », c’est du sérieux, de la rigueur, de la solidité. D’emblée, elle pressent qu’en Charentes la bataille de l’adhésion syndicale se gagnera – aussi – sur les services à apporter aux viticulteurs. Il faut dire que la région est experte en montage « d’usines à gaz ». Et que l’Europe et la France l’y aident puissamment. Marlène plonge sans réticence dans l’univers barbare des documents déclaratifs, des dates de plantations anticipées, de retrait de formulaires, de critères d’attribution des aides aux investissements… Elle met en place tout un programme de rappels, de suivi individuel de dossier.

La gestion du Plan collectif de restructuration, confié à l’UGVC, va venir couronner tout ce travail de fond. Une sorte de reconnaissance. Et un appel au peuple. L’entrée dans le Plan collectif et le dossier qui l’accompagne boostent les adhésions. Bien vu !

Pour revenir aux fonctions d’une directrice (eur) de syndicat, la directrice de l’UGVC s’occupe de la gestion de l’équipe, orchestre le travail administratif. Elle est chargée par les professionnels du recrutement (avec leur aval). Elle les accompagne dans leur veille réglementaire, leur réflexion juridique. Elle organise avec eux les réunions (assemblée générale, conseil d’administration, bureau), se mue par intermittence en rédacteur de bulletins spécialisés.

Un mois sur deux, en alternance avec Sébastien Archambaud, directeur du Syndicat des producteurs de Pineau, elle participe, à la CNAOC, à la réunion des directeurs de syndicats viticoles. Un moment important dans la vie d’un animateur viticole. « Nous nous ouvrons à d’autres problématiques mais nous discutons aussi de sujets transversaux. Nous avons par exemple beaucoup travaillé sur le sujet de la réserve de gestion ou encore sur le contrôle des structures par les Douanes. »

En région, M. Tisseire participe en tant qu’invitée à des réunions de travail au CRINAO, au BNIC, à la CDCEA (Commission départementale de la consommation d’espace agricole)… Elle intervient tous les ans auprès de la licence pro de l’Oisellerie. Et trouve encore le temps de repartir vers ses chères collines du Midi.

p203.jpgQui ne connaît pas « Emilie, du syndicat ». Emilie possède des sacs à main rarement vus sous nos latitudes, des écharpes douces qui s’enroulent autour du cou, une mini bleu, parfois une fleur dans les cheveux… et un sacré tempérament. Passionnée par ses dossiers, elle mène son action gaz sabre au clair, défend son syndicat avec la détermination d’un Bonaparte au féminin. Parfois les yeux d’Emilie lancent des éclairs.

A l’UGVC, Emilie Chapalain est en charge de la « communication et du développement ». Cela veut dire qu’elle s’occupe de l’édition des différents supports de communication du syndicat : avenir du Cognac, bulletin des délégués, des administrateurs… Elle gère aussi le site internet. Cela tombe bien. Jusqu’à présent, c’est la plus compétente de l’équipe en informatique. Aidée d’Aurore, à tiers-temps, Emilie assure le lien avec les adhérents. Mais ce n’est pas tout. Parmi ses missions, lui échoit la saisie comptable. Et surtout, surtout… tout le pan d’activité lié aux offres tarifaires, aux partenariats fourniss eurs. La saga a commencé par les gaziers, s’est poursuivie avec les marchands de tuyaux. La frêle Emilie a appris à apprivoiser l’indice Platt’s et autres références au « brut ». Tout cela avec professionnalisme.

p202.jpgl’accompagnement des viticulteurs

Marie-Emmanuelle Brodeau est la dernière arrivée – ou presque – du syndicat. Recrutée pour une mission précise – les aides du Plan collectif – son domaine d’intervention s’élargit.

Aides individuelles à la restructuration, dossiers de plantations anticipées, dossiers d’investissements… C’est ce qui attend Marie-Emmanuelle dans cette vie-là (et pas une autre), en tant que chargée de mission. Que voulez-vous, c’est ce qui arrive quand on réalise efficacement une tâche. On vous en confie de nouvelles. Dans des conditions pas toujours faciles,
Marie-Emmanuelle a fait face à une masse considérable de travail administratif et de conseil pour la mise en place du Plan collectif à la restructuration (en collaboration avec Marlène Tisseire). Elle repart sur une nouvelle plage d’activité, à un rythme moins effréné, souhaitons-le. Mais, en février 2014, elle recevait encore six viticulteurs par jour, tout en assurant les réponses aux nombreux appels téléphoniques.

 

 

 

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