Le recépage des parcelles entières : Une pratique rationnelle

25 mars 2015

Mathilde et Didier Gourdet ont développé sur leur propriété la pratique du recépage de parcelles entières d’arcures hautes qu’ils considèrent être comme un moyen de lutte préventif contre le développement des maladies du bois. Il s’agit d’une démarche de régénération du vignoble qui présente de réels avantage pour maintenir la productivité et accroître la longévité des parcelles. L’expression des maladies du bois semble retardée dans le temps dans la mesure où le recépage intervient sur des vignes relativement jeunes (ayant 15 à 20 ans maximum). La réflexion « recépage » sur cette propriété a été mise en place depuis presque 10 ans, en ayant la double exigence de réalisme économique et de réussite agronomique.

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Le vieillissement prématuré de parcelles de vignes de seulement 15 ans en raison de la forte expansion des maladies du bois est devenu un sujet de préoccupation majeur pour tous les viticulteurs de la région. Quels moyens est-il possible de mettre en œuvre pour conserver des vignes productives après 25 ans ? Faut-il systématiser l’entreplantation ? Faut-il renouveler les vignes au bout de 20 à 25 ans ? Faut-il plan-ter des parcelles à plus fortes densités ? Faut-il revenir à des principes de taille plus rigoureux et engendrant aussi une moindre productivité du travail ?… Toutes ces solutions conduisent inévitablement à une augmentation des coûts de production et à une remise en cause de l’organisation des travaux manuels et mécaniques. M. et D. Gourdet, qui partagent ce constat, obtiennent avec le recépage précoce de parcelles entières des résultats qu’ils jugent intéressants.

Le choix technico-économique de privilégier le recépage

Chaque année, le recépage d’une surface de 1 à 2 ha de vigne est intégré dans le calendrier des travaux de cette exploitation d’une centaine d’hectares située à Allas-Champagne. C’est un choix d’entretien et de renouvellement des potentialités du capital souches différent des pratiques habituelles d’entreplantation et de replantation. D. Gourdet et sa fille gèrent leur propriété en ayant le souci permanent de rechercher le meilleur compromis coût de production et productivité des parcelles. La surface du vignoble les oblige à porter un regard toujours emprunt de réalisme économique sur les méthodes de production. Les moyens humains disponibles au sein de leur propriété les obligent aussi à adopter des organisations de travaux parfois différentes de celles d’autres exploitations de surfaces plus réduites. Par exem-ple, leur choix en matière de conduite du vignoble avec actuellement 70 % de vignes en arcures hautes semi-palissées et 30 % de palissées traditionnelles s’inscrit dans cette logique. Cela leur permet d’optimiser les travaux manuels d’hiver et d’été, et d’aborder la mécanisation de façon très rationnelle. Un autre exemple concerne l’entreplantation dont la réussite est directement proportionnelle aux soins apportés à sa mise en œuvre et à l’entretien des jeunes plants. Gérer l’organisation de l’ensemble des travaux liés à l’entreplantation (arrachage, plantation, attachage, palissage, arrosage…) sur 25 % de la surface du vignoble chaque année (l’équivalent de 25 ha) demande de gros besoins en main-d’œuvre que ces exploitants considèrent ne pas disposer. À l’inverse, recéper 1,5 à 2 ha de vignes leur paraît facile à maîtriser en matière de disponibilité en main-d’œuvre.

Retarder l’implantation des maladies du bois

Les modes d’actions différents et comple-xes de la dizaine de champignons responsables de l’esca, du BDA et de l’eutypiose rendent compliquées les recherches. Les travaux scientifiques en cours ne laissent pas espérer à court et moyen terme la découverte d’un traitement miracle. Les chercheurs travaillent « durs » mais le chantier est énorme. Les seuls discours de lutte cohérents reposent sur les moyens de préventions susceptibles d’empêcher une colonisation trop rapide des souches par les champignons responsables des maladies du bois. Retarder l’implantation du mal est pour l’instant la seule alternative de lutte pour préserver la bonne fonctionnalité et la productivité des souches. L’initiative de M. et D. Gourdet s’inscrit parfaitement dans cette logique. La réhabilitation de l’historique pratique du recépage à l’échelle de parcelles entières encore assez jeunes (des vignes de 15 à 20 ans maximum) contribue à empêcher la colonisation de la base des troncs par les champignons nuisibles et, par voie de conséquence, la durée de vie et les potentialités de production des souches dans le temps s’en trouvent bonifiées.

Un test de recépage en 2007 sur 3 ha de cordons hauts

La mise en œuvre du recépage de parcelles entières dans cette exploitation est l’aboutissement d’un concours de circonstances. D. Gourdet avoue que c’est la transformation de surfaces importantes de cordons hauts qui l’a amené à prendre conscience de l’intérêt du recépage : « Historiquement, la propriété familiale a toujours intégré 30 à 40 % de cordons hauts. Le départ à la retraite du salarié qui taillait bien les cordons m’a fait prendre cons-cience de la technicité que demandait cette conduite de vigne. J’avoue que ma maîtrise de la taille en cordons et celle du personnel étaient loin d’être parfaite. Au bout de quelques années, on a eu du mal à tenir les cordons dont le cœur des bras se dégarnissait assez rapidement. Cela me préoccupait beaucoup de voir des vignes encore jeunes, âgées de seulement 18 à 20 ans, commençaient à décrocher en rendements. Avec l’agrandissement de la propriété, revenir à 100 % de vignes palissées n’était pas envisageable. À la fin des années quatre-vingt-dix, nous avons opté pour la conduite en arcures hautes semi-libres qui était à la fois intéressante sur le plan économique et plus en phase avec notre expérience de la taille. Nous avons donc transformé les surfaces de cordons. Le premier test a été une parcelle entière de 3 hectares de cordons âgés de 25 ans. Les troncs ont été coupés et reconstruits à une hauteur de 0,70 à 0,80 m et les résultats nous ont surpris. La repousse de gourmands a été bonne et très peu de ceps ne repartaient pas. Les têtes de cordons vieillissantes extériorisant des symptômes d’esca, une fois reconstruites, avaient laissé la place à de belles arcures hautes qui extériorisaient peu la maladie et retrouvaient une bonne productivité. Forts de cette expérience, on s’est dit que le recépage de parcelles entières présentait de l’intérêt. À l’échelle de notre propriété, le travail nécessaire à la reconstruction des souches sur 1 à 2 ha nous paraissait plus simple à organiser que la mise en œuvre et le suivi tous les ans de l’entreplantation sur 25 ha de vignes. »

Les troncs plus longs des arcures hautes plus adaptés au recépage

La mise en œuvre du recépage est abordée sur cette exploitation avec beaucoup de professionnalisme pour à la fois éliminer « le réservoir » de champignons dans les troncs et favoriser la repousse de gourmands. Le premier travail est de sélectionner la parcelle qui va être recépée. De par leur expérience, M. et D. Gourdet considèrent que des vignes de 15 à 18 ans extériorisant moins de symptômes d’esca ou d’eutypiose représentent un gage de réussite important : « Il faut travailler sur des ceps dont la base n’est pas encore colonisée par les champignons. Les troncs relativement longs des cordons et des arcures hautes établis entre 1,30 et 1,50 m de hauteur rendent la progression des maladies plus lente que ceux des souches des vignes palissées établies à 0,70 m. À notre avis, il ne sert à rien de recéper un tronc dont la section révèle la présence d’une affection. Le but du recépage est en quelque sorte de prendre de vitesse la maladie en régénérant le cep avec une base de tronc saine. Au moment de la coupe des troncs, on voit tout de suite si le bois est porteur ou pas d’esca. C’est pour cette raison que nous sommes attentifs au degré d’expression de symptômes dans les parcelles l’été précédant le recépage. La présence de dégâts moyens et d’un taux de manquants n’excédant pas 4 à 5 ceps par rang constituent un gage de réussite pour le recépage. L’effet âge est tout de même important et au-delà 20 ans, cela devient plus risqué. Dans les vignes palissées, la moindre longueur des troncs est un handicap pour réussir un recépage à caractère préventif. »

Sectionner les troncs en sève montante

L’année précédant le recépage, la parcelle n’est pas égourmandée au mois de mai pour conserver le maximum de repousses. Dans des vignes ayant une vigueur normale, 60 à 70 % des souches émettent des gourmands qui sont rabattus à une longueur de 20 à 30 cm dans le courant du mois de juillet. L’intervention proprement dite de recépage est réalisée, en général, fin mars ou début avril pour profiter de la montée de sève. Les troncs des ceps sont coupés à 0,80 m au-dessus le sol avec une tronçonneuse. Le fil porteur du palissage (un seul pour les cordons et deux pour les arcures hautes) est enlevé et l’ensemble de la végétation des rangs est tiré au bout des rangs avec un tracteur. L’ensemble des travaux de coupe des troncs, d’élimination de la végétation et de brûlage de tous les bois demande 35 à 40 heures de main-d’œuvre pour une surface de 1 ha 50. Ensuite, les gourmands laissés l’été précédent sont taillés et rabattus au niveau de la couronne. Des écoulements de sève au niveau des coupes des troncs se produisent rapidement. L’importance des phénomènes de pleurs atteste de la vitalité des souches. Les ceps qui ne pleurent pas sont marqués et immédiatement arrachés. Ensuite, des poches en plastique de 0,50 m de hauteur sont posées sur les troncs. Elles protègent les jeunes pousses et les canalisent dans le plan vertical du palissage. Ce sont en quelque sorte des tuteurs. Le palissage fait l’objet d’une réparation sérieuse avec notamment l’implantation de nouveaux fils porteurs.

Les poches plastique protègent et guident la végétation

Le développement des repousses sur les troncs commence à partir de la fin avril et les poches les protègent des risques d’essolage. Très régulièrement, les poches sont remontées le long des troncs et agrafées en dessous les gourmands, de façon à ce que la végétation soit bien tuteurée. Toute la végétation qui se développe sur la base des troncs est laissée de façon à être en mesure de pouvoir choisir le bois le mieux placé (généralement le plus bas) lors de la taille, l’hiver suivant. De la mi-avril à la mi-juin, la conduite de la végétation le long des troncs et au niveau du palissage nécessite du soin et de la réactivité. D. Gourdet porte une attention particulière au tuteurage des jeunes pousses : « L’idée est de se servir des poches pour guider et canaliser la végétation vers le haut du palissage en les remontant très régulièrement. Quand les pousses dépassent de 20 à 30 cm le fil porteur, elles sont attachées pour éviter les phénomènes de casse. Par la suite, les fils releveurs sont montés pour bien contenir cette frêle végétation. Ces travaux demandent de la réactivité car il faut intervenir au moment opportun. L’intensité de la pousse rend les jeunes rameaux très fragiles et chaque passage pour remonter les poches de 15 à 20 cm représente un acte important. Entre le début du mois de mai et la fin juin, nous passons toutes les semaines dans les parcelles pour guider la végétation. L’ensemble de ces interventions demande en moyenne 60 à 70 heures de main-d’œuvre/ha. »

Des vignes qui retrouvent un aspect foliaire normal dès la deuxième année

Les poches sont enlevées à la fin du mois d’octobre juste avant la chute des feuilles. Durant l’hiver, les nouveaux troncs sont montés au fil en prenant en priorité le bois le plus bas et le mieux placé. Le sarment laissé, d’une longueur correspondant à environ 10 bourgeons, est attaché à plat sur le fil porteur du palissage. Au moment du débourrement en année N + 1, la puissance du cep facilite la sortie de tous les bourgeons. La vigueur est souvent forte, ce qui rend les rameaux sensibles à l’essolage. En général, les fils releveurs sont remontés rapidement pour protéger une végétation fragile et le premier rognage intervient dès que les rameaux dépassent le fil de tête du palissage. L’objectif est de conserver tous les bois bien placés pour établir les deux bras qui serviront de support à la mise en place de la taille en arcure dans l’avenir. Le développement végétatif intense provoque aussi une émission importante de gourmands sur les vieux troncs de ceps dont l’élimination demande un gros travail. L’aspect foliaire des parcelles recépées « en deuxième feuille » durant l’été est équivalent à celui d’autres vignes en place du même âge. Lors de l’hiver suivant, les ceps sont établis d’une façon identique à celle d’un plant en troisième feuille.

Plus de 95 % de réussite dans des vignes de 15 à 18 ans encore peu touchées par l’esca

Les interrogations autour de cette pratique que certains jugent mutilante et risquée sont nombreuses. Quel est le taux de réussite ? La vigne retrouve-t-elle vraiment « une seconde jeunesse ». Les maladies du bois sont-elles réellement contenues ? Les parcelles retrouvent-elles un bon niveau de productivité ? La charge de travail liée au recépage n’est-elle pas trop lourde ?… M. et D. Gourdet ont presque 10 ans de recul sur cette pratique du recépage de parcelles entières, ce qui rend leur témoignage assez objectif : « Le vécu que nous avons du recépage nous conforte pour l’instant dans la poursuite de cette pratique d’entretien et de rénovation du vignoble. Le taux de réussite du recépage est supérieur à 95 % dans des vignes de 15 à 18 ans exprimant encore peu de symptômes d’esca. Dans ces conditions, la capacité de rétablissement des souches est surprenante. Dès l’année suivant le recépage, les vignes produisent régulièrement plus de 120 hl/ha. Les parcelles recépées ont par la suite un niveau de productivité qui compense largement les 10 hl d’AP/ha perdus la première année. Par contre, dans des parcelles plus âgées et fortement touchées par les maladies du bois, les résultats sont toujours moins bons. À notre avis c’est une pratique à réaliser sur des souches encore saines. Les résultats du recépage sur les terres de champagne généreuses ou les parcelles de groie plus légères sont équivalents. L’incidence du porte-greffe n’est pas déterminante non plus. Les résultats ont été aussi bons avec du RSB, du Fercal ou du 161/49. Seule une parcelle de 140 R a été plus décevante, mais cette vigne était au départ beaucoup plus touchée par l’esca. »

Peu de symptômes ressortis pour l’instant dans la parcelle recépée en 2007

L’autre sujet d’interrogation concerne la vitesse de réapparition des symptômes d’esca et d’eutypiose dans le temps. La première vigne qui a été recépée en 2007 sur cette propriété exprime encore peu de symptômes d’esca sept ans plus tard. Ce constat amène les deux exploitants à porter un jugement à la fois réaliste et prudent sur ce sujet : « La parcelle que nous avons recépée en 2007 nous paraît être en pleine forme pour l’instant. Les symptômes d’esca sont rares et peu intenses et la productivité reste bonne. Nous avons l’impression que cette vigne a retrouvé de la force et un certain équilibre. Actuellement, nous pensons bien la pousser à plus de 35 ans. Si cette vigne n’avait pas été recépée, son niveau de productivité serait aujourd’hui bien moindre et on envisage-rait de l’arracher. »

Le recépage, une alternative efficace pour remplacer l’entreplantation

L’importance des travaux nécessaires à la mise en œuvre du recépage de parcelles entières ne représente pas un handicap pour le développement large de cette pratique ? Les interventions pour assurer la protection et le tuteurage de la végétation sont surtout importantes la première année. Elles représentent 60 à 70 heures de travail/ha qui sont concentrées sur une période de deux mois et demi. La protection et le palissage des jeunes repousses demandent de la réactivité et une rigueur qui s’apparentent au suivi d’une plantation en deuxième et troisième feuilles. L’entretien d’une parcelle recépée de 2 500 souches est-il plus lourd à organiser que l’entreplantation de 2 500 greffés-soudés sur 20 ha de vignes ? M. et D. Gourdet, qui possèdent une expérience des deux pratiques, ne cachent pas leur préférence pour le recépage : « A l’échelle d’une propriété de plus de 100 ha comme la nôtre, le suivi des entreplantations sur plus de 20 ha par an est vraiment difficile à gérer. L’arrachage des ceps morts et la plantation des greffés-soudés ne sont pas les interventions les plus problématiques. Par contre, le suivi des jeunes plants en saison au cours des deux premières années nous pose beaucoup de problèmes. L’investissement en temps pour les attacher, les palisser, les égourmander et parfois les arroser est énorme et très important vis-à-vis de la réussite. Nous n’avons pas réussi à bien organiser ces interventions en végétation et, au final, le taux de réussite des entreplantations est aléatoire. Le recépage de surfaces même conséquentes, de 1,5 à 2 ha chaque année, représente certes du travail mais qui est concentré sur un même lieu. Il n’y a pas de perte de temps en déplacements. Pour nous, il est plus facile de mobiliser 4 personnes durant une matinée pour monter les poches de tuteurage que de passer attacher ou arroser 2 500 plants répartis sur 20 ha. Avec un taux de réussite régulier de plus de 95 %, le recépage nous paraît être réellement un moyen efficace pour remplacer l’entreplantation et maintenir le capital souches de notre vignoble. »

Les points clés du recépage de parcelles entières

● À réaliser de préférence dans des vignes de 15 à 20 ans maximum peu touchées par l’esca.

● Recéper des souches affectées par les ma-ladies du bois ne présente pas d’intérêt.

● Les troncs plus longs des souches de cordons hauts ou d’arcures hautes plus adaptée.

● L’objectif du recépage : régénérer la souche avant qu’elle soit colonisée par les champignons responsables des maladies du bois.

● Le recépage s’effectue en sève montante fin mars ou début avril.

● Un suivi attentif des parcelles recépées lors de la première année entre la mi-avril et la fin juin.

● L’utilisation de poches plastique de désher-bage protège les repousses et canalise la végétation vers la tête de palissage.

● 30 heures/ha pour couper les vieux troncs, éliminer les bois et les fils porteurs et réparer le palissage.

● 60 à 70 heures/ha pour palisser les jeunes rameaux et l’ensemble de la végétation la première année.

● Un taux de réussite supérieur à 95 % dans des vignes peu touchées par l’esca.

● Un niveau de productivité de plus de 120 hl/ha dès la deuxième année, qui reste élevé par la suite.

 

 

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