Le groupe Syntéane joue la carte de la transparence

10 mars 2009

photo_7.jpgLa coopérative Syntéane, constituée il y a deux ans, a tenu son assemblée générale fin décembre dans une ambiance réaliste et de pleine transparence. Durant l’exercice 2001-2002, l’activité a été perturbée par des conditions climatiques défavorables et une dégradation du marché des céréales. Malgré des résultats décevants, les équilibres financiers fondamentaux de l’entreprise restent bons et le souci d’apporter les meilleurs services sur les plans commercial et technique représentent toujours une mission prioritaire. Néanmoins, l’environnement peu porteur a conduit le conseil d’administration à mener une réflexion interne sur l’avenir du groupe coopératif et de nouvelles missions ont été fixées à l’équipe de direction. Il est probable qu’une organisation différente se mettra en place dans l’année qui vient au sein de la coopérative et des différentes filiales.

Une filière viticole qui mise sur le Pineau et les Vins de pays

photo_7_1.jpgLes productions viticoles de la sica Thalassa et des Vignerons des Côtes de Saintonge sont désormais totalement intégrées à l’activité de Syntéane et la récolte 2001 a été plutôt bonne sur le plan des volumes comme de la qualité. La coopérative a traité un volume total de 106 000 hl avec un engagement très significatif vers les productions de Pineaux et de vins de pays. L’entreprise a fait agréer 14 500 hl de vins de pays dont la moitié en rouge et rosé et un quart en sauvignon. La production de Pineau reste aussi un axe de développement important pour la coopérative et en 2001 près de 20 000hl ont été fabriqués. Ces deux productions constituent un axe de développement majeur pour l’entreprise, comme en témoignent les démarches qualitatives qui sont mises en œuvre. L’intéressement à la qualité des producteurs est devenu une réalité puisque les compléments de primes qualité peuvent représenter jusqu’à 30 % de l’acompte de base. Par ailleurs, la démarche d’agrément du groupement de producteurs pour les vins de pays et le Pineau devrait être finalisée dans le courant de l’année 2003. Les études de terroirs réalisées sur les doucins et les terres de Champagne avec les Chambres d’agriculture permettent d’aider les viticulteurs à implanter leurs parcelles dans les meilleures conditions en terme de choix de cépages, de porte-greffes, de systèmes de conduite et de méthodes culturales. La production de vins de table blancs a encore représenté 20 000 hl en 2001.

Des filiales aux résultats contrastés

L’activité des différentes filiales est assez contrastée avec notamment des résultats encourageants pour la commercialisation viticole et plus décevant pour le maïs pop-corn, la meunerie et le machinisme. Les deux sociétés Unicognac et SDD ont vu leur activité se développer pour atteindre le niveau 12 M d’E et elles dégagent un résultat positif de 370 000 E. Le ralentissement de l’activité en France a été compensé par la progression du chiffre d’affaires à l’exportation qui représente 48 % de l’ensemble. Les progressions ont été réalisées en Asie du sud-est et aux Etats-Unis avec notamment des évolutions intéressantes sur les vins de pays rouges et le Cognac. Sphère production, la filiale de transformation et commercialisation de maïs pop-corn, n’a pas encore trouvé sa vitesse de croisière et ce malgré une progression du chiffre d’affaires significative. Le résultat de cette filiale est négatif (- 600 000 E) et il est absolument nécessaire de développer l’activité pour atteindre un retour à des données économiques plus encourageantes. L’amélioration du taux de popage et donc de la qualité des récoltes de maïs à pop-corn semble être une condition essentielle pour la réussite de cette activité. L’autre sujet de préoccupation est l’activité meunerie de la société Gautier David qui n’arrive pas à retrouver un équilibre économique (un résultat négatif de 340 000 E). Les réductions de charges engagées au cours des exercices précédents n’ont pas été suffisantes pour compenser les baisses de marges. La filiale de machinisme agricole Guillot sa a réalisé de bonnes performances au niveau des ventes de matériel neuf, mais les valeurs des reprises des occasions pèsent encore trop sur la rentabilité de cette activité. Par contre, les divisions espaces verts et travaux publics permettent de dégager des marges beaucoup plus intéressantes. L’activité des libres-services agricoles de Syntonie Distribution, qui regroupe 10 magasins à l’enseigne Gamm Vert, enregistre une progression en chiffre d’affaires. Les conditions climatiques favorables et la montée en puissance des deux derniers magasins réaménagés à Saint-Aigulin et à Saujon ont fortement contribué à cette hausse. La construction du nouveau magasin de Saintes, d’une surface de vente de 4 000 m2 qui ouvrira ses portes fin février 2003, représente un investissement important et porteur d’espoirs. Le souhait du conseil d’administration est d’optimiser le fonctionnement des différentes filiales et actuellement c’est un dossier important pour la nouvelle équipe de direction.

Le groupe coopératif Syntéane a connu un exercice 2001-2002 difficile et le conseil d’administration a eu sur ce sujet une démarche transparente auprès des sociétaires. Durant les assemblées de section, la forte participation des agriculteurs et les discussions généralement constructives attestent à la fois de l’enracinement de l’entreprise sur sa zone d’activité et des attentes des sociétaires sur le plan économique. Dans son discours, le président Michel Grenot a tenu des propos lucides vis-à-vis de la situation financière de l’entreprise et des perspectives de développement sur les différentes filières de production. Il a notamment insisté sur la volonté du conseil d’administration de doter la coopérative d’une capacité à anticiper les évolutions économiques et non pas à les subir. Selon ses propos : « La constitution d’un pôle coopératif aussi important que celui de Syntéane est un vaste chantier qui nécessite le développement d’une nouvelle démarche d’entreprise bien différente de celle des deux coopératives mères . »

Un mauvais exercice sur le plan financier

photo_72.jpgLa situation économique et financière de Syntéane s’est dégradée au cours de cet exercice, comme l’ont souligné les commissaires aux comptes. Le chiffre d’affaires de la coopérative a régressé de 4 % pour atteindre le niveau de 122,7 M d’E. La valeur ajoutée a diminué de 28 % et l’EBE chute aussi de 68 %. Le résultat net comptable se trouve fortement affecté par tous ces éléments puisqu’il se porte à – 4,3 M d’E. L’indépendance financière de l’entreprise reste bonne (70 %) et les capitaux propres bien qu’ayant un peu baissé atteignent le niveau de 32 %. L’endettement à moyen et long terme de l’entreprise n’augmente pas et il reste à un niveau tout à fait normal par rapport au niveau d’activité. Les représentants du Crédit Agricole Charente Maritime Deux-Sèvres présents à l’assemblée générale ont réaffirmé leur confiance au groupe Syntéane car au-delà des mauvais résultats de cet exercice, l’importance des capitaux propres et la stabilité de l’endettement à moyen et long terme constitue des éléments de stabilité pour l’avenir.

Le contexte de production et la situation des marchés n’ont pas été porteurs au cours de l’exercice 2001-2002 et cela a perturbé le fonctionnement de l’entreprise. Le marché des céréales est devenu de plus en plus difficile à aborder sur le plan de la commercialisation, malgré une production nationale en nette régression en 2001. Des importations importantes en provenance de zones de productions nouvellement exportatrices (les pays proches de la mer Noire) ont pesé sur les cours et les niveaux de valorisation des organismes stockeurs et des agriculteurs. Par ailleurs, la filière viticole du vignoble de Cognac connaît toujours des difficultés structurelles et le revenu moyen des exploitations continue de se dégrader.

Depuis le printemps dernier, le conseil d’administration a mené une réflexion interne qui l’a conduit à prendre la pleine mesure de l’environnement économique et des enjeux stratégiques auxquels devait faire face Syntéane. Le souhait des administrateurs a été d’engager une réflexion sur les différentes activités de la coopérative et de ses filiales afin de doter l’entreprise de structures adaptées à un environnement agricole et viticole en perpétuelle évolution. Pour mener à bien cette mission, le conseil d’administration a nommé M. Alain Cardinaud, directeur général du groupe Syntéane et il est probable qu’une nouvelle organisation interne se mettra en place progressivement.

Une petite récolte de céréales et un mauvais contexte de commercialisation

Les résultats financiers de la coopérative ont été fortement marqués par un déficit volumique de la production céréalière et des niveaux de valorisation bien inférieurs à ceux de la récolte précédente. La diminution de la collecte totale de céréales atteint 13 % avec des disparités importantes entre le blé, les orges de brasserie, les maïs et les oléagineux. En effet, les mauvaises conditions climatiques de l’automne 2000 ont modifié fortement les emblavements de blé (en régression de 45 % en surface) au profit des orges de printemps. Par la suite, la climatologie pluvieuse en juin et juillet a fait chuter les rendements et déprécier la qualité des productions de blé et d’orge (germination sur pieds, faibles PS). Les surfaces en maïs plus importantes n’ont pas permis de rentrer une récolte abondante en raison du niveau de rendement inférieur en moyenne de 10 à 15 qx par rapport à 2000. Le très mauvais état agronomique des sols au moment des semis n’a pas permis d’obtenir de bonnes levées et par la suite le développement des plantes en a été affecté. Sur le plan de la commercialisation, la campagne avait démarré avec difficulté en raison de la mauvaise qualité des blés et par la suite l’importation de blé provenant de la mer Noire (suite à la suppression des taxes à l’importation par Bruxelles) est venue brutalement augmenter l’offre de produit et les cours de toutes les céréales en ont subi les conséquences. A la fin du premier semestre 2002, les prix de marché sont alors descendus en dessous du prix d’acompte payé, ce qui n’a pas empêché la coopérative de respecter ses engagements vis-à-vis des sociétaires signataires de la charte Syntéane. Un complément de prix de 3,8 E/t a été effectué sur tous les apports et en intégrant les remises appros, ce sont 2,4 M d’E qui ont été redistribués aux adhérents en juillet 2002. L’activité agrofournitures a connu une légère augmentation au cours de l’exercice grâce à un retour à des assolements plus classiques en blé et en orge. Le secteur des produits phytosanitaires enregistre un recul de 5 % qui s’explique à la fois par la plus faible pression de parasitisme sur le secteur viticole et une évolution du comportement des agriculteurs qui cherchent à limiter leur consommation d’intrants.

 

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