le cuccès du concours de la taille du lycée de l’oisellerie

15 mai 2017

 

     Le concours de taille organisé par Dorian Héraud, Valentin Laboisne, Ludovic Laurent et Baptiste Vignaud, de jeunes étudiants en BTS viticulture œnologie au lycée viticole de l’Oisellerie a connu un franc succès. Une cinquantaine de tailleurs, des experts, des débutants, des étudiants, des retraités venus de Charente, de Charente Maritime et de Gironde ont participé à cette deuxième édition d’un challenge qui a tenu toutes ses promesses. La manifestation s’est déroulée le 17 février dernier dans le vignoble du Lycée en présence d’un public nombreux et attentif.

 Le fait que la taille ait été mise à l’honneur par quatre jeunes étudiants en viticulture œnologie démontre à la fois l’importance de cette intervention et la volonté de valoriser un savoir-faire de praticiens souvent anonymes. Il est d’ailleurs particulièrement intéressant d’observer que des jeunes gens suivant eux-mêmes un cursus de formation manifestent un véritable intérêt pour, « l’éducation » et la longévité des souches. La taille n’est pas une intervention banale mais au contraire un acte très important qui nécessite de l’intelligence et de la dextérité.


Parler de la taille en ayant le sécateur en main est essentiel

 

       Parler taille est redevenu un sujet d’actualité depuis que les maladies du bois rongent avec agressivité le vignoble. Sélectionner des bois en pensant à la longévité des ceps est au cœur de nombreuses discussions et de débats techniques. À l’issue de l’épreuve pratique du concours de l’Oisellerie, les participants ont pris le temps de « parler » taille ensemble, le sécateur à la main devant les souches. De jeunes tailleurs encore étudiants échangeaient et écoutaient avec attention les observations, les commentaires et les conseils sur le choix de tels ou tels coursons, sarments, …. de leurs aînés. Les tailleurs chevronnés avaient envie de partager et de transmettre leur savoir-faire. La principale spécificité de la taille réside dans le fait que les bons principes appris au « tableau noir » doivent être assimilés et formalisés à chaque coup de sécateur.

 

Un savant dosage de geste précis

 

      La taille est redevenue depuis une dizaine d’années un centre d’intérêt majeur dans la région de Cognac. Cette intervention capitale avait été un peu banalisée en raison du contexte économique difficile du début des années 2000. Les niveaux de revenu bas de l’époque plaidaient pour une compression forte des charges de production à laquelle la taille n’a pas échappé. Le savoir-faire historique des tailleurs Charentais a été partiellement perdu au profit des exigences de productivité. Or, la taille est un « savant dosage » de gestes précis dont l’objectif est justement de permettre concilier les enjeux économiques à court et long terme. Casser l’équilibre des souches avec quelques coups de sécateurs mal placés peut intervenir rapidement et rendre aussi ensuite, leur reconstruction très aléatoire. Les conséquences de mauvais gestes de taille ne se font pas sentir au bout d’une ou deux années mais 5 à 10 ans plus tard quand un bras de ceps devient improductif ou lorsque de puissants symptômes d’esca apparaissent. Il est aujourd’hui acquis que des pratiques de tailles inappropriées accélèrent et amplifient le pouvoir de nuisance des maladies du bois.

 

On ne s’improvise pas tailleur en quelques semaines

 

      La taille est l’une des interventions manuelle de conduite du vignoble qui nécessite le plus de compétences. On ne s’improvise pas tailleur en quelques semaines, on le devient après avoir acquis un savoir-faire global théorique et pratique sur la physiologie et le respect de l’intégrité des souches. Tailler est une opération fondamentale de construction et de maîtrise de la pérennité et de la productivité des souches qui doit être effectuée par des personnes bien formées. Le fait d’avoir de bonnes connaissances du respect du « végétal » doit s’accompagner d’une capacité à savoir les mettre en pratique rapidement sur chaque souche. L’acquisition de cette faculté d’observation et d’analyse de l’état du potentiel de bois d’un cep constitue le fondement du bagage des bons tailleurs. Un tel capital de réflexion repose sur la compréhension de mécanismes assez complexe liés de circulation de la sève, à la structure des sarments et du vieux bois, aux problèmes de cicatrisation et aux conséquences des maladies du bois.


50 concurrents soucieux de tailler selon le principe Guyot Poussard

 

      On peut donc se féliciter que de jeunes étudiants en viticulture œnologie qui seront dans un avenir proche, responsables de propriétés viticoles, techniciens de terrain, …. aient eu l’initiative d’organiser ce challenge de taille. D Héraud, V Laboisne, L Laurent et B Vignaud ont déployé beaucoup d’énergie pour préparer le concours sous la tutelle de l’équipe enseignante du lycée de l’Oisellerie. Depuis deux mois, ils ont fait de nombreuses démarches pour gérer la promotion de l’événement, collecter des lots, faire venir des fournisseurs le jour du concours, concevoir et rédiger le questionnaire de l’épreuve théorique, implanter 50 micro-parcelles, réaliser la synthèse des résultats et gérer la remise des prix. Leurs efforts ont été couronnés de succès puisque la manifestation a attiré plus de 50 concurrents. Ils ont même dû refuser des inscriptions les derniers jours car la parcelle de vigne était trop petite. Le concours s’est déroulé dans une ambiance sérieuse avec en tout début d’après-midi l’épreuve théorique en salle et ensuite le test pratique sur une dizaine de ceps. Le jury constitué d’enseignants en viticulture œnologie et de formateurs de taille expérimentés est passé dans chaque parcelle en présence de chaque participant. La vigne âgée d’une dizaine d’années présentait un équilibre végétatif assez variable d’un cep à l’autre. La notation a reposé une analyse de la qualité de la taille selon les principes Guyot Poussard.


Une formation de taille en bout de vignes

 

      La présence d’un public de participants diversifié a cautionné l’intérêt du concours. Des salariés expérimentés, de tailleurs déjà titrés (4 sécateurs d’or), des chefs d’exploitation intéressés, de jeunes salariés récemment formés et des étudiants ont déployé tout leur savoir-faire avec beaucoup de générosité. L’ambiance dans la parcelle de vigne a été studieuse et chaque coup de sécateur était réfléchi. À l’issue de l’épreuve pratique, le jury a pris le temps d’observer le travail de chaque concurrent et de les interroger pour mieux comprendre la sélection de tel ou tel sarment. Pendant la phase de notation et de collecte des résultats, une intervention technique sur les principes de la taille Guyot-Poussard a été réalisée par Jean-Christophe Gérardin, le conseiller viticole de la chambre d’agriculture de la Charente ayant en charge les formations de taille. L’axe principal de cette réunion « bout de vignes » était de présenter, les principes de respect de la circulation de sève dans les souches (les courant de sève), le positionnement des coursons dans la trajectoire de sève la plus courte (toujours en dessous du bras le plus proche du tronc), les conséquences des grosses coupes et les moyens rationnels d’éliminer le bois mort (laisser des onglets de dessèchement, ……).


Un palmarès ou la jeunesse côtoie l’excellence et l’expérience

 

      Le dépouillement des résultats du concours a débouché sur un palmarès très intéressant. L’écart entre les 15 premiers était assez restreint ce qui confirme le niveau relevé du concours. La personnalité des trois premiers est parfaitement représentative de la diversité des tailleurs qui « foulent » les parcelles Charentaises. La jeunesse côtoie l’excellence et l’expérience. Le troisième du concours, Victor Guérin est un jeune étudiant de 22 ans en BTS en viticulture œnologie du lycée de Montage Saint Emilion. Le jeune homme a des racines bien Charentaises puisqu’il a obtenu son brevet de technicien au lycée de l’Oisellerie. Il avoue humblement que la taille représente pour lui un centre d’intérêt. Ses efforts ont donc été pleinement récompensés. Le second est un viticulteur retraité, Jean-Paul Laboisne de Moulidars. Il a exploité un vignoble de 14 ha jusqu’en 2010 qu’il a transmis à son fil Sébastien (7e du concours). Ce jeune senior qui n’a pas perdu la main, a transmis, sons savoir à ses enfants. Le grand gagnant du concours est Cyril Gervais, un viticulteur installé à Bréville qui a déjà remporté d’autres concours. Ce trentenaire discret de nature est véritablement un expert de la taille.

     

 

 

 

      Concours de taille du Lycée de l’Oisellerie :

        Le palmarès des 10 premiers

 

– Premier : Cyril Gervais

– Second Jean-Paul Laboisne

– Troisième : Victor Guérin

– Quatrième : Thomas Mercier

– Cinquième : Jean-Pierre Micheneau

– Sixième : Denis Meunier

– Septième : Sébastien Laboisne

– Huitième : Maxime Thorin

– Neuvième : Alexandre Falourd

– Dixième : Ludovic Desport

 

 


 

    Cyril Gervais, un adepte de la taille Guyot Poussard   

 

      Cyril Gervais, le gagnant du concours de taille de l’Oisellerie exploite un vignoble de 43 ha à Bréville dans le cœur du Pays Bas. Le jeune trentenaire a suivi un cursus de formation en viticulture œnologie assez classique, un BEP au Lycée de l’Oisellerie, un bac pro à l’IREO de Richement et un BTS viti-oeno en alternance à Montreuil Bellay. Dès la fin de ses études en 2004, ce fils d’ouvrier viticole a souhaité s’installer et a trouvé une petite propriété à Bréville qui a depuis grossi.

Photo 5 ( 5957) : Cyril Gervais, l’expert Taille du concours de l’Oisellerie

      Quand on demande à C Gervais pourquoi la taille l’intéresse autant, sa réponse atteste de l’importance qu’il porte à ce travail « Pour moi tailler est un plaisir. C’est un travail très intéressant et pas du tout monotone. Chaque pied est différent, on essaie de comprendre pourquoi un cep se développe bien et l’autre est resté chétif. On s’interroge et on essaie de trouver la taille la plus adaptée à l’état végétatif de chaque souche. L’expérience que j’ai acquise depuis une dizaine d’années me laisse penser que des vignes bien taillées produisent mieux et surtout plus régulièrement dans le temps. Une taille bien maîtrisée est à mon avis une des clés importante de la pérennité des plantations ».

      Le jeune viticulteur est bien sûr un adepte de la taille en Guyot double Poussard dont il maîtrise parfaitement les principes. Au début des années 2000, C Gervais a participé à de nombreux concours et remporté plusieurs trophées. Aujourd’hui, il considère qu’un chef d’exploitation doit chaque hiver aller tailler pour mieux suivre ses vignes : « Le fait d’aller tailler permet de se rendre compte de l’état réel des vignes, de leur vigueur, d’avoir une idée juste des dégâts de l’esca et des potentialités agronomiques de chaque parcelle. La taille Poussard est parfaitement adaptée à notre vignoble ou l’on taille long. Cela permet à la fois d’éviter d’allonger trop les souches et de limiter les grosses coupes. Le respect des courants de sève et le bon positionnement des coursons sont essentiels pour tenir dans les souches dans le temps ».

 

 

 

  Les «experts du Sécateurs» ont rendez-vous le 11 mars à Jonzac

 

      Les Jeunes agriculteurs de la Haute Saintonge invitent tous les tailleurs de la région de Cognac à venir participer au 5 eme concours de taille qui se déroulera le 11 mars prochain au Lycée Viticole Le Renaudin à Jonzac. Il s’agit d’un rendez incontournable, organisé avec sérieux et doté de lots attractifs.


      Le concours de taille organisé par les jeunes agriculteurs de la Haute Saintonge est devenu au fil des années un rendez-vous prisé « des experts » du sécateur ». La manifestation s’est forgée au fil des années une belle réputation grâce à l’investissement des jeunes agriculteurs des cantons d’Archiac et de Jonzac. Le partenariat  noué avec le lycée viticole Le Renaudin à Saint Germain de Lusignan et l’antenne de Jonzac de la chambre d’agriculture de Charente Maritime fonctionne bien.

 

Plus de 70 concurrents sont attendus

 

 Michel Girard, le conseiller viticole de la Chambre d’agriculture de Charente Maritime a en charge l’organisation des épreuves théoriques et pratiques qui ont lieu dans le vignoble du Lycée. D’années en années, le nombre de participants a augmenté avec la présence de nombreux tailleurs venus de Charente et de Charente Maritime. L’édition 2 016 avait attiré 78 participants, un record, que Gaëtan Bodin et Sylvain Magnand les deux présidents des JA des cantons d’Archiac et de Jonzac souhaitent battre en 2017. Le concours présente la particularité de mettre en valeur les compétences de tous les tailleurs, les experts, les exploitants, les salariés débutants ou confirmés, les retraités et les étudiants. Cet événement qui a lieu dans des vignes dans la force de l’âge, est  doté de lots attractifs. Le gagnant du concours repartira avec un sécateur électrique Pellenc neuf. Diverses animations sous la forme de stands de fournisseurs auront lieu tout au long de la journée.  Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 10 mars auprès du bureau des Jeunes Agriculteurs de Saintes. Le lycée Le Renaudin organise le 11 mars des journées portes ouvertes auxquelles, un public large est convié.

                                           

 

            Le programme du concours de taille du 11 mars 2017 :

 

            – 08 h 30 Accueil des concurrents

            – 09 h 00 Ouverture officielle du concours

            – 09 h 30 – 10 h 00 Épreuve pratique

            – 10 h 30 – 11 h 30 Épreuve théorique en salle

            – 12 h 00 Apéritif et repas (10 €)

            – 13 h 45 Exposition de matériel et animations :

            Atelier découvert des eaux de vies et visite du lycée lors des journées Portes ouvertes

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    • 15 h 00 Remise des prix

    • 16 h 30 Clôture du concours

       

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    • Contact pour les inscriptions :

              Jeunes Agriculteurs de Charente-Maritime 3 BD Vladimir, 17 100 SAINTES Email :                                             jeunesagriculteurs17@gmail.com – Tel05 46 91 14 91 

                 

     

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