Le Congrès De La CNAOC à Saintes

18 mars 2009

La CNAOC (Confédération nationale des appellations d’origine) est l’organe qui regroupe les syndicats viticoles d’appellation. Sa mission : la défense des AOC viticoles. Tous les ans, les membres de la CNAOC (90 viticulteurs élus des différentes fédérations adhérentes) et leurs invités tiennent congrès pour débattre des sujets d’actualité. Un temps fort de la vie professionnelle vitivinicole, souvent propice à la remontée de messages « à qui de droit ». Sur fond de crise viticole, le congrès 2005 est appelé à faire date. Dans les prochains mois en effet, la viticulture française va devoir prendre position sur un certain nombre de sujets déterminants pour elle : réforme de l’agrément, redéfinition du rôle du syndicat d’appellation, gestion par bassins de production, missions de l’INAO, place du vin dans la société… Gageons que ces points s’inscriront peu ou prou à l’ordre du jour du congrès.

Chaque année, une région différente accueille les membres de la CNAOC, histoire de se projeter vers d’autres vécus. En 1985, la CNAOC s’était déplacée une première fois en Charentes, à Cognac exactement, pour célébrer les cinquante ans de l’INAO. Vingt ans plus tard, Saintes sert de ville étape. Normal ! La CNAOC vient cette fois à l’invitation des Vins de liqueur d’AOC et chacun sait que Saintes joue un peu le rôle de capitale du principal vin de liqueur, le Pineau des Charentes.

Une longue histoire relie le Pineau et les AOC. Christian Baudry, président du Comité national du Pineau, se plaît à rappeler que le vin de liqueur charentais fut placé sous la protection de la loi protégeant les appellations d’origine par un texte du 5 juillet 1935… antérieur de 15 jours à la promulgation du décret-loi instituant l’INAO. C’est en 1945 que le Pineau devient AOC, il y a soixante ans cette année. Et le même Ch. Baudry ne résiste pas au plaisir de souligner que le Pineau fut le premier à inscrire dans son décret d’appellation une dégustation obligatoire avant mise à la consommation, préfigurant en quelque sorte les débats actuels. Mais depuis, un autre vin de liqueur, le Floc de Gascogne, a été plus loin, lui qui positionne l’agrément lorsque le produit est conditionné à la vente. Tout cela pour dire que la CNAOC, qui incarne en quelque sorte la garde avancée des AOC, est accueillie à bras ouverts.

Un chiffre de distillation en hausse

Il y a un mois, les hypothèses les plus probables donnaient un chiffre de distillation de 500 000 hl AP. Tous comptes faits, la production de Cognac va atteindre cette campagne 509 000 hl AP, soit un delta de + 14 000 hl AP par rapport aux besoins estimés à 495 000 hl AP. Conformément à la nouvelle procédure de détermination « mathématique » de la QNV Cognac, ce différentiel de 14 000 hl AP devrait venir en déduction des volumes distillés en 2005-2006.

Le 2 juin prochain, jour du comité permanent et de l’assemblée plénière du BNIC, la QNV Cognac individuelle devrait être actée et donc connue. Grande nouveauté au pays des tractations au « finish ». Si personne ne songe à remettre en cause l’accord interprofessionnel signé le 8 février dernier, proposant une nouvelle façon de déterminer la QNV, sur des critères plus factuels et donc moins émotionnels, la température a tout de même monté de quelques degrés ces derniers temps. Face à des négociants arc-boutés à l’envi de voir la QNV Cognac sensiblement progresser, arguant du fait d’une augmentation de 5 % des sorties Cognac cette année encore, la viticulture souhaiterait sans doute un peu plus de modération. Sa crainte : un risque de dérapage en cas de retournement de situation. « Tant que les ventes sont en phase de croissance, tout va bien. Mais attention à une éventuelle régression des sorties, impactée par la capacité d’emballement du Cognac, liée à la nécessaire projection des ventes dans le temps. » Dans ce contexte, la viticulture attire l’attention sur la dérive potentielle attachée à l’affectation des ha. Entre débouchés vins de table et débouchés Cognac, quels arbitrages rendront les viticulteurs au moment du choix, selon les informations dont ils disposeront alors ? Une « chicanerie » porte également sur le pourcentage d’augmentation des ventes à retenir : pourcentage fixe de 1,6 % par an pendant cinq ans, ou pourcentage évolutif selon les données réelles de l’année ? En retenant le principe d’un pourcentage déterminé à l’avance – d’1,6 % en l’occurrence – la viticulture dit s’en tenir au texte, sans exclure que ce pourcentage puisse varier dans le temps, au terme d’une clause dite de « revoyure » explicitement prévue. Mais, dans l’état actuel des choses, la lecture littérale du texte ne lui semble pas donner lieu à une autre interprétation. Une divergence de vue entre négoce et viticulture qui n’est pas que de pure forme.

Le Syndicat général des vignerons Cognac a procédé au renouvellement de ses délégués. Avec un taux de participation aux élections de 77 % – le même qu’il y a trois ans – 222 viticulteurs ont été élus par leurs pairs.

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