“Le climat c’est ce à quoi on s’attend, la météo c’est ce que nous obtenons.”

2 mai 2023

De la science-fiction à la science sans fiction

Cette citation du doyen des écrivains de science-fiction Robert Heinlein, ayant passé sa carrière à tenter de décrire un état futur du monde, plaçant l’homme face à lui-même dans un environnement souvent ravagé par une catastrophe de quelque nature, raisonne de tout son sens alors que le sixième rapport d’évaluation du GIEC a été publié le 20 mars dernier.

Il ne s’agit pourtant pas, ici, de science-fiction, mais bel et bien de notre réalité – certes future, mais aux conséquences déjà bien visibles aujourd’hui : vagues de chaleur, précipitations extrêmes, sécheresses, fonte de la cryosphère, changement du comportement de nombreuses espèces… les conséquences de l’élévation de la température à la surface du globe plus haute de 1,1 °C par rapport à la période préindustrielle sont bien réelles, pour des mécanismes naturels d’absorption du carbone malheureusement de moins en moins efficaces.

« Les risques seront de plus en plus complexes, combinés et en cascade. Ils vont s’aggraver avec le réchauffement climatique dans toutes les régions du monde. Certaines de ces conséquences seront irréversibles durant des siècles, voire des millénaires. »

Une fuite en avant avec des émissions de GES toujours en augmentation

Et ce n’est pas fini… Avec une température continuant d’augmenter, pour atteindre + 1,5 °C dès le début des années 2030 et ce quels que soient les efforts immédiatement réalisés, les risques climatiques et non climatiques vont continuer à se multiplier à l’échelle planétaires, rendant leur gestion plus complexe et difficile.

Si les leviers permettant de limiter le réchauffement à ce niveau sont déjà connus, soit à la fois ramener les émissions mondiales nettes de CO2 à zéro et réduire fortement les autres émissions de GES, les actions permettant d’y arriver sont bien trop timides et timorées. En effet et comme l’indique le rapport, « les politiques en place fin 2020 conduiraient à un réchauffement global de 2.4 à 3.5°c d’ici la fin du siècle par rapport à l’ère préindustrielle, avec une valeur médiane de 3.2°c. »

En attendant, c’est la vulnérabilité des écosystèmes et des populations qui continue à croitre, le changement climatique ayant déjà impacté l’accès à l’eau et à l’alimentation (réduction de la croissance de la productivité agricole sur les 50 dernières années), la santé (augmentation des maladies vectorielles transmises par les moustiques, hausse de la mortalité liée aux vagues de chaleur) et l’activité économique.

Y a-t-il un espoir au bout du tunnel ?

Si les émissions de GES ont continué à augmenter fortement au cours de la dernière décennie ( + 56 GtCO2eq par an en moyenne), cette fuite en avant a néanmoins été deux fois moins rapide que lors de la décennie précédente. Est-ce le signe d’une adaptation en cours ?

Appelée de ses vœux par les scientifiques à la plume du rapport du GIEC, « pour réduire les risques pour les populations et les écosystèmes » elle devra, pour être pleinement efficace, s’accompagner des très nombreuses synergies à déployer mais aussi et surtout à s’inscrire non pas dans une logique réductionniste, tendant à découper le problème en petits morceaux comme nous le faisons depuis bien trop longtemps, mais en adoptant une approche systémique, impliquant tout un chacun, et à tous les niveaux. Le secteur de l’agriculture est alors dans ce cadre à la fois victime et apporteur de solutions. Bien qu’il soit souvent mis au banc des accusés il a pourtant pleinement son rôle à jouer, « représentent un potentiel important de réduction des émissions, avec des bénéfices potentiels pour la biodiversité », mais aussi un producteur de combustibles alternatifs aux énergies fossiles (biomasse par exemple).

Mais si les écosystèmes agricoles jouent de plus un rôle clé dans l’atténuation du changement climatique, encore faut-il leur donner les moyens techniques, financiers, humains d’augmenter leurs impacts positifs sur son environnement.

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