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L’Art Difficile De La Négociation

17 janvier 2009

C’est tous les ans la même chose. A pareille époque, se discute l’organisation de campagne et à chaque fois, un grand « bouillonnement » accompagne la négociation. Montée d’adrénaline garantie chez tous ceux qui se retrouvent autour de la table : représentants de la viticulture, du commerce, administration. En terme de difficulté, la négociation 2002 n’a certainement rien à envier aux précédentes. Elle s’avère tout aussi complexe, voire davantage. Il y a d’abord la pression exercée par le négoce au sujet de la QNV. On sait qu’il souhaite depuis plusieurs années faire « bouger le mammouth » et obtenir 6,5 hl de pur comme un gage d’évolution future. Cette demande a pris un tour plus prégnant cette campagne, peut-être sous l’effet de l’amenuisement du stock de compte 2. Le frémissement constaté sur les cours des eaux-de-vie jeunes illustre sans doute cet infléchissement. Il y a ensuite le contexte particulier dans lequel s’exerce la négociation. La région délimitée, avec la bénédiction des autorités, a manifesté le souhait de changer de régime à terme. Elle abandonnerait la double fin pour s’orienter vers un régime d’affectation des ha, encore à créer. Mais dans ces conditions, tout est à inventer et donc, tout à négocier. D’où la difficulté d’avancer à découvert quand on ne sait pas de quoi demain sera fait. Ainsi, par exemple, le point essentiel sur la faisabilité juridique d’un tel régime d’affectation des ha ne devrait, au mieux, n’être établi qu’en septembre alors que les syndicats doivent dès maintenant s’engager dans la voie de la négociation, en sachant que tout est lié. Enfin la campagne 2001-2002 a vu un changement d’interlocuteur, le SGV Cognac devenant le porte-parole privilégié et pour tout dire unique face au négoce et à l’administration, un rôle entériné par les dernières élections. Ce faisant, un mode de fonctionnement un peu nouveau est apparu, avec des A.G. d’appellation et des adhérents appelés à se prononcer sur les grands thèmes. Satisfaisant au plan démocratique, cette nouvelle manière de procéder n’est pas sans réserver quelques chausse- trappes. Un Clausewitz du syndicalisme viticole a une opinion bien arrêté sur le sujet. « On ne fait pas décider la base avant de négocier mais seulement une fois la négociation terminée. Car, sinon, la négociation ne peut qu’être une trahison de la base. » A l’exception des Borderies, la « base » s’est massivement prononcée pour un maintien de la QNV à 6. Quelle attitude tenir face à cela ? Le SGV Cognac a tout de même décidé de rencontrer le négoce fin juin, début juillet pour aborder avec lui deux sujets : les prix et notamment la grille de prix sur laquelle il a commencé à travailler : les contrats, autour de l’idée d’un système d’engagement triennal. « Nous allons voir la réaction du négoce. De toute façon, il serait hors de question d’accepter 6,5 hl AP/ha s’il n’y avait aucune contrepartie. » En réunion de bureau fin juin, Ph. Boujut avait l’intention de proposer au syndicat de retourner devant les adhérents, quelle que soit la réponse du négoce. Sur le niveau de QNV, le ministère de l’Agriculture a bien précisé qu’il n’était aucunement de son ressort de faire des propositions à la profession. « Il faudra que ça se décante entre les principaux intéressés. » Parmi les autres points à la négociation, s’inscrivent la sortie de l’arrêté de campagne à une date raisonnable, au moins avant la récolte et le maintien du rendement agronomique à 120, voire une remontée à 130 hl vol. (ce qui semble plus difficile). L’Administration est en train de réfléchir à un dispositif complémentaire d’indemnisation d’arrachage pour les plus de 55 ans, en marge du CTE.

Information de dernière minute : la délégation régionale ONIVINS informe les viticulteurs que, dans le cadre du programme d’adaptation de la viticulture charentaise, des dossiers de demande d’aides aux investissements en caves particulières, éligibles pour l’année 2001, peuvent encore lui être adressés jusqu’à septembre 2002. Le retard pris dans la signature des textes et l’information tardive faite aux viticulteurs expliquent cette rétroactivité. Se renseigner sur les critères d’éligibilité (5 ha minimum destinés à l’élaboration de VPC, chiffre d’affaires supérieur ou égal à 76 200 e), les investissements éligibles (matériel qualitatif pour la réception et le traitement de la vendange, maîtrise des températures, cuverie adaptée au chai et réfection de cuverie, filtration, pompage respectueux du produit, habillage des bouteilles [capsulage et étiquetage], nouvelle technologie assurant un progrès qualitatif sous réserve de l’avis d’un expert), les plafonds d’aide et les documents à fournir (ONIVINS Bordeaux – tél. 05 56 00 23 60 – fax : 05 56 00 23 70).

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