La Varenne de l’eau, le point par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation

Sujet sensible à tous les niveaux de la société (agriculture, industrie, tourisme, etc.), national comme local, l’eau est au centre de nombre de préoccupations. Après plusieurs mois de travaux, la Varenne de l’eau a été conclue ce mardi 1er février 2022. Le point par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie, a défini la vision de la Varenne de l’eau :
– la souveraineté alimentaire est un enjeu stratégique pour une nation. Nous l’avons constaté au cœur de la crise de la Covid ;
– le défi climatique bouleverse les cycles naturels, impactant ainsi très directement notre agriculture mais aussi notre biodiversité.

ANTICIPER LES CONSÉQUENCES DU CHANGEMENT CLIMATIQUE SUR LES PRODUCTIONS AGRICOLES POUR IDENTIFIER LES LEVIERS D’ACTION
Le résultat premier de ce Varenne a été de réaliser des diagnostics, permettant de prédire et d’anticiper les effets à moyen et long terme sur les ressources en eau disponibles et sur les productions agricoles au regard des travaux existants, des analyses scientifiques (notamment celles de l’étude « Explore 2070 » portée par le ministère de la Transition écologique, de l’INRAe et des instituts techniques) ainsi que des diagnostics territoriaux.

Les avancées des dates de vendanges, outre l’évolution climatique, tiennent également dans l’évolution des techniques de conduite du vignoble et à la concentration des domaines (taille plus précoce, travaux en vert, mécanisation).

ADAPTER LES PRATIQUES AGRICOLES À CETTE NOUVELLE DONNE CLIMATIQUE
C’était une première étape indispensable : réaliser une synthèse de ces leviers d’adaptation ciblant les stress hydrique et thermique, permis grâce aux innovations de la 3e révolution agricole (et la 4e révolution industrielle de Klaus Schwab) : à l’échelle de l’exploitation, de la parcelle, de l’animal.

Un engagement total de l’ensemble des acteurs agricoles pour identifier les leviers d’adaptation au changement climatique et se doter de stratégies d’adaptation et d’anticipation.
L’État s’engage pour accompagner les dynamiques régionales. Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, via le détachement de 2 ETP en 2022 et un accompagnement de 50 000€, s’associe avec la région Occitanie, et l’Agence de l’Eau Adour Garonne (qui finance à hauteur de 200000euros), mais aussi INRAe, la Chambre régionale d’agriculture d’Occitanie, et la Coopération agricole pour constituer le « GIP Transitions ». 

Dans le cadre de France Relance, environ 330M€ d’aides ont déjà été programmés :
 aide individuelle aux agriculteurs dans l’acquisition d’équipements de lutte contre les aléas climatiques (gel, grêle, sécheresse, vent) ;
 aides à la modernisation des serres horticoles et maraîchères ;
 aides aux projets liés à la gestion de la ressource en eau ;
 soutien aux projets collectifs structurants et stratégiques pour les filières via le financement d’investissements matériels et immatériels.

Dans le cade de France 2030, différents appels à projets ont d’ores et déjà été ouverts et permettent de financer la recherche et développement au service de tous les leviers nécessaires à l’adaptation de l’agriculture au changement climatique. 250M€ sont d’ores et déjà disponibles :
 appel à manifestations d’intérêt «Démonstrateurs territoriaux» (87M€) ;
 appel à projets «AgriTech» (90M€) ;
 appel à manifestations d’intérêt sur les compétences et métiers d’avenir (22M€) ;
 1er appel à projets sur les légumineuses (25M€) ;
 appel d’offres «Pré-séries» (25M€).

PROTÉGER LES AGRICULTEURS FACE À L’ACCÉLÉRATION DE CES PHÉNOMÈNES CLIMATIQUES

Protéger les agriculteurs par une meilleure gestion de l’accès à l’eau dans le respect des équilibres et milieux naturels.

Renforcer les projets de territoire pour la gestion de l’eau (PTGE). Suivre, via les Préfets de départements concernés, la centaine de territoires à PTGE identifiés, notamment les 15+2 PTGE suivis par un groupe de travail national en vue de leur accélération.

Valoriser les eaux non conventionnelles : eaux de pluie, eaux usées traitées, eaux des nappes… de nombreuses sources d’eaux sont disponibles sur le territoire avec différents degrés de mobilisation notamment pour les besoins agricoles.

Mobiliser les retenues existantes. Qu’il s’agisse des grands ouvrages hydrauliques existants – réservoirs hydroélectriques ou d’autres ouvrages en gestion de Voies Navigables de France (VNF) – ou la remobilisation des retenues existantes peu ou non utilisées, la mobilisation de ces ouvrages constitue un potentiel de ressources intéressant. Une gestion optimale des retenues permet par exemple d’assurer le soutien d’étiage en bonne conciliation de l’ensemble des usages.

Renforcer le rôle du préfet coordonnateur de bassin dans la détermination du volume prélevable* hors période d’étiage.
Publication en juin 2021 d’un décret définissant le volume dit prélevable à l’étiage, en période de basses eaux où les tensions sont maximales, et en confiant au Préfet de Bassin le soin d’encadrer sa détermination. Il parait nécessaire aujourd’hui de poursuivre dans cette voie en ce qui concerne le « volume prélevable » hivernal. L’eau est également essentielle au bon fonctionnement des milieux en hiver : recharge des nappes phréatiques, régime d’écoulement des cours d’eau et apport d’eau douce jusqu’aux estuaires. Mais une fois que ces besoins sont satisfaits, il serait dommage de ne pas capter l’eau « excédentaire » pour la stocker pour l’été suivant.

* Selon ce décret, « on entend par volume prélevable, le volume maximum que les prélèvements directs dans la ressource en période de basses eaux, autorisés ou déclarés tous usages confondus, doivent respecter en vue du retour à l’équilibre quantitatif à une échéance compatible avec les objectifs environnementaux du schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux ».

ASSURER LA CONTINUITÉ DE LA DYNAMIQUE DU VARENNE
Les travaux engagés par les filières agricoles feront l’objet d’un suivi dans le cadre des Conseils Spécialisés de France AgriMer qui s’adaptera aux spécificités de chacune. En complément, des plans d’adaptation au changement climatique des bassins, sous l’autorité des Préfets et en lien avec les comités de bassin, en lien avec les plans régionaux d’adaptation au changement climatique agricole impulsés par les chambres régionales d’agriculture seront engagés en 2022.

lTrois grandes thématiques sont mises en avant pour assurer le suivi du Varenne de l’eau. Il sera chargé du suivi des actions et travaux engagés dans le cadre du Varenne et rendra compte de leur avancement aux ministres de la Transition écologique et de l’Agriculture et de l’Alimentation.
Un délégué interministériel sera nommé dans les prochaines semaines. Les travaux engagés par les filières agricoles feront l’objet d’un suivi dans le cadre des Conseils Spécialisés de France AgriMer qui s’adaptera aux spécificités de chacune. En complément, des plans d’adaptation au changement climatique des bassins, sous l’autorité des Préfets et en lien avec les comités de bassin, en lien avec les plans régionaux d’adaptation au changement climatique agricole impulsés par les Chambres régionales d’agriculture seront engagés en 2022.

À noter que la réforme de l’assurance récolte remodelée, déjà passée au Parlement le 28 décembre 2021. Elle est passée en lecture au Sénat le 8 février 2022. (Sur ce sujet, plus d’informations à venir.)

THÉMATIQUE 1 Se doter d’outils d’anticipation et de protection dans le cadre de la politique globale de gestion des aléas climatiques.
L’ambition est d’améliorer les dispositifs de gestion de crise pour mieux anticiper et gérer les événements de sécheresse (assurance-récolte, fonds calamités et gestion de crise).

THÉMATIQUE 2 Renforcer la résilience de l’agriculture en agissant notamment sur les sols, les variétés, les pratiques culturales et l’efficience de l’eau d’irrigation.
Une réflexion portant sur l’évaluation par filière et par territoire des impacts du changement climatique, et sur les solutions pouvant être mises en place pour y faire face, par filière et à l’échelle des territoires avec pour ambition, aboutir à des stratégies d’adaptation au changement climatique des filières et des territoires.

THÉMATIQUE 3 Partager une vision raisonnée des besoins et de l’accès aux ressources en eau mobilisables pour l’agriculture sur le long terme : réalisations, avancées et perspectives.
Elle s’appuie sur l’expertise et la méthode à la recherche de solutions et d’actions opérationnelles. Établir une vision raisonnée et partagée des besoins et de l’accès aux ressources en eau mobilisables pour l’agriculture sur le long terme et notamment aboutir à des stratégies d’adaptation au changement climatique des filières et des territoires.

LES ANNONCES DÉTAILLÉES DES THÉMATIQUES

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