La régénération du potentiel agronomique des sols mobilise les vignobles Rémy Martin

21 août 2013

Le maintien de la fertilité des sols, la régénération du potentiel agronomique et le respect de la biodiversité deviennent des sujets de préoccupation dans la période actuelle où de gros efforts de renouvellement du vignoble sont engagés. Les domaines Rémy Martin ont souhaité mettre à profit le temps de repos des sols de 3 à 5 ans entre l’arrachage et la replantation d’une parcelle pour tester l’intérêt agronomique que peuvent apporter des couverts végétaux de natures différentes. Cette initiative s’inscrit dans une démarche globale de viticulture durable qui est mise en place sur le vignoble de 250 ha depuis presque 10 ans.

 

 

Les domaines Rémy Martin se sont engagés depuis presque 10 ans dans une démarche de production conciliant le maintien d’une productivité élevée et un fort engagement dans le respect de l’environnement. La démarche est assez ambitieuse à l’échelle d’un vignoble de 250 ha fonctionnant uniquement avec de la main-d’œuvre salariée. L’approche de conduite du vignoble a évolué progressivement en ayant le souci de construire un projet dans le long terme en impliquant les différentes équipes travaillant dans les vignobles.

p9.jpgDenis Fougère et Jean-Marie Bernard expliquent qu’il faut essayer de construire les choses de manière progressive en portant un regard lucide sur les différentes évolutions : « On ne peut pas bousculer de manière fondamentale des itinéraires de production du jour au lendemain. Les métiers de la vigne reposent avant tout sur un investissement humain important, surtout sur des propriétés employant uniquement de la main-d’œuvre salariée. L’intégration de méthodes de production plus respectueuses de l’environnement et de la biodiversité s’est effectuée progressivement en tenant compte des remarques de nos équipes. Très souvent, leurs remarques nous ont permis d’adapter les solutions au contexte particulier des différents sites. Chaque environnement possède des spécificités en terme de nature des sols, de topographie, de comportement agronomique et de sensibilité au parasitisme et aux ravageurs que nous essayons de prendre en compte dans notre démarche de viticulture durable. »

Une évolution progressive des pratiques de conduite du vignoble

La première étape de ce challenge a été une implication plus forte dans la protection du vignoble raisonnée. Les partenariats étroits avec les techniciens de la Chambre d’agriculture de la Charente et leurs collègues de l’IFV Charentes ont permis d’affiner les stratégies de traitements au fil des années. Les équipes des vignobles RM ont été formées à la reconnaissance des parasites et des ravageurs. D’une manière générale, la meilleure connaissance de la sensibilité des divers îlots a rendu possible la modulation des stratégies de lutte. Une démarche de confusion sexuelle pour maîtriser les vols d’eudémis et de cochylis a été mise en place sur le vignoble de Touzac sur 10 ha et à Juillac-le-Coq sur 20 ha.

Parallèlement à ces efforts d’optimisation de la lutte, le parc de pulvérisateurs a été renouvelé avec des équipements traitant chaque face de rang pour être en mesure de couvrir les 250 ha dans une grande journée. Le choix de rampe en face par face est aussi motivé par la volonté à la fois de mieux localiser les apports de bouillie sur la végétation et de moduler plus facilement les doses de produits au cours de la saison. Des investissements importants ont été réalisés sur les différents sites de production pour permettre le remplissage et le lavage des pulvérisateurs dans de bonnes conditions, et la collecte des effluents vinicoles. Avec cinq sites de production différents, la construction de cinq aires de lavage représentait un investissement conséquent et pas forcément réaliste sur le plan économique. Le souhait de trouver une solution plus rationnelle a débouché sur la conception d’un équipement mobile de lavage des pulvérisateurs en bout de parcelle dont l’investissement total se limite à 6 000 € HT.

Concilier respect de l’environnement, productivité et qualité du produit

p8.jpgLa réflexion environnementale a concerné à partir de 2009 l’entretien des sols. L’équipe technique a réfléchi aux moyens de limiter l’utilisation des herbicides et aussi d’envisager de ne les employer que de façon très ponctuelle en tant qu’ultime recours pour maîtriser la flore d’adventices. Le vignoble est implanté sur des terres de champagnes très calcaires, sensibles à la chlorose et présentant des teneurs en argiles plutôt élevées. La nature de ces sols les rend propices à un développement abondant des d’adventices au printemps si le climat est humide.

L’approche d’entretien des sols des vignobles Rémy Martin conciliait le risque de chlorose et la rationalisation économique de l’organisation des travaux. Jusqu’en 2008, le dessous des rangs était désherbé chimiquement (trois interventions par an) et, au niveau des interlignes, une allée était cultivée mécaniquement (de façon superficielle) et la seconde était enherbée (avec la flore naturelle). Etait-il réaliste de remettre en cause totalement l’utilisation des herbicides sous le rang ? Trouver le juste équilibre entre l’obtention d’un produit de qualité, la compétitivité économique et les nouvelles attentes environnementales est un challenge plus facilement accessible au niveau de l’entretien des sols que pour la protection du vignoble. La prise de risque liée à une moindre utilisation d’herbicides a été abordée en faisant preuve de professionnalisme et de sens pratique, car la philosophie de travail n’exclut pas de pouvoir les utiliser. Le retour à des pratiques culturales mécaniques a été aussi motivé par une volonté de respecter la biodiversité de la flore et des insectes pollinisateurs, les abeilles.

Retour au travail mécanique sous le rang toute l’année

D. Fougère et J.-M. Bernard ont beaucoup réfléchi aux conséquences d’une évolution des pratiques culturales avant de prendre une décision : « Comme beaucoup de propriétés de la région, nous avions encore sous nos hangars des interceps hydrauliques acquis au début des années 90. On les a remis en route mais on s’est vite rendu compte que leurs performances n’étaient pas adaptées à des utilisations intensives tout au long de l’année. Nous nous sommes intéressés aux performances des interceps récents et, après plusieurs essais en conditions difficiles, ils nous ont paru adaptés à des interventions en toutes saisons. L’engagement vers une réduction du positionnement des herbicides s’est effectué à partir de 2009 avec la première année une réduction d’intrants de 30 % et, dès 2010, on a décidé de tenter le 0 herbicide. La prise de risque était de toute façon limitée car, dans notre approche, une application d’herbicide pour dompter un couvert végétal trop abondant était toujours envisageable. L’achat d’interceps de préférence montés entre-roues permet de réaliser l’entretien du dessous des rangs en même temps que d’autres travaux au niveau de l’interligne (broyage, travail du sol, rognage en été). 2010 et 2011, avec des printemps secs, ont été des années assez faciles et cela nous a permis d’observer le développement de la flore pour caler au mieux les interventions au printemps vis-à-vis des risques de chlorose. Un passage d’outils après les vendanges (courant octobre) permet de détruire les herbes présentes et retarde ensuite leur croissance au printemps suivant. Les interventions culturales avec les lames interceps lors des printemps humides de 2012 et 2013 ont été le vrai test. Nous sommes arrivés à contrôler la flore d’adventices de façon correcte et les passages d’outils n’ont pas engendré de phénomènes de chorose. L’état de propreté de nos parcelles à certains moments n’est pas parfait mais, globalement, la situation a été bien maîtrisée sans avoir eu recours aux herbicides. Les vignes ne souffrent pas de la concurrence des herbes et supportent mieux les effets des sécheresses estivales. La stratégie d’entretien des sols avec des interventions mécaniques nous a fait prendre conscience de l’importance des aspects agronomiques sur la physiologie de la vigne. »

L’importance de la nature et de la vie biologique du sol et du sous-sol

p10.jpgLa philosophie de conduite du vignoble des domaines Rémy Martin en matière d’agro-environnement a été mise en place avec discrétion et constance dans le temps. L’engagement dans ces démarches de production a été cautionné par l’obtention en 2007 de la certification agriculture raisonnée et en 2012 de la certification HVE de niveau 3. Pour D. Fougère et J.-M. Bernard, les réflexions en matière d’agronomie sont devenues des sujets de réflexion importants qui les amènent à imaginer de nouveaux projets : « Le fait de se remettre à travailler mécaniquement les sols nous a amenés à nous re-connecter à notre métier de base d’agriculteur. On a retrouvé le véritable sens de la culture de la terre dans les vignes. ça a été un véritable déclic dans notre façon d’aborder la conduite du vignoble. Le sol n’est pas seulement un substrat alimentaire indispensable au développement des plantes. La nature et la vie biologique du sous-sol et de la couche de terre arable interfèrent directement sur le fonctionnement des racines des ceps de vignes. D’une manière générale, l’état végétatif mobilise l’attention de façon prioritaire alors que ce qui passe dans la terre est négligé. Or, c’est là que se construit la longévité des souches. Comment créer des conditions de sols plus favorables à l’implantation des jeunes souches nous a semblé être un sujet prioritaire d’autant que, chaque année, nous replantons 8 à 10 ha de vigne. Dans un premier temps, nous avons réfléchi aux moyens que l’on pouvait mettre en œuvre pour valoriser le potentiel agronomique des parcelles avant de les replanter. »

Régénérer le potentiel agronomique des parcelles à replanter

p11.jpgLes domaines Rémy Martin possèdent un vignoble de 250 ha pour une SAU totale de 350 ha. La surface de terre non plantée en vigne d’environ 80 ha présente une topographie, une structure du parcellaire et une nature des sols qui rendent la production de céréales assez aléatoire. De plus, les travaux de conduite des cultures étaient entièrement sous-traités à des prestataires de services. D. Fougère et J.-M. Bernard ne cachent pas que les cultures céréalières posaient plus de problèmes d’organisation qu’elles ne dégageaient de rentabilité économique : « Le fait de cultiver pendant quatre à cinq ans des céréales dans les parcelles destinées à la plantation de vigne n’était pas pour nous essentiel. On s’est dit qu’il était peut-être plus judicieux de mieux tirer à profit cet intervalle de repos des sols après 30 à 40 ans de monoculture en vigne. Les interventions culturales liées à l’implantation des céréales ne nous paraissaient pas suffisantes pour reconstituer le potentiel agronomique des terres de champagne. En labourant et en préparant les lies de semences, on sort des pierres, on solubilise du calcaire et on continue d’apporter des intrants phytosanitaires. Par ailleurs, notre souhait était aussi de permettre aux insectes pollinisateurs, les abeilles, de bénéficier de territoires neutres et protégés pour se développer. C’est d’ailleurs notre engagement dans le réseau biodiversité pour les abeilles qui nous a amenés à implanter des jachères mellifères. Le développement de ce type de jachère, constituée principalement de légumineuses, a attiré notre attention par sa capacité à maîtriser la flore naturelle et les bienfaits observés suite au labour de pré-plantation. Fort de cette expérience, on s’est dit que l’on pouvait sûrement aller plus loin pour régénérer le potentiel agronomique des sols en trois ou quatre ans. »

Un essai en grandes parcelles de plusieurs types de couverts végétaux

Les responsables des domaines RM ont fait des recherches pour trouver des mélanges d’espèces disposant d’une capacité à dominer la flore naturelle (ray-grass et pissenlit), à favoriser la pollinisation et à explorer en profondeur les sols avec un système racinaire profond et résistant. Les échanges avec l’équipe de techniciens viticoles de la Chambre d’agriculture de la Charente de Segonzac sur ce sujet ont été fructueux puisqu’ils ont débouché sur la mise en place d’un essai pluriannuel de différents couverts végétaux. Laurent Duquesne, le technicien viticole de l’antenne viticole de Segonzac, D. Fougère et J.-M. Bernard ont décidé de profiter de l’arrachage à l’automne 2009 d’une parcelle de 4 ha 30 pour suivre le comportement de 5 couverts végétaux différents. L’essai a été implanté dans une situation de coteaux en présence d’un sol caractéristique des terres de champagne très calcaire et argileux. Au printemps 2010, après un labour les semis ont été effectués courant avril, mais le climat sec a retardé la levée. Le choix des couverts végétaux a été aussi réalisé en s’appuyant sur les produits commercialisés par la société Jauffrau-Drillaud. Dans les blocs 1, 2, 4 et 5, le souhait était de semer des couverts dont la longévité perdure pendant trois à quatre ans alors que dans le bloc 3, chaque année des espèces différentes étaient semées. La modalité 1 a été consacrée à un mélange d’espèces mellifères, le méliflore 2 (contenant 60 % de sainfoin, 20 % de mélilot jaune, 10 % de trèfle violet, 5 % de minette et 5 % de phacélie) ; la deuxième à de la luzerne ; la quatrième à un mélange de plusieurs trèfles (20 % de trèfle incarnat, 20 % de trèfle blanc, 20 % de trèfle violet, 10 % de trèfle hybride, 15 % de lotier corniculé et 15 % de minette) ; la cinquième à un mélange de trèfles mychorizés, le viver myc 2 (40 % de trèfle souterrain, 40 % de trèfle blanc rampant et 20 % de lotier) ; et le bloc 6 fait office de témoin avec le développement de la flore naturelle. Dans le bloc 3, une rotation de trois couverts végétaux différents a été implantée avec la première année un mélange de sarrasin (60 %), de phacélie et de moutarde, suivi d’un semis d’avoine et de vesce, et la troisième année de radis chinois. Le coût des différents mélanges de couvert végétaux se situe autour de 100 € ht/ha. Les parcelles peuvent être déclarées en jachères et bénéficier des aides PAC, ce qui permet d’amortir l’investissement dans les semences et les travaux d’entretien annuels.

De nettes différences de comportement des couverts végétaux

Le printemps 2010 sec n’a pas permis une bonne levée des semis qui ont globalement tous végété jusqu’à la fin de l’été. Les pluies de septembre et d’octobre ont ensuite favorisé l’implantation avant l’hiver et au printemps 2011, les premières différences de développement ont pu être observées. L’entretien de l’ensemble des modalités se limite à un broyage en fin de saison (fin août ou début septembre) pour, en quelque sorte, nettoyer la parcelle avant l’hiver.
J.-M. Bernard, qui suit de près le déroulement de l’essai depuis quatre ans, considère que les premiers résultats sont riches d’enseignement : « L’implantation des couverts végétaux n’a pas été facile car le printemps 2010 a été sec, ce qui a pénalisé la levée de certaines espèces. Heureusement, les pluies de la fin de l’été ont favorisé la croissance des herbes mais certains couverts en ont plus profité que d’autres. Dans le bloc 1, les plantes mellifères et tout particulièrement le sainfoin se sont bien implantés et ont dominé le milieu jusqu’à cette année. La flore naturelle n’a pas réussi à s’implanter durant les quatre années de l’essai. La longue durée de floraison des plantes (plus de trois mois) a joué un rôle très bénéfique vis-à-vis des abeilles. Dans le bloc 2, la luzerne s’est bien implantée à l’automne 2010 et au printemps 2011. Elle a également bien tenu dans le temps puisque la flore naturelle n’a pas réussi à la concurrencer. La durée de floraison de la luzerne est plus courte (15 jours) quand elle n’est broyée qu’une seule fois à la fin de l’été. La stratégie de renouvellement et d’implantation chaque année de couverts végétaux différents s’est révélée être un échec. Les printemps très secs 2010 et 2011 n’ont pas permis une bonne levée et la flore naturelle a vite dominé le milieu. En 2012 et en 2013, la levée des radis chinois a été fortement concurrencée par le développement de la flore naturelle qui à cette saison est la seule présente sur le milieu. Dans le bloc 4, les mélanges de différents trèfles se sont développés correctement la première année mais ensuite ils se sont dégradés. Dès la deuxième année, leur présence s’est raréfiée et lors de la troisième année, la flore naturelle a pris totalement le dessus. Le mélange de trèfle mychorizé du bloc 5 a eu aussi un développement très décevant. Certes, la sécheresse de 2010 n’a pas facilité les choses mais d’autres espèces se sont montrées beaucoup plus colonisantes. A l’issue de la première année, sa présence était rare et par la suite il a carrément disparu. »

Une convention d’étude signée avec la Chambre d’agriculture 16

Les responsables des domaines RM ont souhaité renforcer leur partenariat avec les techniciens de la Chambre d’agriculture de la Charente pour évaluer les bienfaits de la régénération du potentiel agronomique des sols après quatre années de conduites en jachères raisonnées. Fin juin, une convention de recherche sur quatre années a été signée pour fixer un protocole d’étude. Laurent Duquesne, qui a participé à la mise en place de l’essai, a en charge ce dossier. La parcelle d’essai de Juillac-le-Coq, qui sera replantée au printemps prochain, va faire l’objet à l’automne d’une étude complète reposant sur des analyses de sols, l’observation de profils pédologiques et des analyses de la biodiversité. Plus concrètement, la finalité de ce travail, qui va mobiliser d’éminents spécialistes de la pédologie, sera d’évaluer les incidences des différents couverts végétaux sur la fertilité des sols, leur structure à différentes profondeurs et la vie biologique. Par la suite, un suivi sera mis en place pendant quatre ans dans la jeune plantation. Un nouvel essai de différents couverts végétaux sera mis en place au printemps 2014 à Gensac-la-Pallue avec de nouvelles espèces dont certaines semblent avoir un effet répulsif vis-à-vis des nématodes. Ces minuscules vers du sol sont les vecteurs des virus du court-noué quand les plantations interviennent rapidement après un arrachage. Des recherches sont conduites par les équipes de chercheurs de Bordeaux Sciences Agro depuis 7 à 8 ans pour apprécier et valider l’intérêt des plantes nématicides. Les travaux ont débouché sur des résultats intéressants qui sont en cours de validations sur plusieurs essais en grandes parcelles (voir article pages 12-13). L’association Vitinnov en tant qu’acteur de transferts de connaissances entre la recherche et le terrain s’investit beaucoup sur ce sujet. Un projet d’étude pour évaluer le rôle des plantes ayant un effet nématicide – financé par FranceAgriMer, le CIVB et le BIVB – a été mis en place sur la période de 2011 à 2014.

 

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