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La Pyramide De Bordeaux

5 mars 2009

colte, en Charentes comme à Bordeaux. Dans le même temps, la réforme de l’INAO, en cours, devrait introduire de la clarté dans la segmentation des AOC, entre les AOP (appellation d’origine protégée), « pures AOC » et les IGP (indication géographique protégée), « simples AOC », lesquelles profiteraient d’un vent de liberté. Remarquons que, pour ménager les susceptibilités, la réforme abandonnerait la référence à l’AOC au profit des signes de qualité européens, AOP et IGP. Ainsi, par ce stratagème, personne ne serait exclue de l’AOC. Malgré tout, la frontière entre AOP et IGP ne sera sans doute pas facile à trouver et se prêtera à d’infinies discussions.

Longtemps encalminé pour de sombres questions financières – caution par l’Etat de l’emprunt de 60 millions d’euros contracté par la profession – le plan d’arrachage de Bordeaux est lui aussi débloqué. La lettre signée des ministres du Budget et de l’Agriculture accordant la caution de l’Etat est enfin tombée, après un forcing exercé par la Région. On attend tous les jours la libération de l’enveloppe. Le plan d’arrachage, portant sur 10 000 ha, peut enfin s’appliquer. Le niveau de prime, fixée à 15 000 € l’ha lors de la dernière campagne, doit normalement redescendre à 12 500 € l’ha sur la prochaine campagne pour coller au pacte initial (60 millions d’euros d’emprunts professionnels pour 10 000 ha, en complément de la prime communautaire).

Le 10 juillet dernier, lors de l’assemblée générale du CIVB (Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux), un nouveau président est sorti des urnes. Il s’agit d’Alain Vironneau, viticulteur à Salignac, dans la région de Fronsac. Un moment, Christian Delpeuch, l’ancien président de l’interprofession bordelaise issu du négoce, avait été pressenti pour prolonger son mandat d’un an, à la demande de la viticulture elle-même, qui, à l’époque, disait ne pas avoir de candidat sous la main. Et puis finalement, l’alternance normale l’a remporté. Il faut dire qu’entre-temps, Christian Delpeuch avait jeté l’éponge, choqué par « le coup de force syndical » qui s’était traduit par un « vol de listings au CIVB ». A cette occasion, le président du CIVB avait trouvé que ses collègues de la Fédération des grands vins et des Syndicats viticoles de Bordeaux « protestaient mollement ». Après une longue carrière dans l’armée de l’air, Alain Vironneau a pris en main, en 1984, les châteaux Majureau-Sercillan et Tarreyrots, en appellation Bordeaux et Bordeaux supérieur. Depuis 2002, il préside le Syndicat des Bordeaux et Bordeaux supérieur.

Début juillet, le Conseil national de la viticulture de France s’est réuni pour la première fois, sous la présidence de Dominique Bussereau. Créé par décret du Premier ministre en juin dernier, le Conseil national de la viticulture de France réunit deux représentants de chacun des dix grands bassins de production français. Y siègent au titre du bassin de production Charentes/Cognac Jean-Pierre Lacarrière et Jean-Bernard de Larquier. Toujours au titre des premières, VINIFHLOR a tenu le 11 juillet dernier son premier Conseil de direction spécialisé viti-vinicole. Sur les 22 membres que compte le Conseil, deux émanent des Charentes, François Méry en tant que représentant du bassin de production, et Jean-Paul Latreuille (nominations par arrêtés du 21 juin et du 11 juillet).

L’interprofession vin de table, vins de pays et autres produits de la région de Cognac aura un peu de retard à l’allumage. Sa constitution bute sur un problème juridique. Elle ne rentre dans aucun cadre. Normalement, on ne pourrait pas faire d’interpro. régionale vins de pays/vins de table alors qu’existe l’ANIVIT, elle-même interprofession nationale des vins de table et de pays. Sauf que, dans le cas du bassin Charentes/Cognac, un comité régional ANIVIT n’est pas possible non plus, dans la mesure où l’ANIVIT n’est pas apte à gérer des vins vinés et des jus de raisin, qui rentrent de plain-pied dans la sphère d’intérêt de l’interpro. charentaise. La seule solution consiste à obtenir une modification législative pour dessiner les contours d’une interprofession tenant compte des spécificités régionales. Le dossier est en cours et Philippe Guélin, président du Syndicat des vins de pays charentais, compte sur la réunion de septembre avec le ministère sur la validation du bassin de production Charentes/Cognac pour aboutir rapidement à un accord.

En ce qui concerne la récolte 2006, l’arrêté de campagne Cognac est attendu au mieux courant août, au pire tout début septembre. Si le niveau de QNV n’est plus un problème – le volume de 8,35 hl AP/ha ne semble pas pouvoir être désavoué – reste une incertitude sur la QNV vin de table. Le ministère suivra-t-il la profession sur sa demande de 130 hl/ha, qui porterait le rendement des « vignes autres » au même niveau que le rendement agronomique ? La réponse tarde à venir, d’autant plus que d’autres régions ont exprimé un souhait similaire.

* Les conditions de production du vin de pays de grande zone « Vin de pays de l’Atlantique » reprennent dans leurs grandes lignes le décret de contrôle de septembre 2000 sur les vins de pays génériques. Pour les rouges et rosés, le rendement est porté à 85 hl vol. + 10 hl (bourbes et lies) et pour les vins blancs, à 90 hl + 10 hl vol. Le TAV est fixé à 10,5 % vol. (contre 11 % vol. pour les vins de pays charentais) et il est prévu que le repli du Vin de pays charentais vers le Vin de pays de l’Atlantique puisse se faire sur simple déclaration.

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