La Maison des Maines, fabriqué comme un grand cru

27 août 2014

Achetée en 2009 par la Cave Charlemagne, la Maison des Maines poursuit l’aventure commencée à la fin des années 90, avec des producteurs qui croient au vin de pays charentais.

p18.jpg« L’entreprise profite aujourd’hui des deux héritages, souligne Emmanuel Bouyer, le président de LMDM, celui de Lucien Charlemagne (voir encadré) et celui de la coopérative d’origine. » Et en effet, si la vendange et la vinification se font toujours à Segonzac, le séjour en cave, le conditionnement et la commercialisation se déroulent à Angoulême.

La Maison des Maines produit des rouges, des blancs et des rosés avec les raisins apportés par une vingtaine de producteurs, suivant un cahier des charges très précis, « … des gens qui aiment produire des raisins de qualité et qui le font très bien, mais qui n’ont pas forcément l’envie ou les moyens de vinifier. »

La qualité finit par convaincre

Emmanuel Bouyer en est persuadé : « Les Charentes sont un terroir viticole. Il n’y a aucune raison de ne pas y faire du bon vin. Le tout est de sélectionner les parcelles et les cépages, de leur apporter un soin tout particulier avec les compétences adaptées. » Et la cuvée romane de la Maison des Maines en est la parfaite démonstration. L’entreprise a relevé le pari de la fabriquer comme on fabrique un grand cru : petit rendement, beaux raisins, vinification lente, élevage en barriques neuves… Bien sûr, cette démarche engendre des investissements qu’il convient de rentabiliser. Pour y parvenir, l’entreprise transforme la moitié de la production en un vin honnête, doté d’un excellent rapport qualité/prix. « Avec le reste nous travaillons une gamme de vins plus flatteurs pour notre image, qui nous apporte de la crédibilité, auprès des restaurateurs par exemple. Après les cuvées Grande Réserve en 2012, nous avons sorti le Romane 2009. » Le coût de revient élevé de cette cuvée amène son prix de vente aux alentours de 15 €. « … Nous avons dû convaincre… mais aujourd’hui, sans avoir jamais fait de concession sur le prix, nous avons presque trop de demandes. Vendre du bag-in-box ne m’intéresse pas. Avec le temps, la qualité finit par convaincre. Notre gamme 538, qui coûte quand même 7 à 8 € la bouteille, est désormais totalement adoptée par les restaurateurs. »

Promouvoir le territoire

« Faire du vin en Charentes aujourd’hui, conclut Emmanuel Bouyer, ça n’est pas un choix économique, mais plutôt une volonté de promotion du territoire, car c’est un atout certain pour le tourisme. L’avenir des vins charentais, ce sont des vins moyen/haut de gamme plus chers, pourquoi pas, que certains vins de Bordeaux. Nous sommes en train de trouver notre marché, la question est de disposer de la production nécessaire. Je suis désolé de voir des vignerons qui n’ont pas l’amour du vin, alors que la solution est de replanter des vignes ! Ce qui est rassurant, c’est que beaucoup de ceux qui se démènent pour le vin charentais sont jeunes. À n’en pas douter, nous avons de l’avenir. »

Les Caves Charlemagne
En 1923, les 6 000 m2 de caves naturelles creusées dans la roche de l’impasse du Tropic ont séduit Lucien Charlemagne, un œnologue de Reims, arrivé 2 ans auparavant à Angoulême. Il y fonde « les Caves Charlemagne » et fabrique des vins pétillants selon la méthode champenoise.
Aujourd’hui dirigée par Emmanuel Bouyer, la société Charlemagne assure toujours la transformation des vins issus du terroir charentais selon l’authentique méthode traditionnelle
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