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La Flavescence Dorée toujours préoccupante

8 mars 2009

Le bilan de la situation de la flavescence dorée au cours de l’année 2003 dans l’ensemble de la région de Cognac a été marqué par une certaine stabilité, hormis sur le secteur de Barbezieux où l’on assiste au développement de la maladie qui est la conséquence de la découverte d’un nouveau foyer à l’automne 2002. Un nouveau débat autour de l’aménagement de la lutte sur certaines zones est à l’ordre du jour, mais cette approche devra être soumise à un cahier des charges rigoureux que les techniciens et les professionnels vont définir au cours d’une commission exceptionnelle qui se tiendra le 1er juin prochain.

lutte_contre_la_cicadelle.jpgLa flavescence dorée est une maladie « bien installée » dans la région de Cognac et la découverte du nouveau foyer de Barbezieux à l’automne 2002 doit sensibiliser les viticulteurs autour de l’intérêt de réaliser les prospections. M. Bernard Robert, qui est l’ingénieur qui a en charge le dossier flavescence dorée au SRPV de Cognac, considère que l’extension du foyer sur le secteur de Barbezieux l’année dernière est la conséquence du non-traitement sur le foyer découvert à l’automne 2002 : « Sur le secteur de Barbezieux, la maladie a pris de l’avance puisque les parcelles non traitées en 2002 ont engendré des contaminations qui ont été confirmées lors des prospections à l’automne 2003. Dans cette zone, la situation peut être qualifiée de sérieuse puisque plus de 15 000 ceps malades ont été repérés, dont 6 000 situés dans des parcelles qui ont fait l’objet de notification d’arrachage pour ce printemps. D’ailleurs, 6 ha de vignes ont été arrachés lors de ce printemps, ce qui constitue un niveau très important par rapport aux deux dernières années. » La puissance du foyer de Barbezieux ne constitue pas une réelle surprise et plusieurs raisons permettent de l’expliquer. Le mauvais repérage des ceps contaminés au cours des années précédentes a constitué un bon pied de cuve. Ensuite, la lutte insecticide a été absente sur quelques hectares jusqu’en 2002 ; sur d’autres surfaces, le positionnement des traitements a été approximatif et les cicadelles ont alors pu diffuser les phytoplasmes (les agents responsables de la flavescence dorée). La conjonction de ces deux éléments a conduit à l’arrachage de 8 hectares de vignes en deux ans sur ce secteur. Au cours de l’année 2003, il y a eu une très bonne adhésion des viticulteurs aux traitements insecticides et aux prospections, ce qui devrait permettre un net assainissement de la situation dans les deux ans à venir.

Une extension en 2004 liée au foyer de Barbezieux

La zone reconnue contaminée à l’issue des prospections 2003
s’agrandit malheureusement de sept communes supplémentaires (Angeduc, Guimps, Péreuil, Saint-Aulais-la-Chapelle, Saint-Bonnet, Salles-de-Barbezieux et Saint-Eugène) et le périmètre de lutte obligatoire va donc s’accroître de 14 nouvelles communes. La découverte de ce nouveau foyer à l’automne 2002 doit conforter l’intérêt des viticulteurs de la région autour de l’importance des opérations de prospection qui constituent le seul moyen de valider l’efficacité de la lutte globale contre cette maladie. Indéniablement, la réalisation au sein du périmètre de lutte obligatoire des prospections d’une manière systématique est un acte technique incontournable qui engage la responsabilité individuelle et collective des viticulteurs. Le fait de consacrer chaque année au début du mois de septembre quelques jours pour parcourir rang par rang le parcellaire de vignes des propriétés situées dans les périmètres de lutte obligatoire est un investissement indispensable pour la gestion raisonnée dans le temps du risque flavescence dorée et aussi pour la pérennité du
vignoble.

Dans les foyers historiques de Saint-Même-les-Carrières et d’Ozillac, la situation s’est considérablement assainie mais on trouve encore quelques ceps isolés porteurs de la maladie. Dans de nombreux secteurs où la pression de maladie est faible, M. B. Robert a aussi constaté à l’automne 2003 une remontée des prospections inférieure à celles des années passées, et cette situation est bien difficile à interpréter. La campagne de prospections a-t-elle été aussi intense que lors des années précédentes ? L’absence de symptômes à l’issue des prospections n’a-t-elle pas incité les viticulteurs à ne pas faire remonter les informations ? Assiste-t-on à une certaine démobilisation des viticulteurs autour de la flavescence dorée ? Il est bien difficile de répondre à ces interrogations qui représentent pourtant un enjeu fondamental pour la gestion du risque.

L’aménagement de la lutte pour certaines zones est à l’étude

bernard_robert.jpgEn effet, si depuis deux ans la découverte du nouveau foyer de Barbezieux a conduit à étendre le périmètre de lutte obligatoire, il n’est pas impossible d’imaginer un aménagement de la lutte sur les zones où la maladie est absente depuis plusieurs années. Dans d’autres régions viticoles et notamment en Gironde, le périmètre de lutte obligatoire a été réduit sur certaines zones qui, à l’automne dernier, ont fait la preuve du bon état sanitaire de la situation par une campagne de prospections rigoureuses. En Charentes, le débat concernant des aménagements de la lutte avec à terme le retrait de certaines communes du périmètre de lutte obligatoire est à l’ordre du jour et le 1er juin, une réunion exceptionnelle des commissions départementales de Charente et de Charente-Maritime se tiendra sur ce sujet. L’enjeu de cette réunion est de définir les méthodologies techniques qu’il faudra mettre en œuvre pour évaluer la situation des communes postulant à un aménagement de la lutte en 2006.

La notion d’aménagement de la lutte englobe deux choses, d’une part le retrait de certaines communes du périmètre de lutte obligatoire et, d’autre part, une réduction du nombre de traitements insecticides (élimination de la deuxième intervention). Le préalable à cette évolution souhaitable sur le fond est l’établissement d’un cahier des charges rigoureux pour évaluer la situation sanitaire des communes postulant à un aménagement de la lutte. Plus concrètement, il va falloir construire une approche globale de prospections s’inscrivant dans le temps (au moins deux années) et dont la validité devra être efficacement contrôlée. L’efficacité et la régularité des prospections constituent la base de cette démarche qui devra s’appuyer sur des relais locaux et pourquoi pas déboucher sur la signature d’un contrat d’engagement de l’ensemble des viticulteurs des communes concernées.

Les propositions qui vont être faites seront mises en application à l’automne 2004 et les premiers aménagements de lutte ne pourront intervenir qu’en 2006, après deux années d’évaluation ; par la suite, le travail d’évaluation de la situation sanitaire devra être poursuivi.

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