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La flavescence dorée

28 février 2009

La flavescence dorée continue-t-elle de se développer en Charentes ou est-on en train d’assister à une nette régression de la maladie ? Les résultats des prospections 2005 permettent à la fois d’observer un véritable assainissement de la situation sur certains secteurs et une extension de la maladie ailleurs. La découverte de deux nouveaux foyers ne fait que renforcer les inquiétudes alors que l’engagement de surfaces conséquentes dans des démarches de changement de statuts représente une lueur d’optimiste.

Vivre avec la flavescence dorée est devenu une réalité à laquelle est confronté un bon nombre de propriétés de la région puisque pratiquement la moitié des surfaces sont situées dans le périmètre de lutte obligatoire. Présentée de cette manière, la situation peut paraître assez inquiétante alors que dans les faits, elle s’avère beaucoup plus contrastée. A l’issue des prospections 2005, Mme Marie Eve Jaeck, l’ingénieur du SRPV de Cognac qui a en charge ce dossier, se montre à la fois optimiste et plus inquiète.

Plus de prospections à l’automne 2005

D’une manière générale, les prospections réalisées à l’automne dernier ont été plus importantes qu’en 2004 (environ 1 000 parcelles de plus). D’un point de vue pratique, deux méthodes de recherche de symptômes sont mises en œuvre, des prospections dites « globales » correspondant à des sondages en bout de vignes ou de quelques rangs et des prospections parcellaires complètes d’un même îlot. Les premières approches concernent généralement des zones non contaminées où l’on cherche d’éventuels nouveaux foyers et les secondes des communes contaminées ou situées dans le périmètre de lutte obligatoire. Le travail de prospection est réalisé à la fois par les techniciens (SRPV, FREDON, FDGDON 16-17 et les Chambres d’agriculture de Charente et Charente-Maritime) et les viticulteurs. La recherche des symptômes en 2005, qui a concerné 3 900 parcelles réparties sur 148 communes, est-elle suffisante pour dresser un bilan réellement représentatif de la situation ? Mme M.E. Jaeck ne semble pas en mesure de répondre d’une manière totalement affirmative à cette question, mais elle a observé une nette augmentation du nombre de parcelles prospectées (d’environ + 30 %) qui est à relier à la volonté d’un certain nombre de communes de sortir des zones contaminées et du périmètre de lutte obligatoire.

Deux nouveaux foyers découverts en 2006

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Mme Marie Eve Jaeck, l’ingénieur du SRPV de Cognac.

Le bilan de la situation 2005 révèle un certain nombre de bonnes nouvelles et aussi deux mauvaises surprises. Les prospections dans les 3 900 parcelles ont permis d’identifier la présence de 3 390 ceps isolés ayant exprimé des symptômes, soit un niveau bien supérieur à celui de 2004. Cette augmentation est sûrement à relier au nombre nettement plus important de parcelles prospectées. Le foyer de La Genétouze, découvert à l’automne 2004, a continué de révéler la présence de la maladie et trois petites parcelles ont fait l’objet d’une procédure d’arrachage cet hiver. Dans la commune de Nercillac où avait été détecté un petit foyer, les prospections systématiques de toutes les parcelles n’ont révélé aucune présence de la FD. Le foyer de Barbezieux identifié il y a trois ans est en voie d’assainissement même si le nombre de pieds isolé enregistre une légère hausse. L’une des mauvaises surprises concerne la commune de Saint-Eugène où en 2005 on assiste à une recrudescence d’un foyer existant qui va entraîner l’arrachage d’une surface de 1,70 ha. A Burie, un nouveau foyer a été détecté, ce qui a entraîné une extension du périmètre de lutte obligatoire sur 6 communes regroupant des surfaces en vignes importantes. Les réunions d’information sur cette zone ont sensibilisé beaucoup de viticulteurs, mais le repérage tardif du foyer laisse planer quelques incertitudes pour l’année prochaine. Dans le cadre de la surveillance du vignoble par les techniciens, la découverte de quelques pieds porteurs de la FD a fait passer Saint-Palais-de-Négrignac et Saint-Martin-d’Ary en zone contaminée. Les surfaces totales à arracher, qui ont atteint 4,11 ha en 2005, sont en nette augmentation par rapport à 2004 (2,93 ha).

Plus de 18 000 ha se sont engagés dans des démarches de changement de statut

Au chapitre des bonnes nouvelles, certaines communes ayant souhaité s’engager dans des démarches de changement de statut commencent à voir leurs efforts récompensés. 2005 aura été le millésime de la concrétisation pour deux communes, Chadenac et Salles-d’Angles initialement contaminées qui sont assainies, mais sur lesquelles la lutte insecticide reste obligatoire. Cela permet aussi aux 5 communes attenantes (Avy, Biron, Coulonges, Marignac, Saint-Martial- de-Vitaterne) de sortir du périmètre de sécurité et ces surfaces en vignes de 975 ha ne seront plus soumises en 2006 à l’obligation de réaliser les trois traitements insecticides. 48 autres communes se sont engagées en 2005 dans une démarche de changement de statut. Pour les communes contaminées, le changement de statut repose sur trois années successives d’observations, une première avec un inventaire exhaustif de toutes les parcelles et si l’absence de symptômes s’avère confirmée, une seconde phase de deux années successives de prospections par îlot peut être réalisée. Ce n’est qu’à l’issue des trois années d’observations que la commune pourra prétendre à sortir du périmètre de lutte obligatoire (à condition qu’il n’y est pas de communes limitrophes encore reconnues contaminées). Pour les communes situées dans le périmètre de lutte obligatoire, deux années de prospection par îlot sont suffisantes. Le protocole d’engagement dans des démarches de changement de statut fait l’objet d’un engagement contractuel entre les viticulteurs et les responsables du SRPV, et les résultats sont soumis à la validation potentielle des commissions départementales. L’engagement en première année de changement de statut en 2005 représente une surface en vigne de près de 16 000 ha, mais toutes n’ont pas passé « l’examen de fin d’année » avec succès. Ainsi, des symptômes ont été encore repérés sur Angeac-Champagne, Bourg-Charente, Bouteville, Genté, Juillac-le-Coq, Saint-Fort-sur-le-Né, et l’insuffisance du nombre de prospections a entraîné un refus sur la commune de Malaville. L’année 2006 sera donc déterminante pour les 33 communes qui accèdent à la deuxième année de changement de statut.

La présence de Bois Noir est à surveiller sur les chardonnay et sauvignon

Dans le cadre des prospections 2005, la fréquence de la détection du Bois Noir a été notable puisque 75 communes ont extériorisé des symptômes (à l’issue des analyses). Les symptômes sont identiques à ceux de la FD et cette maladie appartient au groupe des jaunisses à phytoplasmes. En Charentes, le Bois Noir n’a aucune incidence économique sur les cépages Ugni blanc, Merlot et Cabernet, mais par contre il pourrait se montrer plus inquiétant sur le Chardonnay et le Sauvignon (qui semblent attirer plus l’insecte vecteur de la maladie), les souches atteintes accusent une perte de récolte significative et un affaiblissement végétatif (mauvais aoûtement des bois) pouvant entraîner à moyen terme la mortalité des ceps. La détection de la présence du phytoplasme du Stolbur, l’agent responsable du BN, est réalisée par des tests en laboratoire de type sérologique (ELISA) ou génomique (PCR).

Le vecteur du BN est un insecte, le fulgore, qui se nourrit de sève comme la cicadelle de la FD. Dans sa forme adulte, cet insecte vit de mai à août et vole de plante en plante. En Charentes, le BN a été identifié dans de nombreuses parcelles d’Ugni blanc mais pas encore dans les plantations de Chardonnay et de Sauvignon. Par contre, la maladie a été identifiée dans de nombreuses régions françaises, en Bourgogne et dans la Vallée de la Loire où elle occasionne des pertes de récolte sur les cépages sensibles.

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