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De Sica elle devient S.A.

27 février 2009

gilles.jpgLa nécessité de conforter la structure financière de la Sica a conduit la distillerie Merlet à détenir 95 % du capital de la société coopérative. Avec pour conséquence logique une mise en adéquation du juridique à l’économique. Sortant du statut de Sica pour adopter celui de S.A. classique, la Cave de Saintonge Romane devient filiale de la distillerie Merlet. L’activité se poursuit, sans changement pour les apporteurs.

Même si les vins de pays charentais ne se retrouvent pas au cœur de la crise viticole, en partie grâce à leurs petits volumes, ils en subissent l’impact, notamment en terme de dégradation des prix de vente. Avec eux, souffrent les structures qui les accompagnent. Créée en 1984 dans une optique de complément de revenu au débouché Cognac, la Sica de Burie – devenue Sica Goulebenèze puis Cave de Saintonge Romane en 2005 – avait opté pour des apports volumiques partiels et un capital social très faible. Au fil du temps, la distillerie Merlet, part B de la société coopérative, fut conduite à « mettre de l’argent » pour recapitaliser la structure. Il y a deux ans, alors que la coopérative devenait Sica S.A. (Sica à forme commerciale), la distillerie Merlet détenait déjà 40 à 45 % du capital. Pourtant, selon les statuts, elle n’émargeait que pour 10 % des droits de vote. Une situation décrite comme « peu confortable » pour le partenaire négociant. A l’occasion d’une nouvelle recapitalisation, où la part de capital de l’actionnaire principal passe cette fois à 95 %, le juridique a été mis au diapason de l’économique. La Cave de Saintonge Romane devient une S.A. classique, filiale de la distillerie Merlet. Cette mutation, d’autres coopératives l’ont connue en leur temps, comme la Cave du Haut-Poitou, reprise dans le cadre d’une S.A. par le groupe Georges Dubœuf et le groupe coopératif de la Vienne. Lors d’un récent conseil d’administration, Gilles Merlet a été nommé P-DG de la Cave. « Pour les apporteurs, précise-t-il, cela ne change absolument rien. La cave continue de recevoir les apports de ses 150 livreurs et, comme précédemment, la distillerie Merlet assure le suivi commercial, le contrôle technique et le soutien financier. » Seul effet à la marge, la dépréciation de capital qui a valu aux plus gros apporteurs de perdre 300 à 400 € de capital social. « Vis-à-vis des viticulteurs, il n’y a vraiment pas de gros bobos » souligne G. Merlet. Propos confirmés par un viticulteur : « Il s’agit d’une régularisation plus que d’un changement. A continuer, nous aurions frisé l’illégalité. Quel que soit le statut social, le commercial prime toujours. Et si Gilles Merlet avait voulu casser la structure, le connaissant, il aurait pu le faire. Or, lors du dernier conseil d’administration, nous avons eu un débat sur le paiement à la qualité comme nous n’en avions peut-être jamais eu. » Pour Gilles Merlet, c’est clair, « les rémunérations seront ce que le marché voudra qu’elles soient ». Et si la Cave compte quelques défections, elles ne sont pas imputables aux modifications structurelles mais bien au climat économique actuel. Quand on arrache des vignes vins de pays pour replanter de l’Ugni blanc, les déterminants relèvent d’un mécanisme bien particulier.

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