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« La loi du silence n’a que trop duré »

17 mars 2009

larquier.jpgLe feu couvait sous la cendre depuis un certain temps. Le 23 juin, un jour avant la constitution – ô combien délicate – de l’ADG Cognac, Jean-Bernard de Larquier a souhaité s’exprimer devant un groupe de journalistes, en indiquant expressément qu’il parlait en son nom propre et non au nom de son syndicat. La voix grave et le teint pâle témoignaient de la charge émotionnelle et de la solennité attachées au propos.

 

 

« Oubliez totalement Jean-Bernard de Larquier, président du SGV, pour ne retenir que le viticulteur. Aujourd’hui je m’exprime en mon nom propre et uniquement à ce titre. Notre région et ses viticulteurs sont très respectueux des réglementations, des institutions et des négociants qui les font vivre au quotidien. Ce comportement est tout à leur honneur. Mais aujourd’hui, il est tellement ancré dans les mœurs qu’il en devient génétique. Nous le constatons tous les jours et je me sens un devoir de le dénoncer. Ici, nous ne sommes pas en Corse et la loi du silence n’a que trop duré. Le SGV a établi un dialogue franc avec le négoce, négoce qui, effectivement, génère une grande partie de la richesse régionale. La société Hennessy a été et reste le fer de lance de cette prospérité. Je ne la remercierai jamais assez pour le travail accompli, pour la persévérance dont elle a su faire preuve. Si entre 1993 et 2000 Hennessy n’y avait pas cru, si Hennessy avait baissé les bras, on ne serait peut-être pas là aujourd’hui. Mon grand-père livrait à cette société, mon père livrait à cette société, je livrais à cette société. Pourtant j’ai fait le choix de cesser de livrer chez Hennessy bien avant de devenir président du SGV. Car je ne supportais plus le manque de considération témoignée aux livreurs, je ne supportais plus les insomnies qu’elle faisait endurer à ses livreurs, je ne supportais plus que soit banni du langage le mot “bon” pour le remplacer par l’expression “conforme à nos attentes.” Comment expliquez-vous qu’une entreprise qui incarne un tel dynamisme, qui est leader sur son marché, qui fait partie de celles qui paient le mieux ne soit pas portée aux nues par la viticulture ? Je crois qu’il y a aujourd’hui dans cette maison une cheville ouvrière, un homme, dont je respecte les compétences mais dont je ne supporte plus les agissements. Cet homme se permet de dire à la viticulture ce qu’elle doit faire, cet homme outrepasse ses prérogatives. Il s’est permis d’intervenir avec force dans la définition des critères de représentativité de la viticulture à l’ADG, je parle de la pondération des voix. C’est une chose intolérable. La viticulture doit être reconnaissante mais elle doit garder son libre arbitre. Je déplore que quelques grands bouilleurs de profession de cette maison aient appelé à voter SVBC. Tout ceci est intolérable. Je tenais en mon nom propre à le dénoncer. J’en appelle à ce que chacun reprenne sa place pour qu’une construction sereine puisse s’établir demain entre les deux familles. Je suis tout à fait conscient des risques que j’encours mais en tant qu’homme, je ne laisserai jamais la viticulture se déchirer par le biais de tierces personnes. » Et de rajouter quelques instants plus tard : « Aujourd’hui la coupe déborde. Si personne ne le dénonce, cet homme va faire exploser l’unité viticole. Le temps du servage est passé depuis plus de deux siècles. »

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