Jérome Prince, nouveau président national des courtiers en vins et spiritueux

13 novembre 2013

On ne cédera pas à la facilité de qualifier Jérôme Prince de « prince » des courtiers. Ce Bourguignon de 51 ans, issu d’une vieille
famille de courtiers, a été élu président de la Fédération nationale des courtiers en V&S, en juin dernier à Vinexpo. Présent à Cognac le 17 septembre, il a assuré ses collègues de sa volonté d’être proche des régions ; de son attachement à la formation ; et de son désir de mettre sa profession un peu plus en lumière.

 

 

p20.jpgJérôme Prince a la politesse des personnes bien nées. Mais sans une once d’arrogance. Il est affable ; et même chaleureux. « Je le connais depuis 20 ans » glisse, amical, Patrick Béguin. Les deux hommes se tutoient. Invité d’honneur de la Journée des courtiers, le 17 septembre dernier, Jérôme Prince a participé à la matinée d’information organisée par ses collègues charentais. Selon ses propres dires, la qualité des échanges et du parterre d’intervenants (direction régionale des Douanes, représentants des productions régionales…) l’a bluffé. « C’est bien qu’on nous utilise à bon escient pour faire passer des messages. » L’après-midi, réservée aux travaux du syndicat, fut consacrée à la responsabilité civile professionnelle (en présence d’un assureur) et à un débat sur la charte de déontologie de la profession. Le soir, les courtiers de la région de Cognac présents à la Journée se sont retrouvés autour de leur président national à l’occasion d’un dîner. Personne ou presque ne manquait à l’appel.

Convivialité

Au cours de son intervention d’ouverture, J. Prince s’était spontanément fait l’écho de cette convivialité. « Je me souviens du congrès de Cognac (congrès national, en mai 2010). comme l’un des meilleurs congrès que j’ai vécu, l’un des plus sympathiques. » Vice-président du tribunal de commerce de Dijon, il a raconté avec humour comment il promenait toujours sa pochette « Cognac » au nez et à la barbe de magistrats adeptes des jus de fruits à l’heure du cocktail.

Jérôme Prince est Bourguignon, issu d’une vieille famille de courtiers (4e génération). Installé à Beaune depuis 27 ans dans un cabinet de courtage où il a développé sa propre clientèle, il est spécialiste des grands vins, Côtes de Beaune, Côtes de Nuits. « Aujourd’hui, un courtier ne peut plus tout faire. Il a besoin d’être très réactif. D’où la spécialisation. »

Président du Syndicat des courtiers de Bourgogne (anciennement Syndicat des courtiers de Côte-d’Or reconverti en Syndicat de Bourgogne après le rattachement des collègues du Beaujolais), il siège au Comité national de l’INAO en tant que Personnalité qualifiée.

Priorité à la formation

Son père avait fait HEC. Lui est diplômé d’EBS (Euro Business School). C’est peut-être pour cela que la formation revêt une telle importance à ses yeux, notamment dans sa dimension juridique (droit des contrats, judiciarisation des affaires dans un contexte vin…). Sous son mandat, il a l’intention de proposer à ses collègues courtiers trois formations par an, décentralisées dans trois régions différentes : un pool Bourgogne/Champagne, un pool Bordeaux/Cognac et un autre en Côtes-du-Rhône. Car s’il y a un autre aspect auquel tient Jérôme Prince, c’est bien la proximité. « La fédération a vraiment envie d’être plus proche des régions, partager avec elles les informations, les faire remonter pour mieux les traiter. » Après Cognac, le « road book » de J. Prince le menait en Alsace puis à Bordeaux.

Formation, proximité… Aux deux inflexions qu’il veut donner au syndicat, le président national en ajoute une troisième : rénover l’image du courtier. « Le courtier a longtemps vécu dans l’ombre. C’était presque consubstantiel de son métier : pour vivre heureux, vivons cachés… Aujourd’hui, ce n’est plus vraiment dans l’air du temps. C’est un peu perturbant de voir des professions se mettre bien plus en avant que nous. » En disant cela, J. Prince vise explicitement les sommeliers, « une profession qui revient de loin mais dont certains représentants jouent volontiers les stars aujourd’hui ». Sans être forcément dans l’imitation ou la concurrence, le président national des courtiers pense tout de même que sa profession aurait intérêt à accrocher davantage la lumière. « Nous en avons toute la légitimité, tant en terme de compétences techniques que de connaissance du produit. » Qui dit plus de visibilité dit modernisation de l’image. C’est pourquoi l’un des premiers chantiers va consister à rénover le site internet de la fédération nationale. D’autres suivront.

Quand le « fait du Prince » est au service du collectif.

La Bourgogne guettée par la surchauffe
Depuis plusieurs années, la Bourgogne enchaîne les petites récoltes. Et ce n’est pas la récolte 2013 qui va arranger les choses. Conséquence : les prix grimpent, au risque de déboucher sur une surchauffe.
A la veille des vendanges, la récolte 2013 s’annonçait catastrophique en Bourgogne (coulure, grêle…). Le problème, c’est que cet épisode vient après une récolte 2012 elle-même déficitaire. En fait, depuis 2008, la région additionne les revers volumiques. « Cette série de petites récoltes fragilise les exploitations viticoles, un peu moins dans les grands crus et encore » indiquait Jérôme Prince à ses collègues charentais le 17 septembre. Face à des stocks en baisse, que font les prix ? Ils grimpent. Sur de nombreux vins, ils ont progressé de 30 à 50 % l’an dernier. Et, cette année, la région s’attend encore à une hausse de 10 à 15 %, par simple effet mécanique. « Dans ce contexte, le courtier a un rôle modérateur à jouer » a souligné J. Prince, qui parle d’une responsabilité accrue du courtier cette campagne. Il faut dire qu’en Bourgogne, les courtiers sont très impliqués dans les affaires : 75 % des ventes se font par leur intermédiaire.
Outre la fonte de ses stocks, un autre problème affecte la Bourgogne : le blanchiment de sa production. Aujourd’hui, les vins blancs représentent les deux tiers des quantités. « Le vin blanc se porte bien mais pour combien de temps ? » s’interroge le professionnel. A cette question de fond s’en ajoute une autre : « Jusqu’où veut-on aller dans le blanchiment de la région ? »
Sinon, les ventes se portent plutôt bien et la Bourgogne manifeste un assez bel équilibre. Aux 4 000 viticulteurs répond un commerce composé d’environ 200 négociants et de quelques coopératives.

Les courtiers en chiffres
La Fédération nationale des courtiers en V & S compte 10 Fédérations régionales. Nombre total de membres : environ 300. En terme d’effectifs, la Fédération régionale Cognac arrive en deuxième position, derrière Bordeaux mais devant le Languedoc-Roussillon ou la Bourgogne.

 

 

 

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