Inquiétudes et stisfactions du cycle végétatif 2015

2 septembre 2015

En cette fin de mois de juillet, le cycle végétatif 2015 alterne de belles satisfactions, des inquiétudes et aussi des déceptions. Dans l’ensemble, l’état du vignoble est plutôt satisfaisant et la belle période de chaleur de juillet semble avoir accéléré le cycle végétatif. L’état des grappes hétérogène au sein des souches depuis la floraison est une caractéristique du millésime qui aura des conséquences jusqu’à la récolte.

Quelques événements d’ordre climatique et parasitaire ont à la fois stimulé le développement des maladies et perturbé la physiologie. Le climat de début mai et de la mi-juin a été marqué par deux séquences de pluies très abondantes étalées sur deux à trois jours dont, avec le recul, les conséquences sont perceptibles.

Une pression de parasitisme inégale, parfois localement forte et surtout très diversifiée s’est extériorisée depuis le débourrement. Les 100 mm de précipitations entre le 1er et le 3 mai ont renforcé la puissance des épidémies de black-rot et d’excoriose dont la viru-lence a surpris tous les observateurs. Ensuite, dans les secteurs les plus précoces du vignoble, cet épisode pluvieux a été propice à des contaminations de mildiou de forte intensité. La pression de mildiou très inégale dans la région délimitée a épargné de vastes zones et aussi engendré des pertes de grappes jusqu’à la fin juin. Les zones ayant débourré plus tardivement ont été épargnées alors que celles qui étaient déjà développées au 20 avril ont été réceptives aux premières contaminations. En absence de protection précoce préventive, le champignon a malheureusement bien tiré profit de la situation. La virulence du mildiou constitue un sujet de préoccupation majeure car les outils « fongicides » ont montré leurs limites.

Une deuxième séquence de pluies abondantes à la mi-juin, une centaine de mm en deux à trois jours, est intervenue au moment de la pleine floraison. Dans les sols calcaires dont la situation de sensibilité à la chlorose n’avait pas été anticipée, des jaunissements foliaires importants sont apparus. Cela a engendré des phénomènes de coulure et de millerandage significatifs dans certaines parcelles. Le climat matinal frais de la mi-juin n’est pas étranger aux premières contaminations d’oïdium, dont les conséquences ont été perceptibles à partir du 10 juillet. L’épidémie d’oïdium s’est montrée localement assez virulente, notamment dans les zones grêlées en 2014 où la maladie était déjà présente à la fin de l’été dernier.

La belle période de chaleur à partir de la fin juin a « calmé » le mildiou et accéléré le développement des grappes. La floraison étalée avait engendré deux générations de grappes dont l’évolution ne s’est que partiellement harmonisée. Le beau temps a favorisé l’avancement du cycle végétatif qui est annoncé un peu plus précoce. Les différences de taille de baies entre les parcelles restent importantes et, d’une manière générale, les grappes possèdent une structure moyenne. Le pouvoir de nuisance des maladies du bois va malheureusement continuer à s’exprimer jusqu’à la fin août et les premiers signes de sécheresse commencent à se faire sentir dans les sols légers. L’évolution des grappes et le début de la véraison seraient maintenant « boostés » par quelques « doux » orages dans les premiers jours d’août. La date moyenne de véraison des parcelles d’Ugni blanc précoces se situe autour des 7-8 août.

Les premières estimations de récolte à partir des résultats de comptages de grappes et des captures de pollen réalisés par la Station viticole du BNIC plaident en faveur de niveaux de rendements moyens. Il faudra attendre l’information du poids moyen des grappes au moment du premier contrôle de maturité pour affiner le pronostic volumique de la récolte 2015.

Jarnac, « la ville au cœur du monde » ! En tout cas, il s’y passe pas mal de choses en ce moment. Début juillet, la coopérative Charentes Alliance a annoncé l’acquisition de la maison jarnacaise A.E. Dor (6 millions d’€ de chiffre d’affaires, 7 salariés). Pour Jean-Louis Barraud, viticulteur à Colombiers et président de la SA Unicognac, il s’agit « d’une stratégie mûrement réfléchie, qui vise à renforcer le secteur viticole de la coopérative en développant son marché export ». Plutôt positionnée sur le haut de gamme, A.E. Dor offre aussi à la coopérative la perspective d’un approvisionnement Petite et Grande Champagne qu’elle ne possédait pas. « C’est un acte fort en direction de nos viticulteurs. Cela montre que la coopérative, solidement implantée, a les moyens d’investir dans un outil de commercialisation, au service du revenu de ses
adhérents » note également le président d’Ugnicognac. Rien ne change pour les marques Jules Gautret, Ansac (marché américain), Thalassa ou encore Père Fouras. Tant en Cognac, Pineau ou Vins de pays, elles continueront d’incarner le groupe coopératif. Très récemment, vient d’être validée la fusion de Charentes Alliance avec COREA. Avant de choisir un nom définitif, les intéressés parlent entre eux de « New coop ».

En 2014, le groupe japonais de boissons Suntory reprenait Beam Global et donc Courvoisier. Quel sort le groupe nippon allait-il réserver à ses deux marques de Cognac, Courvoisier et Louis Royer, acquis en 1989 ? Assez logiquement, l’entreprise a opté pour Courvoisier. La filière Suntory France a annoncé le 23 juillet qu’elle rentrait en négociations finales pour céder le Cognac Louis Royer au groupe familial Terroirs Distillers. Le groupe produit et commercialise les marques de whisky Tullibardine et Highland Queen, le rhum Charette, le pastis Girard, les eaux-de-vie Stoessle et Moyroud, l’amer bière Sommer et les boissons aromatisées Arômes & Vin. Pour réaliser cette transaction, Terroirs Distillers s’associe à Unigrains, investisseur spécialiste de l’agroalimentaire, avec lequel il entretient, de longue date, des relations partenariales.

 

 

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