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Président new style

12 mars 2009

sgv_bnard_opt.jpegA chaque président, son style et ses convictions. Celles d’Yves Bénard l’amènent à approcher la fonction de président du Comité national vins et eaux-de-vie de l’INAO en homme forgé aux valeurs de l’entreprise.

« Mes objectifs en quelques points » – « Avant même d’être président du Comité national vins et eaux-de-vie de l’INAO, j’avais coutume de dire que les professionnels du négoce et de la viticulture étaient au service de l’INAO alors qu’il eût mieux valu que l’INAO soit au service des professionnels. A l’INAO, l’économie et les consommateurs doivent être plus présents. Par ailleurs, je considère que le fonctionnement de l’INAO apparaît comme trop centralisé. Le Comité national souffre d’engorgement. Il n’est pas tenable que l’examen d’un dossier réclame dix ans. A grands traits mes objectifs sont les suivants : reconnaître le poids économique des grandes régions viticoles. C’est ainsi qu’un Champenois (moi-même) préside la commission nationale des vins effervescents et que dès mon arrivée, j’ai nommé un Cognaçais, J.-P. Lacarrière, à la tête de la commission nationale eaux-de-vie. Sans nier l’importance des petites appellations, il n’est pas possible de consacrer la majorité du temps à des zones de quelques centaines d’ha alors que l’on passe outre à celles qui incarnent de grandes spécificités comme le Champagne ou le Cognac – Profiter de la mise en place des ODG pour déconcentrer le fonctionnement de l’INAO et déléguer certaines tâches – Donner un peu de respiration aux AOC régionales, ce qui devrait faciliter la segmentation (dont on parle beaucoup sans guère d’effet) et améliorer la compétitivité à l’international – En ce qui concerne les négociations de l’OCM viti-vinicole, je ne doute pas des capacités du nouveau ministre de l’Agriculture, Christine Lagarde, ministre délégué au Commerce extérieur lors de ses précédentes fonctions, par ailleurs avocate d’affaires tout à fait brillante. Elle saura défendre de manière efficace les intérêts de la France. »

« Je suis un pragmatique »
– « J’essaierai de conduire le Comité national des vins et eaux-de-vie un peu à la manière d’une entreprise, avec un Comité national de 60 membres (50 professionnels et une dizaine de représentants des administrations) se comportant comme une sorte d’assemblée générale d’actionnaires et un comité permanent de vingt membres fonctionnant à l’image du conseil d’administration d’une entreprise. Pour ce faire, le Comité national va voter des délégations de missions au comité permanent. Par exemple, il n’est pas possible d’attendre que le Comité national se réunisse (3 ou 4 fois par an) pour nommer une commission d’enquête. Profitons plutôt des sessions du Comité national pour davantage parler de doctrine et de vision de la viticulture française dans la compétition internationale. »

Quelle complémentarité peut-il exister entre les interprofessions et l’INAO, suite à la mise en place des ODG ? N’y a-t-il pas un risque supplémentaire de bureaucratie ? (Question posée par J.-P. Lacarrière, président du BNIC) – « L’efficacité veut sans doute que les ODG conventionnent les interprofessions pour les missions que ces dernières réalisent déjà de manière satisfaisante. En ce qui concerne le rendement, un point toujours un peu particulier, les interprofessions qui disposent d’un observatoire économique apportent leurs visions du rendement, sachant qu’in fine c’est le Comité national de l’INAO qui décide. En Champagne, la réunion du comité régional INAO relatif au rendement est toujours précédée d’une rencontre interprofessionnelle. »

De quel pouvoir peut disposer le comité régional INAO pour accélérer les prises de décision ? (Question posée par Philippe Boujut, président du CRINAO Cognac) – « La réponse à cette question est toujours un peu délicate pour cause de recours éventuel et d’invalidation juridique de la décision d’un comité régional. Cependant, il ne serait pas illogique que pour une modification non substantielle du cahier des charges, le CRINAO puisse décider seul, sans en référer au Comité national, et ce d’autant plus facilement que le président du Comité national (c’est-à-dire moi-même) a toujours la possibilité de se saisir de la décision et de la modifier s’il ne la trouve pas appropriée. »

La région Cognac n’aurait-elle pas intérêt à demander à ce que la transformation, le stockage et l’élaboration des AOC aient lieu uniquement dans l’aire délimitée, sachant que les règles communautaires relatives aux AOP ne rendent pas obligatoire l’élaboration dans la région de production ?
(Question posée par Bernard Guionnet, chef de famille de la viticulture) – « Cela me semble la sagesse. Ce principe existe depuis longtemps en Champagne et même depuis dix ans, toute élaboration de vins mousseux est interdite dans la région. En Champagne, on ne peut élaborer que du Champagne. Les fabricants de vins mousseux sont priés de s’installer à l’extérieur de la zone délimitée. »

Dans la nouvelle OCM viti-vinicole, que vont devenir les VQPRD ? Les appellations jouiront-elles d’une meilleure protection si les AOP/IGP sont transposées dans l’OCM viti-vinicole ?
(Question posée par B. Guionnet) – « C’est effectivement un grand sujet. Il semblerait que la réglementation des AOP/IGP puisse présenter des avantages à l’intra-communautaire et, au-delà, souhaitons voir la mise en place du fameux registre des vins et spiritueux à l’OMC. Pour le reste, Mme Fischer-Boël est quelqu’un de très libérale. Elle va faire monter les enchères pour obtenir un consensus qui la satisfasse. Attendons-nous à des négociations très dures. Un des risques majeurs porte sur la gestion du potentiel de production. Il est question d’un arrachage massif de l’ordre de 200 000 ha en cinq ans et ensuite d’une liberté pour les vins de table de planter n’importe où, c’est-à-dire aux portes de nos appellations. En la matière, semble être privilégiée la subsidiarité des Etats membres. Attention danger ! Si un pays opte pour la libéralisation, les autres se sentiront forcément pénalisés. La liberté du régime des plantations est pure folie. Sont en jeu la banalisation de nos appellations et le risque de voir le revenu diminuer. »

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