Hennessy soutient activement les recherches sur les maladies du bois

2 septembre 2015

La maison Hennessy, qui vient de célébrer avec faste son 250e anniversaire, a décidé de s’impliquer dans une opération de mécénat importante et unique pour soutenir les recherches sur les maladies du bois. L’eutypiose, l’esca et le BDA sont devenus, en quelques années, un problème majeur de la filière viticole régionale et nationale. Le groupe leader de la filière Cognac a construit sa réussite en ayant à la fois des exigences fortes au niveau de la qualité des assemblages d’eaux-de-vie et un état d’esprit conquérant à l’international. Les conséquences des maladies du bois sur la productivité et sur la qualité des eaux-de-vie représentent un véritable danger pour la pérennité du potentiel de production Cognac

 

 

La maison Hennessy a tissé depuis toujours des relations fortes et pérennes avec le vignoble de Cognac, et le devenir du potentiel de production a été et représente toujours un sujet de préoccupation permanent. Des événements historiques cautionnent cet attachement viscéral au vignoble de Cognac.

Par exemple, au moment de la crise phylloxérique, Maurice Hennessy, qui voyage dans le monde entier, est convaincu que la résistance naturelle de certains plants américains pourrait représenter une piste de recherche pour éviter la mortalité des cépages Vitis vinifera liée à la présence du terrible insecte phylloxéra.

En 1887, le professeur Viala revient d’une mission aux États-Unis (financée par le Comité de viticulture créé à Cognac en 1874) en ayant découvert une variété adaptée aux sols calcaires qu’il souhaite essayer de greffer sur les cépages charentais.

La maison Jas Hennessy & Co subventionne les expérimentations de greffages et les premières implantations de parcelles pilotes. Les plants greffés constituent une innovation majeure qui a sauvé et relancé le développement de la viticulture régionale.

16 % du vignoble de Cognac improductifs

Les maladies du bois (eutypiose, esca, BDA) sont le fléau viticole du début des années 2000. Elles occasionnent une forte mortalité des souches et des pertes de productivité conséquentes. Diverses études récentes ont mis en évidence qu’en moins de 10 ans, leurs nuisances considérées comme marginales entraînent aujourd’hui une diminution de la productivité de 16 %. 12 000 ha sur les 75 000 ha de l’ensemble de la région délimitée sont improductifs ! Un constat aussi alarmant concerne tous les acteurs de la filière Cognac. Jusqu’à ces toutes dernières années, la recherche ne s’était jamais mobilisée sur ces maladies. Il existait jusqu’en 2001 un traitement à base d’arsénite de sodium qui permettait de contenir leur développement, mais l’interdiction de ce produit a favorisé en quelques années une expansion forte des nuisances sur des cépages sensibles comme l’Ugni blanc, le Sauvignon blanc, le Cabernet Sauvignon, le Chenin…

Un développement récent des recherches et déjà quelques pistes

La filière viticole a pris conscience des conséquences du fléau maladies du bois depuis seulement une décennie. Le capital de connaissances concernant l’eutypiose, l’esca et le BDA était très maigre et une stratégie globale de recherche a dû être mise en place dans l’urgence depuis 2005. Les agents responsables, les cycles bio-logiques des divers champignons, les mécanismes de contaminations, les points faibles des pathogènes, l’incidence de certaines pratiques culturales, la mise en œuvre de stratégie de luttes chimiques ou bio-logiques… font l’objet d’études sérieuses et coordonnées en France et à l’étranger. Depuis quelques années, les efforts de recherche commencent à porter leurs fruits et révèlent aussi la complexité du dossier. Dans l’état actuel des connaissances, les chercheurs considèrent qu’il est illusoire d’envisager la découverte à court terme d’un produit « cousin » de l’arsénite de soude (ayant un effet stoppant sur les 5 à 6 agents pathogènes majeurs des maladies du bois). Par contre, de nouvelles pistes de moyens de lutte intervenant à plusieurs niveaux font l’objet de recherches et certains résultats semblent encourageants.

Hennessy investit 600 000 € dans des recherches sur les maladies du bois

Les conclusions actuelles des équipes de chercheurs convergent vers des stratégies de lutte qui, pour l’instant, privilégiaient le déploiement de plusieurs actions de lutte qui contribueraient à faire baisser le pouvoir de nuisance des 6, 8, 10 champignons pathogènes. Le développement de toutes ces recherches demande des moyens financiers conséquents qui, jusqu’à présent, proviennent exclusivement des pouvoirs publics et des interprofessions. Le premier mécène privé a avoir manifesté une vo-lonté forte de soutenir la mise en œuvre des programmes d’études est la maison Hennessy. Cela traduit un engagement au côté du vignoble charentais et une vo-lonté de s’impliquer dans le développement d’actions scientifiques contribuant à la pérennité et au développement de la filière de production régionale. La maison Hennessy a dédié une enveloppe budgétaire de 600 000 € à un projet de recherche qui, d’ici trois ans, apportera de nouveaux éléments en matière de stratégies de lutte contre l’esca.

Un comité de 12 experts chargé d’évaluer les projets de recherche

Le souhait de la maison Hennessy a été de contribuer aux recherches en cours dans le cadre d’un appel à projets consacré à l’étude de solutions appliquées à l’esca. Le choix de cette approche est lié à la vo-
lonté d’une part de travailler en s’entourant des meilleurs spécialistes français et étrangers et d’autre part de s’assurer de la complémentarité du projet choisi avec les autres actions déjà en cours. La diffusion de l’appel à projets a eu lieu en décembre 2014. L’enveloppe budgétaire de 600 000 € (répartie sur trois ans) devra privilégier le transfert d’éléments de recherche fondamentale vers de la recherche appliquée. Un comité d’évaluation, constitué d’experts renommés (1), travaille depuis le début de l’année 2015 à la sélection du meilleur projet. Yann Fillioux, le maître de chais de la maison Hennessy, préside cette structure.

L’heureux lauréat sera connu début septembre

L’appel à projets a rencontré un certain succès auprès de la communauté scientifique puisque, à la mi-février, 23 candidatures avaient été enregistrées et retenues. Des équipes de recherche issues de 13 natio-nalités différentes ont déposé des dossiers. Le comité d’évaluation a commencé son difficile travail de sélection des divers projets scientifiques en faisant preuve de rigueur. La première phase d’analyse a débouché sur la présélection de 7 dossiers qui concernaient des thématiques différentes. Les experts continuent leur travail d’analyse du contenu et des objectifs des dossiers durant tout l’été en privilégiant une étude innovante qui s’insérera dans les divers programmes de recherche déjà en cours. Le lauréat sera connu tout début septembre et le programme de recherche se poursuivra jusqu’en septembre 2018.

(1) Les membres du comité d’évaluation : Yann Fillioux (maître de chais de la maison Hennessy), Jean-Marie Barrillérère (directeur des activités Champagnes de Moët Hennessy), François Bodin (président du Syndicat des pépiniéristes viticoles de la région de Cognac), Michel Boulay (consul-
tant indépendant), Jean-Michel Boursiquot (enseignant chercheur à Montpellier SupAgro), Thierry Coulon (directeur scientifique de l’IFV), Serge Delrot (enseignant chercheur à l’ISVV de Bordeaux), Jean-Bernard de Larquier (président du BNIC), Olivier Le Gall (directeur général délégué à l’évaluation scientifique de l’INRA), Jean-François Michel (directeur des affaires publiques Moët Hennessy), Luc Lurton (directeur de la Station viticole du BNIC) et Sandrine Weingartner (responsable du laboratoire et des visites techniques de la maison Hennessy).

 

 

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