Un déficit de communication

27 décembre 2008

L’adaptation de la production au marché et la communication autour du vin sont les deux pivots sur lesquels entend peser la filière vin pour rebondir. Langage tenu par Jérôme Rouzier, directeur de la Confédération française des vins de pays, présent à l’AG du Comité de promotion.

« L’adaptation de la production au marché, nous y sommes engagés fortement » a assuré le jeune directeur de la Confédération des vins de pays, présidée par Jean Huilliet. Mais le pivot de la communication lui semble aussi important sinon plus alors qu’il a été « carrément oublié ». « Nous élaborons les meilleurs vins au monde et nous sommes les seuls à le savoir. » A la rescousse de son propos, il a convoqué quelques chiffres éclairants. Si l’on estime que le soutien commercial d’une marque nécessite au moins 10 % du chiffre d’affaires, ce sont 300 millions d’euros par an qui devraient être consacrés au soutien des vins de table et de pays, puisque le chiffre d’affaires de la branche s’élève à environ 3 milliards d’euros. Or, l’interprofession des vins de table et des vins de pays, l’ANIVIT, n’investit en France que 4,2 millions d’euros, un chiffre dérisoire. Toutes sources confondues – marques, ONIVINS… – la filière consacre environ 40 millions d’euros à sa promotion, une somme très en deçà des normes couramment admises. Peut-on tout imputer à la loi Evin ? La bière investit 62 millions d’euros en France, le Whisky 34 millions d’euros ? « La loi Evin ne s’attaquerait-elle qu’à nos vins ? » s’interroge J. Rouzier. Et d’enfoncer le clou avec l’argent dépensé par Gallo sur son marché domestique, les Etats-Unis – 30,5 millions d’euros – ou encore le budget de marque du cidre Loïc Raison, de 2,2 millions d’euros par an. Conclusion du jeune directeur de la Confédération des vins de pays : « Il ne faut pas mettre tout sur le dos de la loi Evin. » Là où elle lui semble la plus dangereuse, c’est dans l’assimilation qu’elle entretient entre vin et drogue. « Comme le ministre de l’Agriculture espagnol l’a fait récemment, nous devrions avoir le courage de dire que la consommation de vin de façon modérée a des effets bénéfiques. » Sur la crise du Midi, qui interpelle fortement les producteurs de vins de pays, Jérôme Rouzier n’a pas nié la réalité du marasme – cours en chute libre, stocks en forte hausse – mais a aussi donné des raisons d’espérer. « Sur les deux premiers mois de la campagne 2001-2002, les chiffres de consommation taxée indiquent une hausse de 7,7 %. »

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