Festi’Classique 2015, émulsion musicale à Cognac

11 août 2015

Du 30 août au 15 septembre, Festi’Classique en pays de Cognac va vivre sa troisième édition. Avec le recul, on peut dire que l’événement a trouvé sa place dans la programmation estivale et, plus globalement, dans la région. « Amener la musique classique dans les entreprises » s’avère un vrai beau projet, qui crée de l’émulsion musicale.

 

 

p36.jpgEn introduction au festival, Anne-Marie Molinié et Jacques Baclet – les deux créateurs-inspirateurs de Festi’Classique – avaient choisi de braquer les projecteurs… sur les metteurs en lumière et plus généralement ceux qui participent, dans l’ombre, à la réussite de la rencontre musicale. Ces partenaires mettent de l’huile dans les rouages, magnifient l’événement et, en plus, ils ont le bon goût de jouer les mécènes en reversant une partie de leurs émoluments à l’association à but non lucratif animée par Jacques Baclet et Anne-Marie Molinié. A noter que le festival ne jouit d’aucune subvention publique ou parapublique.

Ainsi, ce mercredi 8 juillet, à côté des deux passionnés de musique y a-t-il Lucas Maumont et Thomas Gouvrillon (société Technica Event), Stéphane Blanchard (Blanchard Musique à Saintes), Daniel Froissart, propriétaire du domaine des Egreteaux à Pons. Sont absents deux autres sponsors (en plus des maisons de Cognac qui accueillent les spectacles), les Bouchages Delage (Christian Delage) et Arnaud Meire, directeur de la concession Citroën de Cognac, « deux mécènes importants pour nous », précise A.-M. Molinié.

En 2013, Lucas Maumont et Thomas Gouvrillon ont créé Tehnica Event, une société spécialisée dans le son, la lumière et les vidéos. Événementiel, son d’entreprises, conférences, lancements de produit, inauguration de complexes sportifs, cocktails, réceptions familiales… tel est le positionnement de l’entreprise. Les deux compères – l’un plus gestionnaire (Lucas Maumont), l’autre technicien du son (Thomas Gouvrillon) – exercent leur talent de Nantes à Bordeaux, mais avec un focus sur les deux départements charentais. Ils ont déjà partagé une saison avec Festi’Classique. Ils s’apprêtent à en entamer une seconde. A.-M. Molinié a évoqué la distillerie Pautier ou encore les chais ABK6 « sublimés par la lumière ». « Ils ne se contentent pas de réaliser des ponts lumineux. »

Avant même la création du festival, Stéphane Blanchard accompagnait déjà les Molinié-Baclet dans leur amour du beau jeu. Edmond, Jacques, Sstéphane et Catherine… trois générations de Blanchard au service de la musique, de toutes les musiques. Pourtant, avec Stéphane, le magasin « multispécialiste » de Saintes se forge une sérieuse réputation : fournir à des interprètes exigeants des « grands queues » et autres pianos de récital. Des instruments dont le prix oscille entre 100 000 ¤ et 150 000 €. Désarmant de simplicité, Stéphane Blachard est l’archétype de l’artisan passionné. « Nous essayons toujours d’installer le piano le plus qualitatif » dit celui qui arrive dans la salle de concert quatre ou cinq heures avant le spectacle. C’est ainsi qu’au tout début de Festi’Classique, il pourra « dépanner », avec ses équipes, une violoniste qui, en répétition, n’arrêtait pas de casser les cordes de son Guarneri 1745 (problème de chevalet). Stéphane Blanchard s’étonne encore qu’il ait fallu attendre tant d’années pour amener la musique classique au sein des entreprises de Cognac. « Les deux se marient tellement bien. On aurait dû le faire avant. »

Route de Fléac, à Pons, le domaine des Egreteaux se situe au pied du château des Enigmes, autre nom du château d’Usson. Avant d’acheter le domaine, il y a trois ans, Daniel Froissard exploitait un centre hippique à Neydens, en Haute-Savoie. D’ailleurs, ici, il élève toujours des chevaux. Son épouse et lui hébergeront gracieusement pendant la durée du festival les 14 artistes dans leur maison d’hôtes. S’ils ont pratiquement abandonné l’activité réceptive, par amour de la musique ils feront une exception pour les concertistes et autres chanteurs lyriques. A ce titre, Hervé N’Kaoua, pianiste et directeur artistique de la quinzaine, indique combien la qualité et la chaleur de l’accueil sont importantes pour les artistes. « Bien sûr compte le bon cachet, mais être bien reçu, disposer d’un bel instrument, voir que les techniciens s’occupent bien de nous, nous dorlotent, tous ces éléments sont capitaux. »

Depuis le lancement du festival, Hervé N’Kaoua veille à la programmation musicale. Le choix des œuvres ne suit pas un fil rouge mais se veut éclectique « afin que tout le monde puisse y trouver son compte ». C’est souvent la jauge qui dicte le format musical. Ainsi, avec une toute petite jauge de 70 places, la maison Jean-Fillioux, à Juillac-le-Coq, ne candidate pas pour un orchestre symphonique. Mais ses concerts sont toujours très prisés. « La maison a un véritable fan club. Il n’y a déjà plus de places », confirme en souriant Anne-Marie Molinié.

Sans vouloir en dire plus, la responsable du festival annonce que, l’an prochain, deux maisons de Cognac importantes pourraient faire leur entrée. Les discussions sont en cours. Les dates passeraient donc de sept à neuf. « Nous n’irons pas plus loin, assure la mélomane. D’abord pour respecter ceux qui nous suivent depuis le début et puis pour ne marcher sur les plates-bandes de personne. »

D’ailleurs, du 30 août au 15 septembre, le festival jouit d’une fenêtre de tir assez restreinte, juste avant les vendanges. Festi’Classique ou l’oratorio annonçant la récolte.

Les dates de concert
• 30 août – Maison Meukow (Cognac) – Trio à cordes Compass : Sarah Nemtanu (Victoire de la Musique), Christophe Morin. Marie Chilemme, indisponible, sera remplacée par l’altiste Lise Berthaud, jeune concertiste invitée de nombreux festivals, nominée aux Victoires de la Musique classique en 2009.
• 2 septembre – Maison ABK6 (Claix) – Piano à quatre mains et violon : Dimitri Papadopoulos, Hervé N’Kaoua (piano) et Marie-Claudine Papadopoulos (violon).
• 4 septembre – Maison Jean-Fillioux (Juillac-le-Coq) – Piano à quatre mains : duo Stéphanie et Pierre Solot.
• 8 septembre – Maison Hine (Jarnac) – Récital de clavecin : Bridget Cunningham, « L’ère de l’élégance ».
• 10 septembre – Distillerie Pautier (Bourg-sur-Charente) – Duo Sostenuto « L’âme slave » : Marie-Laure Bouillon (flûte traversière), Benoît Roulland (guitare).
• 12 septembre – Maison Otard (Cognac) – Trio Lahoz – Concert harpe-guitare/peinture : soirée tangos de Piazzolla et tangos Argentins. Artiste peintre Anne d’Aressy.

• 15 septembre : Maison Courvoisier (Jarnac) – Concert-narration « On l’appelait Callas : piano Hervé N’Kaoua, soprano Chrystelle Di Marco, narrateur Gabriel Boz

Réservation sur le site du festival www.festi-classique.com ou auprès de l’Office de tourisme de Cognac.

 

Les dates de concert

A lire aussi

Du 15 au 30 juin, ce sont les journées de lutte contre les ambroisies

Du 15 au 30 juin, ce sont les journées de lutte contre les ambroisies

Le Ministère du Travail , le Ministère de la Santé et des Solidarités et l’Observatoire des Ambroisies - FREDON France rappellent l’importance des conséquences néfastes de ces espèces envahissantes et allergisantes. Pour rappel, l’Ambroisie à feuilles d’armoise...

BA 709 : 90 ans d’Armée de l’Air et pas une ride

BA 709 : 90 ans d’Armée de l’Air et pas une ride

C’est en 1938 que, sous l’impulsion du maire de Cognac Paul Firino Martell, le terrain d’aviation militaire de Châteaubernard voit le jour. Une idée novatrice pour l’époque : l’aviation militaire, bien que déjà développée depuis la première guerre mondiale, n’était...

error: Ce contenu est protégé