Embouteiller à la propriété avec la CUMA de bonne mise

19 avril 2012

La Cuma de Bonne Mise est devenue un acteur important en matière d’embouteillage à la propriété de Pineau, Cognac et de vins. L’équipe dirigeante actuelle gère la structure en ayant le souci de coller aux attentes des adhérents. Faire preuve de réactivité et proposer des prestations de qualité à un coût compétitif représentent un challenge permanent. L’activité ne se limite pas à la seule utilisation d’équipements performants mais à la mise en œuvre de prestations complètes pilotées avec professionnalisme par Nicolas Faure. La Cuma travaille avec une trentaine de propriétés de la région délimitée, qui conditionnent des volumes variables allant de 1 000 à 200 000 bouteilles/an.

p42.jpgLa Cuma a été créée au début des années 80 par un petit groupe de viticulteurs ayant choisi de développer la vente directe. Ils étaient confrontés à des exigences de conditionnement de plus en plus importantes en volume et parfois complexes. L’avenir de ces initiatives de diversification reposait sur la capacité des viticulteurs à être en mesure de répondre à des demandes commerciales que leurs équipements de mise en bouteille individuels n’arrivaient pas à satisfaire. A l’époque, aucun prestataire d’embouteillage à la propriété n’existait dans la région et investir de manière individuelle dans un matériel performant représentait un investissement énorme.

Mettre ses volumes en commun pour embouteiller à la propriété

Le hasard de rencontres a permis à Patrick Mallinger, Jean-Yves et François Moine, Bernard Lavenat, Jacques Brard-Blanchard, aux vignobles Brillet et à Michel Barbeau d’échanger autour de leurs problèmes respectifs de conditionnement. Chacun de ces producteurs commercialisait des quantités de bouteilles qui à la fois commençaient à leur poser des problèmes d’organisation et n’étaient pas suffisantes pour envisager l’acquisition à titre individuel de groupes performants. Leur souhait était de valoriser leur production en réalisant la mise en bouteille à la propriété dans de bonnes conditions économiques et œnologiques. Face à cette situation, l’idée d’acheter en commun un groupe d’embouteillage performant qui se déplace d’une propriété à l’autre a fait son chemin. L’initiative a été concrétisée en s’appuyant sur les compétences de Patrick Vinet, l’œnologue de la Chambre d’agriculture de la Charente. La Cuma de Bonne Mise a été créée en 1986 par un groupe de 8 vendeurs directs pionniers. Au départ, l’acquisition des premiers équipements a permis d’assurer le tirage-bouchage, le capsulage et l’étiquetage. L’ensemble du matériel était installé dans un petit camion qui se déplaçait de ferme en ferme. La formule a séduit d’autres vendeurs directs et, très rapidement, la Cuma a travaillé avec une trentaine d’adhérents qui représentaient au début des années 90 plus de 500 000 bouteilles/an.

Un pic d’activité au début des années 2000 avec les vins de pays

Au cours de la décennie 90, l’augmentation de l’activité d’embouteillage a rendu nécessaire l’acquisition d’un deuxième groupe, ce qui a engendré des problèmes d’organisation. Le déplacement du deuxième groupe a rendu indispensable l’achat d’un autre véhicule et l’intégration d’un second salarié (pas à plein-temps). Cette nouvelle organisation s’est avérée beaucoup plus lourde à gérer et, au bout de quelques années, cela a incité les responsables à repenser totalement le fonctionnement de la Cuma. En 1997, les deux groupes ont été remplacés par un seul matériel monobloc beaucoup plus performant dont l’utilisation ne nécessitait qu’une personne et un seul véhicule. Le nouvel équipement Ducourneau associe trois postes de travail : le rinçage, le tirage-bouchage et le capsulage-étiquetage. L’ensemble de ce matériel est embarqué dans un petit camion qui rentre très facilement dans toutes les cours des fermes charentaises. Toutes ces évolutions ont amené la Cuma à traiter de plus en plus de volumes dans le courant des années 90. Le développement de la production de vins de pays a fait progresser l’activité jusqu’en 2004 qui a atteint 900 000 bouteilles/an. Les responsables n’ont pas souhaité dépasser ces volumes qui correspondaient à un niveau maximum d’activité. L’engagement à conditionner 200 000 ou 300 000 bouteilles supplémentaires aurait nécessité des investissements importants et le recrutement d’un deuxième salarié.

Embouteillage et filtration, les deux activités principales

Depuis quelques années, la baisse de production de vins de pays charentais dans la région et le choix de deux adhérents importants (représentant 200 000 cols) d’avoir leur propre matériel ont réduit l’activité à 600 000 bouteilles/an. La Cuma travaille actuellement avec une trentaine d’adhérents et Philippe Durant, le trésorier, souhaite ouvrir l’activité à de nouveaux vendeurs directs. Les attentes de certains viticulteurs pour d’autres prestations ont amené la structure à s’équiper d’une encaisseuse (et d’une scotcheuse), d’un filtre à plaques, de deux filtres à terre et d’un système de nettoyage à l’eau chaude des fûts de Pineau et de vin. L’ensemble de ces prestations génère une activité très complémentaire à l’embouteillage. Nicolas Faure, le salarié permanent, a un emploi de temps complet pendant neuf mois de l’année. La période plus creuse se situe de novembre à fin février, mais la réalisation de divers travaux viticoles sur les propriétés des adhérents permet de pallier cette baisse d’activité saisonnière. Le groupe d’embouteillage est adapté à différents types de bouteilles (la cognaçaise, la paillarde, la bordelaise, la normande, la mistel et tous les types de contenances de 37,5 à 75 cl), de bouchage (bouchon cylindrique ou à tête), de sertissage (capsules étain, complexe alu ou thermo-rétractable) et d’étiquettes (adhésives, corps et contre-corps). La Cuma dispose d’un vaste local à Angeac-Charente où l’ensemble du matériel est entreposé. Les prestations chez les adhérents sont planifiées tout au long de l’année par Ph. Durand, qui assure aussi tous les aspects de facturation. Les tarifications des travaux sont établies en fonction des coûts réels et des volumes traités par chaque adhérent.

La Cuma de Bonne Mise
l 35 adhérents et 600 000 bouteilles conditionnées.
l Activité : mise en bouteille et filtration à la propriété.
l Un groupe d’embouteillage mobile monobloc complet avec rinceuse.
l Un salarié permanent, Nicolas Faure, ayant la responsabilité du fonctionnement et de l’entretien du matériel.
l Président : Michel Barbeau, de Sonnac.
l Trésorier et responsable des relations avec les adhérents : Philippe Durand (tél. 06 68 60 16 17).

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