ED 95 : Le diesel de deuxième génération à base de marcs de raisin

29 avril 2013

ED 95 pour éthanol diesel comprenant 95 % d’éthanol. C’est le nouveau biocarburant diesel issu de la filière alcool éthylique (alcool
industriel tirés des marcs de raisins). Objectif de la filière vinique : faire homologuer le carburant et obtenir un bonus fiscal. Mais des
résistances existent.

Avec Frédéric Pelenc, de la FNDCV, Jérôme Budua et Hubert Burnereau sont au cœur du dossier. J. Budua dirige la Sica Raisinor France. Quant à H. Burnereau, il préside la structure en même temps que l’UCVA. Tous les trois savent ce que « poids des lobbies » veut dire. Le lobby, c’est celui exercé par les pétroliers « conventionnels », dont les produits sont issus de l’énergie fossile. Ils ont du mal à admettre que des avantages fiscaux (baisse de la taxe sur les produits pétroliers) puissent profiter à la filière des biocarburants et notamment à la petite frange du bio-éthanol issus de l’alcool éthylique. Et pourtant, le dossier « tient la route ». L’éthanol d’origine vinique fait partie de ce que l’on appelle « les biocarburants de la deuxième génération », issus de plantes non alimentaires et, mieux encore, de résidus, comme c’est le cas pour les marcs de raisin. Ce schéma « colle » à la Directive européenne sur les énergies renouvelables parue en 2009. Par ailleurs, un programme de R & D a été lancé, pour vérifier si le biodiesel avait des chances de fonctionner. Le constructeur suédois Scania a adapté son type de motorisation diesel au biocarburant et ça marche ! Dans plusieurs villes de France, des bus, des camions frigorifiques, des camions poubelles roulent au ED 95 (Ethanol Diesel comprenant 95 % d’éthanol). Avec une diminution massive de rejets de gaz à effets de serre. Ces émissions seraient inférieures de 70 % à celles du gas-oil d’origine fossile.

Analyse de cycle de vie

Forte d’une analyse de cycle de vie, la filière alcool éthylique tente d’obtenir l’homologation de son carburant auprès des ministères français de l’Ecologie, de l’Economie (baisse des taxes). Pour l’instant en pure perte il faut bien l’avouer, même si les portes ne sont pas closes, l’intérêt manifeste. « Nous ne désespérons pas mais c’est difficile. Nous allons devoir intensifier notre lobbying, en France et à Bruxelles » confirme H. Burnereau.

La prime à l’export

La Sica Raisinor commercialise à peu près tout l’alcool éthylique produit par les distilleries vinicoles françaises. Et l’intégralité de ces volumes destinés à la carburation part à l’export, qui en Italie, en Hollande, en Finlande ou en Suède. Bien sûr, cela engendre des frais de stockage portuaires, des coûts de transport maritime mais largement compensés par le différentiel de prix entre marché français de la carburation et marché étranger. Jérôme Budua estime l’écart à environ 30 %. Pourquoi ? Parce que la Finlande, la Suède, les Pays-Bas ou l’Italie ont souscrit au mécanisme dit du « double comptage ». Quésaco ? Les avantages énergétiques des biocarburants produits à partir de déchets ou de résidus sont comptabilisés pour le double de leur valeur et déclenchent ainsi un bonus fiscal. Pour l’instant le « double comptage » n’est pas à l’ordre du jour en France. Ce qui engendre la situation paradoxale de voir des biocarburants français revenir dans l’Hexagone après un voyage « fiscal » dans le Nord de l’Europe. Un gaspi énergétique dans tous les sens du terme.

Repères Raisinor
Adhérents : 85 à 90 % des distilleries françaises.
Principe : apport total des alcools pour la carburation.
Chiffre d’affaires : 25 millions d’€ dont 16,5 millions d’€ pour la branche alcool, 8,5 millions d’€ pour la branche co-produits (pépins de raisins).

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