Design Spirit : Vincent Breed, le souffle du verre

2 juillet 2013

Artiste contemporain et souffleur de verre, Vincent Breed effectue la synthèse entre création et contact sensible, presque charnel avec la matière. Et quelle matière ! Une pâte en fusion portée à bout de canne par le souffleur de verre. Vincent Breed était l’invité d’honneur des 4es Rencontres Design Spirit dédiées cette année aux arts verriers.

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Dans les chais Meukow, où se déroulèrent les 4es Rencontres de Design Spirit, trône en majesté une panthère noire en résine, plus grande que nature. Cet emblème de la marque collait comme un gant au propos. Le verre ne possède-t-il pas ce côté félin, souple et cassant à la fois, rétif à toutes entraves. Il faut de la force pour l’affronter, le dompter, le magnifier. Souffleur de verre, Vincent Breed s’inscrit dans le lignage de ces compagnons des âges anciens qui se formèrent dans les ateliers, auprès des maîtres. Lui aussi fit le tour de l’Europe et des Etats-Unis pour apprendre des grands maîtres verriers avant d’ouvrir son propre atelier à Lyon, en 1999. C’est aussi un artiste contemporain sorti des meilleures écoles de design. Dans son discours comme dans sa présence, il y a cette complétude qui signe la pâte des grands. Ses créations ont évolué au fil du temps. Parti d’une approche ludique de la couleur et des formes, il en est venu à des volumes beaucoup plus plastiques, complexes, denses, avec des jeux de miroir, des aplats argentés, des « trous noirs pour créer des troubles visuels ». Une œuvre qui confronte l’homme à son double de verre. Avec le concours de créateurs comme Matali Crasset ou Sébastien Cordoléani, V. Breed a exploré – et continue d’explorer – les rapports entre l’art et la nature, la trace, l’empreinte.

Il a travaillé aussi avec l’architecte Jean Nouvel sur plusieurs réalisations, dont un flacon de parfum pour Yves Saint Laurent, des pavés au Musée du Quai-Branly.

Avec Pernod Ricard, il a développé un set de dégustation pour le Whisky Ballantine’s. Le fond du verre garde les traces du bois du fût.

Un beau projet va voir le jour à Nancy, sur la place Charles-III. Des pavés de verre, disposés sur les axes de passages, reprennent le portrait ancien de Charles III sur un écu. Le pas des promeneurs va dépolir le verre et faire jaillir les traits en relief. Une œuvre interactive et une belle idée sur l’effet du temps, un effet révélateur et bénéfique, qui tourne le dos aux « outrages du temps ».

Vincent Breed vend 70 % de sa production à l’étranger et notamment en Asie. A Hong Kong, plusieurs de ces pièces ornent de luxueux hall d’immeubles. Avec son indéfinissable accent – entre colline de Fourvière et canaux d’Amsterdam (V. Breed est d’origine néerlandaise mais arrivé en France en 1983) – l’artiste et souffleur de verre échappe aux classifications. Le propre des créateurs.

Un pôle verrier au cœur du Grand Cognac

p43b.jpgLes animateurs du territoire envisagent la création d’un pôle verrier au sein de la communauté de communes de Cognac. La formation autour des métiers du Cognac autant que des enjeux touristico-économiques structurent un projet à la réflexion déjà bien avancée.

« Nous sommes un pays verrier. » Par cette assertion – validée par l’histoire – Michel Gourinchas légitimise le projet de la communauté de communes présidée par Robert Richard. Le maire de Cognac et vice-président du Grand Cognac n’oublie pas non plus que pour ses expéditions, le Cognac est un gros utilisateur de flacons, dont certains d’exception. Un donneur d’ordre de premier plan pour l’industrie verrière.

Tel qu’il a été présenté à Design Spirit le 30 mai dernier, le projet de pôle verrier revêt plusieurs facettes. Ce serait d’abord un centre de formation, un axe réfléchi en concertation avec la Région Poitou-Charentes, le Département et la Chambre des métiers de la Charente. Aujourd’hui, le centre de formation de Cognac prépare environ 50 jeunes par an au métier de la tonnellerie. Pourquoi ne pas ouvrir un département dédié aux métiers du verre ainsi qu’un autre à la chaudronnerie (parcours qui exista par le passé mais qui fut abandonné) ? L’autre axe concerne la partie touristico-économique. Cognac attire 40 000 visiteurs par an. Le territoire n’a-t-il pas intérêt à enrichir la palette de ses propositions ? Des membres du comité de pilotage du projet se sont rendus sur les sites verriers de Meisenthal (dans les Vosges, près de la cristallerie Saint-Louis) et de Leerdam aux Pays-Bas. A travers leurs musées et centres de formation respectifs, tous les deux exploitent la veine de l’histoire et de la pédagogie. Des réussites incontestables. M. Gourinchas a signalé l’intérêt des maisons de négoce, du BNIC pour ce projet. Un lieu est même en cours de négociation. L’entreprise Veralia (Saint-Gobain) fait partie du tour de table des promoteurs du projet.

 

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