Des Eaux-De-Vie 2004 Qui Ne Font Pas l’Unanimité

9 février 2009

Le millésime 2004 a permis d’élaborer des eaux-de-vie ayant des caractéristiques aroma-tiques et gustatives plus conformes à la typicité régionale et aussi marquées par un contexte climatologique particulier. A l’approche des vendanges, l’état de maturation des raisins sains et bien équilibrés sur le plan du rapport sucre/acidité a facilité le déroulement des vinifications, et les vins moyennement alcoolisés, acides et souvent intéressants sur le plan aromatique et gustatif ont permis d’aborder la distillation avec beaucoup plus de sérénité qu’en 2003. Le potentiel de qualité plutôt intéressant a été façonné par une climatologie atypique marquée par des séquences contrastées auxquelles le parcellaire a réagi de manière spécifique et dans l’abondance. En effet, il faut se souvenir que du début mai à la fin juillet, le déficit de pluviométrie a été important et que dans les sols superficiels, la perspective d’une nouvelle sécheresse pointait le nez. Le mois d’août frais et très pluvieux a littéralement « sur-hydraté » les souches, les raisins, et les conséquences de cet excès d’eau inquiétaient à l’époque tout le monde. Heureusement, l’automne ensoleillé et sec a encore une fois sauvé la mise en permettant aux parcelles de mûrir normalement une charge de raisins exceptionnelle.

2004 est un millésime d’abondance qui a été bonifié par une très belle arrière-saison et le niveau qualitatif des eaux-de-vie semble plutôt bon même s’il ne séduit pas totalement tous les acheteurs de la région délimitée. La forte acidité des vins, leur teneur alcoolique raisonnable, des caractéristiques organoleptiques et analytiques généralement satisfaisantes ont permis d’aborder la distillation dans un état d’esprit de « capture d’arôme ». Les cycles de distillation ont été assez faciles à conduire et les bouilleurs de cru et les distillateurs professionnels ont pu mettre en œuvre les différentes méthodes sans contrainte. Les œnologues et les courtiers assermentés ayant en charge le suivi des bouilleurs de cru considèrent que 2004 est un bon millésime sur le plan de la typicité aromatique, nettement supérieur à 2003 même si les eaux-de-vie ne possèdent pas une finesse comparable à celle de 2002. L’incorporation des lies a procuré un renforcement de la structure aromatique, mais parfois leur impact s’avère fluctuant. On peut penser que les très gros rendements et la présence de teneur plutôt faibles en lies cette année sont des éléments qui ont pu engendrer un certain effet « dilution » aromatique.

Les maîtres de chais de grandes maisons de négoce portent un jugement plus contrasté sur la qualité du millésime 2004 car leurs réflexions s’inscrivent dans une démarche de devenir de l’eau-de-vie après 3, 5 ou 10 ans de vieillissement. La société Courvoisier est globalement satisfaite de la qualité des eaux-de-vie quels que soient les crus et la richesse de la structure aromatique a permis de mettre en stock de belles choses pour l’avenir. La maison Hennessy est beaucoup plus mesurée sur l’expression aromatique des eaux-de-vie de 2004 qui sont cependant jugées correctes. La qualité des vins mis en chaudière permettait d’espérer la révélation d’une intensité aromatique plus affirmée et par ailleurs les lies n’ont pas apporté autant d’arômes que des années comme 2001 ou 2002. Le service technique de la société se demande si ce manque de typicité n’est pas à relier aux gros rendements. Chez Martell, la dégustation des tout premiers échantillons laissait entrevoir de très belles choses qui, malheureusement, ne se sont pas confirmées par la suite. Les eaux-de-vie sont très acceptables mais manquent souvent d’élégance et de typicité. Par contre, les distillations de janvier et de début février ont encore une bonne constance qualitative par rapport à certaines années. Chez Rémy Martin, le millésime 2004 est jugé intéressant sans pour autant être exceptionnel et des écarts de typicité importants ont été observés. Certaines eaux-de-vie se sont révélées riches, structurées, bien typées par les lies alors que d’autres étaient plus décevantes. D’une manière générale, la production du millésime 2004 sera d’une qualité inférieure à celle de 2002 qui constitue une référence haute.

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