Cuma de Barret : Elle fête l’an dernier son cinquantième anniversaire

9 avril 2014

Le temps passe. Déjà 2014. Pourtant, c’est en 2013 que la Cuma ESAB (Entraide sociale agricole barbezilienne) a fêté son 50e anniversaire. Plus connue sous le nom de « Cuma de Barret », l’accorte cinquantenaire a vécu en direct l’évolution de l’agriculture : mécanisation, spécialisation des exploitations… Elle a su y répondre et s’y adapter.

 

 

p38.jpgUn signe ne trompe pas. Les bonnes maisons – ou les bonnes structures – ménagent toujours de la place aux anciens. « Bien vivre, c’est avoir de la mémoire » a dit un auteur. Pour célébrer les 50 ans de la Cuma ESAB, Alain Brodu, son président, s’était entouré de trois anciens, Louis Borderon, Jean Gaborit, Serge Tapon. Avec cinq autres de leurs collègues (1), ils fondèrent la Cuma en 1963. A l’époque, les coopératives d’utilisation de matériel agricole n’étaient pas légion. Pour les créer, il fallait une bonne dose d’audace et de conviction.

Cinquante ans plus tard, ce n’est peut-être pas plus facile. Quand on voit les capitaux mobilisés, les salariés permanents, on se dit que ces coopératives à l’échelle humaine doivent faire face à de véritables défis : gérer leurs entreprises « en bon père de famille » ou, mieux encore, de manière « raisonnable » ; aller de l’avant sans se mettre en danger ; répondre aux aspirations des adhérents mais penser à l’équilibre de la structure ; composer avec les aléas climatiques, la variabilité des chantiers, les effets de mode…

La conduite d’une Cuma relève d’un réglage fin, un peu comme sur le moteur d’une automotrice. Avec son conseil d’administration, Alain Brodu « fait le job » depuis 1997. Depuis sa fondation, la Cuma n’a connu que trois présidents : Albert Trouvé de 1963 à 1968, Pierre Gerbier de 1968 à 1997 et Alain Brodu aujourd’hui. C’est d’ailleurs un classique du genre. La stabilité des hommes en place offre une profondeur de champ qui correspond bien aux activités agricoles.

Les évolutions de l’agriculture

En cinquante ans, la Cuma de Barret a accompagné les évolutions de l’agriculture. Elle qui, au départ, était essentiellement tournée vers l’élevage (ensilage, bottelage), elle s’est rapidement tournée vers les grandes cultures puis la viticulture. Dans les années 80, elle suit la montée en puissance de la mécanisation, augmente ses investissements, construit un hangar pour mettre à l’abri son matériel. Elle décide de travailler avec les tiers associés, embauche des permanents. En 1992, elle dépasse pour la première fois le million de francs de chiffre d’affaires.

L’année 1993 correspond à une date clé dans la vie de la coopérative. La première génération des membres fondateurs quitte le conseil d’administration. Le passage de relais s’effectue en douceur, « sans casse ».

Une section vendanges en 1984

Une autre période charnière concerne la section vendange, créée en 1984.Alors qu’au milieu des années 90, les surfaces récoltées ont tendance à diminuer, le chantier mobile de vendange relance l’activité : pressoir pneumatique, conquet, bennes à vendanges accompagnent la, puis les machines à
vendanger.

Toute une série de matériels viendra compléter l’offre : panneaux récupérateurs, activité de prétaillage (mise en place en 2005), effeuillage… Parce que l’on ne peut pas vivre coupé
de son temps, la Cuma saura s’adapter aux obligations de mises aux normes : aire de lavage, local pour les salariés… En 2009-2010, la structure investit dans des panneaux photovol-
taïques. Depuis mars 2011, ils équipent son hangar.

Au cours de toutes ces années, les salariés, très motivés, firent preuve d’une véritable implication. Aujourd’hui, ils sont quatre permanents, épaulés par des saisonniers. Au nom du conseil d’administration, le président les a chaleureusement remerciés, avec une mention spéciale à Monique (Vrignaud), la fidèle secrétaire de la Cuma, recrutée en 1975.

La Cuma ESAB travaille régulièrement avec 300 adhérents et environ 200 tiers non associés. Alors qu’à l’origine, sa circonscription territoriale se bornait au canton de Barbezieux et la commune de Criteuil, son périmètre s’est considérablement élargi. Il s’étend aujourd’hui sur 12 cantons (Barbezieux, Baignes, Brossac, Chalais, Segonzac, Archiac, Jonzac, Pons…).

Clin d’œil de l’histoire. En cinquante ans d’existence, la Cuma de Barret n’a connu que deux exercices déficitaires, l’un pour son 25e anniversaire et l’autre sur l’exercice 2012-2013.

Pour un chiffre d’affaires de 285 984 €, le dernier exercice se termine sur un déficit de 32 260 €. La faute à une légère baisse du chiffre d’affaires, une hausse des amortissements et une diminution des produits exceptionnels. Pas d’inquiétude cependant. La coopérative jouit d’une excellente santé financière. Ses capitaux propres s’élèvent à 750 000 € et ses réserves atteignent 667 000 €. De quoi voir venir. Ce qui se traduit par un confortable fond de roulement, équivalant à 288 jours.

Emblématique directeur du lycée agricole de Barbezieux dans les années 80, Pierre Furet faisait partie des invités du cinquantenaire. Il a rendu hommage à une coopérative qui a su conserver un état d’esprit convivial, une simplicité d’approche et le sens du travail d’équipe. « Je reconnais parmi vous plusieurs de mes élèves. Bravo pour le chemin parcouru. »

(1) Les huit fondateurs : Albert Trouvé, Louis Borderon, Marc Grégoire, Jean Gaborit, Eugène Rousseau, Serge Tapon, Edgard Merle, Rémy Aubineau.

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