Courtiers et marchands en gros, l’initiative d’un observatoire des prix

27 août 2018

L’observation des prix d’achat d’eau de vie à la propriété a toujours manqué de précision à Cognac. Pour ce qui est des données interprofessionnelles, leur système de collecte et leur caractère volontaire font qu’elles sont parfois imprécises ou incomplètes. Depuis plusieurs mois, les syndicats des courtiers* et des marchands en gros** de la région délimitée travaillent ensemble pour mettre sur pied un observatoire trimestriel des prix d’achat des eaux de vie de Cognac à la propriété. Une initiative ambitieuse qui ne manquera pas d’intéresser l’ensemble des acteurs de la filière et ceux qui gravitent autour.

 

* Syndicat professionnel des courtiers en vins et spiritueux de la région délimitée de Cognac.

** Syndicat du commerce en gros du Cognac dans la région délimitée.

 

 

Vous lancez au mois de juillet 2018, un observatoire des prix d’achat d’eau de vie de Cognac à la propriété, en quoi cela consiste-t-il ?

 

Patrick Beguin : Les courtiers ont longtemps joué le rôle d’observateurs indépendants dans notre région viticole. Cela prenait autrefois la forme d’une constatation trimestrielle réalisée par et à l’initiative des courtiers assermentés de la place pour les transactions des marchandises libres à la vente. Depuis quelques années, la contractualisation a pris tellement d’ampleur que la constatation des prix du marché libre n’était plus représentative et parfois même inexistante. Nous avons décidé de l’abandonner. Mais la disparition de cet outil a laissé un vide pour beaucoup d’acteurs, nous avons donc imaginé un nouveau dispositif qui émane cette fois-ci du syndicat des courtiers et des marchands en gros. C’est un observatoire plus exhaustif et précis que le précédent. Il est élaboré par des professionnels à destination des professionnels, qu’ils soient les courtiers et marchands en gros bien sûr mais aussi les viticulteurs, les négociants, les banquiers ou experts comptables entre autres.

 

Julien Nau : De notre côté, l’observation des prix fait partie intégrante de notre quotidien mais l’initiative de partager ces valeurs au travers de notre syndicat est nouvelle. Notre volonté est de servir le collectif en apportant des outils fiables et utiles à chacun. C’est aussi à cela que sert un Syndicat ! Nous nous astreignons tous les 3 mois à retranscrire notre vision collective des prix pratiqués sur les achats à la propriété sur la base des cours constatés et de notre connaissance du marché.

La force de cette démarche, c’est qu’en passant par l’intermédiaire des syndicats, nous couvrons un échantillonnage quasi exhaustif des transactions de la place de Cognac, que ce soit le marché contractuel ou libre.

 

Quelle sont les données affichées dans votre grille ?

Patrick Beguin : Seules les eaux de vie sont concernées. Pour chaque cru et chaque compte d’âge nous retranscrivons la fourchette des prix minimum et maximum sur le trimestre complet. Nous n’indiquons pas de volume d’activité des catégories puisque nous n’avons pas la connaissance exhaustive des transactions sur la période en particulier sur la partie contractuelle. Nous avons volontairement limité la catégorie des comptes 10 aux eaux de vie de 10 à 20 ans car les hors d’âge concernent des marchés de niche avec des transactions de gré à gré entre acheteurs.

 

Comment fonctionnez-vous en interne pour garantir la fiabilité de vos données ?

 

Julien Nau : Du côté du syndicat des marchand en gros, nous collectons les informations chaque trimestre, avant d’en faire une première synthèse et d’en discuter en bureau. Si la synthèse nous semble concluante nous la transmettons pour qu’elle soit comparée à la grille élaborée par les courtiers.

Patrick Beguin : Même démarche du côté du syndicat des courtiers. Dans un premier temps, l’observation ne concerne que les prix constatés par les courtiers sur leurs transactions. Le document de synthèse que nous produisons est la compilation, par les 14 membres du bureau de notre syndicat, de l’ensemble des données anonymes fournies par nos collègues. Cela permet de valider collégialement chaque valeur en écartant par exemple des transactions anecdotiques en volume qui pourraient fausser l’interprétation.

Julien Nau : Une fois cette étape validée, les courtiers assermentés mettent en commun la grille du syndicat des courtiers et celle des marchands en gros pour n’en faire qu’une seule. Chaque syndicat approuve la grille définitive avant sa diffusion. Nous avons tenu à tester ce fonctionnement sur les 3 derniers trimestres avant de diffuser notre observatoire. Cela nous a permis de confirmer que les deux sources étaient parfaitement corrélées. C’est une grille peut être imparfaite mais elle représente la vision la plus complète des professionnels à cet instant.

 

Votre outil ne risque pas d’influencer l’évolution naturelle des marchés ?

 

Patrick Beguin :C’est précisément la raison pour laquelle nous avons fait le choix de nous placer sur un temps long de trois mois. Notre mission n’est ni de commenter la tendance ou l’activité du marché, ni de prédire l’avenir.

Julien Nau : Avec le recul, la meilleure garantie d’impartialité que nous puissions apporter, c’est le fait que les chiffres émanent de deux professions différentes qui observent un même marché et constatent, au final, les mêmes valeurs. Le rôle des courtiers assermentés est d’apporter une caution supplémentaire sur la cohérence des données de l’observatoire et leur impartialité.

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