Coopérative de distillation La jurignacaise

19 avril 2012

Bon exercice 2010 pour la coopérative de distillation La Jurignacaise qui a initié une nouvelle relation contractuelle avec la maison Bisquit-Dubouché. Après avoir levé l’option TNA (tiers non associés), la coopérative est aujourd’hui en mesure d’accueillir des viticulteurs non-coopérateurs pour des travaux de vinification, de distillation et/ou de stockage.

 

 

p40.jpgCette petite coopérative de distillation et de stockage – une rareté en Charentes – a été créée le 12 février 1968, il y a plus de 40 ans. Son secteur de prédilection se situe à la frange de « l’hypercentre » du Cognac, de ce « mauvais côté » de la RN 10 qui, pourtant, offre d’excellents terroirs à Cognac. Ses vingt-cinq adhérents actuels se recrutent principalement sur les secteurs de Jurignac, Rouillac, Châteauneuf, Blanzac. La coopérative se situe sur la commune de Jurignac, à la sortie du village de Pétignac. En 2011, ses bâtiments ont été repeints à neuf. Ils en avaient besoin (voir photo « avant »). Longtemps, Jean Croisard présida la structure. Depuis, il a cédé la place à Christophe Brunie, de Mosnac, viticulteur mais qui exerce aussi d’autres activités. Pour l’épauler, Guillaume Croisard, qui est un peu l’homme-orchestre de la structure. A La Jurignacaise, il exerce les fonctions de distillateur et de maître de chai. C’est le contact privilégié des partenaires commerciaux.

Sur la campagne 2010-2011 (période visée par les comptes arrêtés au 30 juin), La Jurignacaise aura distillé 1 155 hl AP. Sur ce volume, 425 hl AP correspondaient à des distillations à façon pour le compte des adhérents, 550 hl AP étaient destinés à la maison Bisquit-Dubouché et 180 hl AP à la maison Léopold Gourmel.

Contrat triennal

Léger changement de cap cette campagne 2011-2012. La société Gourmel a souhaité « prendre d’autres dispositions » et se retirer. Par contre, le partenariat avec Bisquit-Dubouché demeure, voire s’intensifie, avec des volumes légèrement en hausse. Le contrat triennal signé avec la maison de Cognac et son directeur Vincent Chappe, arrivera à échéance à l’issue de la récolte 2012. Le renouvellement ne fait pas de doute. Ce fut le sens des propos adressés par écrit à la coopérative par Denis Laourarate, maître de chai de Bisquit. Avec Vincent Chappe, il était en déplacement en Asie au moment de l’assemblée générale de la coopérative. Mais sa missive a été lue par Christophe Brunie. « Il est important qu’une maison de Cognac puisse s’appuyer sur un groupe de viticulteurs tel que le vôtre. Nous sommes fiers et heureux de cette collaboration. L’année 2012 sera la première échéance de renouvellement des contrats. Ce sera l’occasion de confirmer la solidité de notre partenariat, qui évolue dans un très bon esprit, tant relationnel que technique. » Dans sa lettre, D. Lahourarate a fait état des prix appliqués. Ils se situent dans le marché actuel.

Si l’engagement noué avec Bisquit-Dubouché satisfait une partie des besoins de la coopérative de distillation et de stockage, il ne couvre pas la totalité du disponible. En plus d’une possible progression des volumes de son principal acheteur, la coopérative espère trouver d’autres débouchés et donc d’autres partenaires.

En amont de l’atelier distillation (d’une capacité totale de 1 500 hl AP), la coopérative propose une activité de vinification. En 2010, La Jurignacaise a vinifié 2 900 hl de vin, un volume en progression régulière. Par ailleurs, elle met en œuvre une activité de stockage des eaux-de-vie, à la fois pour les adhérents qui le souhaitent mais aussi pour satisfaire les « bonnes fins » de ses clients. A ce titre, le contrat Bisquit est livré à 30 % en compte 0 (en avril), 35 % en compte 1 et 35 % en compte 2 (au passage de compte). Le chai loué à Gourmel est en train de se vider. Se libère ainsi une capacité de 350-400 m2, rendue d’un coup disponible. La coopérative a lancé un appel du pied insistant à de possibles partenaires. « Nos bâtiments de stockage ne demandent qu’à travailler. »

Pour optimiser son activité et mieux amortir ses charges, la coopérative a décidé de lever l’option TNA (tiers non associés). En clair, dans la limite d’un certain pourcentage du chiffre d’affaires, elle s’ouvre à des viticulteurs non-coopérateurs, qui pour la vinification, qui pour la distillation ou le stockage. C’est la grande nouveauté du jour, avec le retour en positif des comptes. Après pas mal d’années en négatif – suite notamment à une pénible affaire avec un salarié – la coopérative est repassée au vert en 2010. Elle a terminé son exercice sur un excédent. Ipso facto, cet excédent fut affecté à l’apurement du report à nouveau négatif. Mais ce « retour à meilleure fortune » de la coopérative permet d’envisager l’avenir sous un jour plus plaisant. « Nous ne sommes pas les champions du monde mais nous pouvons nous projeter dans l’avenir, de façon sereine. »

Un nouveau président
Président de La Jurignacaise, Christophe Brunie est viticulteur sur la commune de Mosnac, à côté de Châteauneuf. Installé depuis décembre 2001, il exploite 5 ha de vignes et 10 ha de terres Son premier métier n’était pas l’agriculture. Il a travaillé pendant 25 ans comme cadre dirigeant dans une concession automobile. Après une formation à l’Oisellerie à la fin des années 90 et un stage dans le Bordelais, il a repris l’exploitation. Aujourd’hui, il se partage entre son activité agricole et une activité immobilière (gestion d’investissements pour le compte de propriétaires bailleurs). Adhérent de la coopérative depuis 2006, il exerce son premier mandat de président.

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