La région rentre dans une phase de négociation

29 mars 2009

L’émergence du Syndicat de défense de l’appellation reste plus que jamais un sujet d’actualité même s’il est difficile d’en dire beaucoup plus aujourd’hui, phase de négociation oblige. L’actualité professionnelle se nourrit d’autres thèmes, parfois liés au premier.

1030_6_1.jpegSi l’agenda posé par le président de l’interprofession est respecté (voir interview de J.-P. Lacarrière dans le dernier Paysan Vigneron), c’est avant le 31 mars prochain que devrait être bouclé le dossier du Syndicat de défense de l’appellation Cognac. On a dit et redit que l’émergence du Syndicat de défense conditionnait le retour de la commission d’enquête INAO dans la région, qui elle-même conditionne la rédaction définitive du décret d’appellation Cognac. Et pour qu’un vignoble « produits destinés à la transformation » soit mis en place, il faut qu’au préalable toute la partie « vignoble AOC » ait été réglée. En clair, la création du Syndicat de défense de l’appellation constitue bien l’étape du jour, dont dépend la future architecture du Plan Cognac. Dans quelle disposition d’esprit les protagonistes abordent-ils cette échéance ? Conformément à ce qu’ils ont toujours affiché, les négociants disent ne pas y voir sujet à polémique. « Certes, reconnaissent-ils, dans les autres régions viticoles, les syndicats de défense regroupent les producteurs. Chez nous, la difficulté, si difficulté il y a, consiste à savoir qui est producteur. C’est certainement le viticulteur mais aussi le distillateur puisque la distillation signe l’acte de naissance de l’appellation et également le négociant qui assure en grande partie le vieillissement ; un vieillissement qui n’est tout de même pas neutre dans l’appellation même si, vis-à-vis de la problématique de l’agrément, il est dit que le Cognac est Cognac à la sortie de l’alambic. Mais ce point relève plus d’une approche technique et ne change pas le fond des choses : le Syndicat de défense doit être composé de toutes les parties ayant contribué à l’élaboration du Cognac : viticulteurs, distillateurs, négociants. » Si, pour la composition du Syndicat de défense, l’idée de la parité « comme au BN » semble rallier le négoce, Jean-Marc Olivier, de la société Courvoisier, par ailleurs président du Syndicat des exportateurs, dit aller à la discussion de manière ouverte, sans esprit de blocage. « Ne mettons pas de l’huile sur le feu. Je n’ai pas senti d’animosité sur le sujet. A mon avis, la question ne soulèvera pas de difficulté majeure. » Et de préciser que, de toute façon, pour lui, « il est clair que la politique d’organisation du produit restera dans le cadre du BN. Si l’INAO fixe le rendement annuel, ce sera sur proposition du Bureau national du Cognac qui demeure aujourd’hui l’instance d’organisation de la production. Il n’est pas souhaitable de substituer une deuxième instance à l’interprofession alors que celle ci fonctionne ».

Côté viticulture, difficile de cerner l’opinion majoritaire sur le Syndicat de défense, entre les non-dit divers et variés, les clivages sous-jacents, les craintes fondées ou infondées mais en gros, on peut penser que les viticulteurs se partagent en trois groupes : ceux qui sont prêts à rejoindre le négoce sur le terrain de la parité ; ceux qui ne veulent « pas mettre le couvercle sur la marmite » mais qui sont capables de faire preuve d’un certain esprit de conciliation : « nous n’avons pas besoin d’une majorité de 75 % pour nous faire entendre » ; et ceux qui défendent une position plus dure : « la maîtrise de l’offre est le seul pouvoir que nous ayons d’infléchir les prix. On sait très bien ce qui se passe avec une majorité trop faible ». Que sortira-t-il de la négociation ? Bien malin qui peut le dire aujourd’hui. Existe-t-il des instances d’arbitrage ? Sans doute le ministère de l’Agriculture pourrait-il y mettre son « grain de sel » mais ce serait alors la résultante d’une volonté politique « à 200 % ». Et sur ce terrain-là !

La commission production du BNIC n’a toujours pas de président. Le SGV a présenté par deux fois Jean-Marie Moreau, trésorier de la FVC et par deux fois, ce dernier n’a pas recueilli la majorité des suffrages. On parle de « quelques maladresses » mais aussi d’une situation marquée par l’état du stock et l’évolution de la QNV. Le négoce semble attendre avec impatience les chiffres de distillation du mois de mars, indiquant le niveau de remplacement des besoins. « Il s’agit d’une échéance tout à fait importante et déterminante. »

D’aucuns ont pu dire que la vacance de président de la commission production pouvait servir de caisse de résonance à un problème récurrent, celui du dépassement de QNV. En fin d’année, le dossier est monté d’un cran puisqu’il est arrivé à Matignon. A ce sujet, le préfet de région devrait faire prochainement une déclaration, peut-être en février. Des mesures seront prises en attente de la mise en place de l’AOC… dans deux ans, si tout se passe comme prévu.

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