L’avis des détenteurs de sites

28 mars 2009

Leur population est hétéroclite, leurs attentes diverses et leur niveau de satisfaction itou. Mais personne ne remet sérieusement en cause l’idée de l’exposition sur le net. Bien au contraire.

 

« Internet a changé nos vies professionnelles. » Cette jeune femme qui travaille avec son mari sur une double activité, de viticulture et de négoce, est presque une militante du net. Très tôt elle s’y est intéressée. Investie au-delà de la moyenne, elle s’est formée, a bâti son site avec le prestataire. « Le net nous assure une présence sur le marché mondial. Pour nous, c’est très valorisant. » A tel point que cette année, elle « remet le couvert » en réactualisant son site. L’ambiance musicale va évoluer mais elle gardera le même univers graphique, les mêmes clés de personnalisation. Le site ne propose pas de vente en ligne et la nouvelle mouture n’y changera rien. « De toute façon, vu les contraintes spécifiques au Cognac, la vente export aux particuliers est quasi impossible et, pour les clients français, les techniques de vente par correspondance classiques marchent très bien. » Son site s’adresse essentiellement aux importateurs, agents, distributeurs potentiels. « Cela m’intéresse que des gens recherchant de l’information sur le Cognac tombe sur moi. » Ce fut par exemple le cas d’Air France. La compagnie aérienne avait lancé un appel d’offre sur le Cognac, auquel elle a répondu. Très satisfaite de son prestataire qu’elle trouve « assez performant, créatif, percutant », la somme de 500 € qu’elle lui verse tous les ans pour l’hébergement lui semble raisonnable. Tout comme de dépenser 3 000 € pour une création de site. « C’est pas vraiment cher. » Dans son cas, elle a tout fourni, textes, photos, y compris la traduction en anglais. D’ailleurs elle tient à cette participation étroite. « Il ne faut pas confier toute la réalisation de son site à un tiers. Le travail en amont nous appartient et c’est génial en terme de stratégie. Cela nous amène à nous poser les bonnes questions : qui suis-je, quels produits je veux vendre et à qui, quel est mon positionnement ? » Elle avoue une lacune, le référencement. « C’est mon point faible. Je bidouille un peu toute seule mais ça ne va pas très loin. J’aimerai bien savoir comment améliorer ma visibilité sur les moteurs de recherche. » Est-elle prête « à mettre la main à la poche ? » « A priori, je n’investis jamais sans savoir ce que ça peut me rapporter. Par contre, si les ventes devaient suivre… »

Se conformer à la norme ambiante

Autre cas de figure, autre rapport à l‘internet. Ici, nous sommes loin du degré d’implication du précédent témoin. Cette petite maison de négoce, installée à Cognac, a elle aussi franchi le pas du net. Mais semble-t-il plutôt pour se conformer à la norme ambiante. « En fin de compte, j’ai fait une affaire, un client allemand » avoue le négociant. Pour autant, le site est plutôt bien fichu. Pas de vente en ligne là non plus – ce n’est pas la cible visée – mais il offre toutes les commodités pour la clientèle professionnelle : possibilité d’imprimer des fiches… L’apparent détachement de l’opérateur cacherait-il un œil aigu ? Ou alors le créateur de site était-il bon ? Sans doute les deux. La réalisation du site a été confiée à un jeune Cognaçais. « A l’époque, j’ai dû payer environ 1 500 € » se souvient l’opérateur. Le prestataire s’occupe de tout et le client verse une redevance annuelle de 400 à 500 € (pour l’hébergement ?).

photo_2.jpgEnfin un site marchand qui vend en ligne ! En Charentes, il fait presque figure de mouton à cinq pattes. Pour acheter du Pineau, du Cognac, du vin ou des liqueurs, le client a le choix : il peut payer par chèque, ou bien envoyer le n° de sa carte bleue. Pas de hasard ni de lézard. Ultra dynamique au niveau de leur magasin de vente, ces viticulteurs qui travaillent en famille le sont aussi sur le net. Pour eux, la vente en ligne ne se discutait pas. Après une expérience considérée comme malheureuse avec un site portail, ils ont choisi d’aller seuls sur le net. Et s’en trouvent plutôt bien. Ici, tout est dûment mesuré, visites comme commandes. En moyenne, les visites s’élèvent à 200 ou 300 par jour et les commandes à 2 ou 3 par semaine. En période des fêtes, les viticulteurs espèrent bien voir ce chiffre grimper à 2 ou 3 par jour. « Pour un début, c’est pas mal. » Il y a deux ans, lors de la création de leur site perso, ils ont déboursé environ 6 000 F, somme à laquelle ils ajoutent un abonnement mensuel pour l’hébergement (1 000 F à l’année). Pourquoi ont-ils été déçus du site portail ? « Les gens passaient des commandes mais nous n’en étions pas informés. Nous n’avions pas le retour. Et puis notre site coûtait plus cher et le design n’était pas génial. » Comme le témoin précédent, les viticulteurs ont préféré jouer la proximité en choisissant un créateur de site de la région. « Nous savions ce que nous voulions. Il nous a montré un premier jet et nous l’avons amélioré ensemble. »

« C’est notre fille qui a réalisé le site. Elle a fait de l’informatique durant ses études à Poitiers. Il y a pas mal de points à revoir. Beaucoup de gens surfent sur le net. Dire qu’ils viennent sur notre site, c’est une autre chose » – Témoignage d’une viticultrice de Charente-Maritime, vendeur direct.

Petite maison de Cognac très active située au cœur du vignoble, voilà plusieurs années qu’elle est présente sur internet via un site portail. Pour les propriétaires, il s’agit « d’une vitrine à l’international » dont ils auraient du mal à se passer aujourd’hui. « Les gens nous interrogent beaucoup. Il y a quelques années, le net nous a permis de trouver un agent sur les pays de l’Est. Nous ne nous servons pas de notre site pour vendre en ligne mais pour faciliter les relations avec nos importateurs, clients professionnels. » Quel regard portent-ils sur le site portail ? « Je pense que c’est à double tranchant. A la fois c’est fédérateur, cela nous assure une bonne visibilité. Quand les gens tapent Cognac, ils tombent inévitablement sur le site. Par contre, le marché est plus compétitif. La commande est transmise à trente personnes à la fois. Dans l’avenir, peut-être créerons-nous notre propre site tout en conservant celui-ci. » L’investissement dans internet ne leur paraît pas excessif, moins que beaucoup de choses. Ils ont accepté de verser un supplément pour être référencés sur des moteurs de recherche. « C’est normal, tous les services se paient. » « Pour une petite maison comme nous, cela reste supportable. Et puis internet présente un avantage inappréciable : il nous permet d’avoir l’air moderne. D’un point de vue symbolique c’est très important. »

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