Charentes : Quel périmètre pour l’oenotourisme ?

30 octobre 2014

Eric Bilhouet, vice-président de la commission Communication & Promotion du BNIC, confirme qu’une réflexion est en cours sur le sujet de l’œnotourisme. Mais avant de doter la filière d’une éventuelle feuille de route en la matière, la profession souhaite définir le périmètre de l’œnotourisme, savoir ce que « spiritourisme » veut dire en terres charentaises.

 

 

L’œnotourisme, une question qui interroge la profession du Cognac ?

C’est évident. Tout le monde sent qu’il y a une demande par rapport à ça et que l’interprofession du Cognac doit se positionner. Déjà, nous soutenons activement les Etapes du Cognac. Nous avons con-
fiance dans le travail réalisé, y compris par la nouvelle organisation mise en place par Hugues Chapon, le jeune président qui a succédé à M. Hitier. Maintenant, devons-nous aller plus loin ? Avant de répondre à cette question, l’interprofession souhaite réfléchir au périmètre de l’œnotourisme en Charentes. Que recouvre la notion de « spiritourisme » dans la région ?

Ce travail revient à la commission
Communication ?

Oui mais pas seulement. Il relève de tous les élus siégeant au BNIC. Prochainement, nous allons organiser une « mise au vert » pour réfléchir tous ensemble au sujet.

Existe-t-il déjà des pistes de réflexion ?

Les Charentes ne partent pas de rien en matière d’œnotourisme. Quelques leaders motivés ont montré le chemin. Je pense à Meukow et son circuit de visite mais aussi à d’autres acteurs. Un des objectifs consiste sans doute à créer des liens entre les initiatives proposées par les négociants et celles mises en œuvre par les bouilleurs de cru. En d’autres termes, accompagner la mise en réseau, proposer une offre cohérente. En ce qui concerne la notion de périmètre, des manifestations comme La Fête du Cognac et d’autres participent à coup sûr de l’œnotourisme. A travers elles, se joue une vraie promotion du Cognac générique.

L’enjeu pour demain, il se situe où ?

Savoir si nous devons en rester là ou si nous devons agrandir notre champ d’intervention ? Veut-on donner de nou-
velles responsabilités au BNIC et les-quelles ? Quelle pourrait être sa feuille de route dans le domaine de l’œnotourisme ? Comme déjà dit, la réflexion avance mais nous n’avons pas encore la conclusion.

p28.jpgLe smartphone est devenu le prolongement de lui-même. Avec son mobile, le vigneron prend des photos, poste des « statuts », entretien son réseau. Pour vendre ses bouteilles, aujourd’hui, il ne saurait pas faire sans. Rencontre avec un addict des réseaux sociaux.

« J’ai 32 ans. Quand je me suis installé en 2009, j’ai commencé à faire de la vente en bouteille et je crois que j’ai dû ouvrir tout de suite un compte Facebook. Avant, j’avais fait quelques trucs mais à titre non professionnel.

Les choses vraiment sérieuses ont commencé en 2011. J’ai eu la chance de monter assez vite un assez gros réseau social, avec toute une bande d’amis. Et puis a déboulé dans la foulée un “big événement”, le Vinocamp qui s’est tenu à Cognac.

Un Vinocamp, c’est un “happening communautaire” organisé pendant deux jours sur la thématique du vin, de ses nouvelles formes de commercialisation, de communication… Soutenus par les interprofessions, des sponsors, les Vinocamp tournent en France, au Portugal, en Suisse. Le prochain aura lieu en Armagnac, les 5 et 6 décembre.

A Cognac, je fus le seul viticulteur charentais à y participer. J’y ai tout de suite fait ma place. On va dire que je suis arrivé au bon moment.

Aujourd’hui, je possède un joli réseau. Beaucoup de gens sont devenus des amis, dans la « vraie vie ». Des amis et parfois des clients. Entre vignerons, nous nous achetons nos vins mais, en même temps, le cercle s’élargit, des clients arrivent. Au début, mon père était sceptique. Quand il a vu ma première commande, il m’a dit “d’accord, j’ai compris”.

Facebook et les réseaux sociaux en général sont des médias qui ne coûtent pas cher. Il faut juste y consacrer un peu de temps. Ensuite, c’est une question de sensibilité, de feeling. Je sais que des personnes y sont totalement hermétiques. Je peux les comprendre. Moi, je trouve ça attrayant. Vous êtes dans vos vignes, vous faites une prise de vue, vous la postez. C’est l’occasion de parler de sa région, de ce que l’on aime. Je jongle entre ma page pro et mon compte perso, pas si perso que ça d’ailleurs. Je n’y mets pas de photos de mes enfants ni rien de très personnel. Mais cela permet à mes amis de savoir ce que je fais. Certains ignoraient par exemple que j’étais producteur de Cognac. Ma page pro compte 1 300 fans mais les “followers” réguliers, ceux qui me suivent assidûment, sont plus proches des 400 et les très réguliers autour de 200.

Pour mon activité de vente directe, je dirais que ma présence sur les réseaux sociaux est devenue stratégique aujourd’hui. Je ne suis pas le seul dans ce cas. Certains de mes collègues vignerons entretiennent également une forte présence sur la toile. Nous nous y sommes mis parfois plus tôt que les grandes maisons de Cognac. Après, quand elles y sont, elles vont quinze fois plus vite que nous, compte tenu des moyens déployés.

Si je voulais “boucler la boucle”, je ferai un blog. Mais je ne me sens pas l’âme d’un écrivain. J’ai des amis viticulteurs- blogueurs, qui ont de très jolis plumes. En règle générale, leurs blogs sont très suivis. »

 

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