Charentes Alliance : Le grand projet CAC Syntéane

15 février 2010

Le mariage présumé entre la CAC et Syntéane a bien eu lieu à la fin de l’année 2009. La coopérative Charentes Alliance a été créée il y a quelques semaines, suite à l’adoption du traité de fusion par les adhérents des deux coopératives mères. L’entreprise, qui devient le premier collecteur de céréales du Poitou-Charentes, souhaite se donner les moyens de maintenir des liens de proximité avec les agriculteurs et viticulteurs adhérents en s’appuyant sur 400 salariés. C’est un challenge prioritaire pour le président Bruno Foucher et le directeur général Thierry Lafaye.

 

 

Dans l’univers des coopératives d’approvisionnements et de collecte de céréales de la région Poitou-Charentes, la fusion de la CAC et de Syntéane entérinée lors des deux assemblées générales des 10 et 11 décembre dernier est un événement important. La nouvelle coopérative Charentes Alliance couvre un vaste territoire qui va de l’Aunis à la proximité de Périgueux. Les deux ex-présidents des coopératives mères, Bruno Foucher pour la CAC et Michel Grenot pour Syntéane, ont beaucoup œuvré depuis cinq à six ans pour que les deux entreprises unissent leurs destins. Les premières collaborations effectives remontent à 2004 avec la commercialisation en commun des céréales. Dès cette époque, les échanges entres les présidents, les conseils d’administration et les cadres de l’entreprise se sont intensifiés et de nouveaux projets de collaboration ont été construits. En 2007, un pacte de convergence entre les deux entreprises a été signé pour mettre en commun les achats des approvisionnements, le système informatique, et une nouvelle phase de dialogue devait être engagée à partir du deuxième semestre 2009.

Une fusion pleinement assumée de deux coopératives saines sur le plan financier

Dès le mois de juillet dernier, les deux conseils d’administration après mûre réflexion ont décidé d’aller plus loin en envisageant une démarche de rapprochement définitif des deux entreprises. Les propos de B. Foucher et de M. Grenot attestent du bon contexte dans lequel semble se dérouler cette fusion : « Nos deux coopératives sont en parfaite santé financière et la fusion s’est effectuée sans aucune contrainte d’ordre économique. C’est une décision pleinement assumée qui a été prise pour construire une entreprise encore plus performante pour les agriculteurs et les viticulteurs. Depuis quelques années, les équipes des deux coopératives ont appris à se connaître et à travailler ensemble, ce qui a permis de préparer les choses. 80 % des travaux nécessaires à la fusion ont été anticipés et l’encadrement a aujourd’hui comme mission prioritaire de mettre en place des organisations de terrain performantes et propices au développement des relations de proximité avec l’ensemble des adhérents. L’autre point positif de cette fusion est qu’elle s’effectue en conservant l’ensemble du personnel des deux entreprises. »

En Charente-Maritime, la présentation de cette fusion aux adhérents au cours des derniers mois a suscité des questions mais pas de réelles réticences car Syntéane est le fruit d’une succession de regroupements de plusieurs coopératives depuis quinze ans. En Charente, la situation était différente car la CAC depuis sa création en 1933 n’a jamais vécu de fusion et ce projet a suscité des interrogations de la part des agriculteurs et des viticulteurs. Lors des assemblées de sections, B. Foucher et le conseil d’administration ont largement expliqué les enjeux de ce rapprochement et, finalement, la fusion a été adoptée sans problème.

Un exercice 2008-2009 marqué par de nombreux événements

La toute « jeune » coopérative Charente Alliance s’appuie sur les structures financières solides des deux sociétés mères dont les derniers exercices clos au 30 juin dernier ont été bons. L’exercice 2008-2009 a été marqué par une forte variabilité des prix des matières premières sur le marché mondial, qui a obligé les responsables des entreprises de distribution à faire preuve de vigilance au niveau de la gestion. Les marchés avaient anticipé dès mars 2008 l’arrivée d’une nouvelle récolte abondante de blé et d’orge, et les cours mondiaux ont fléchi. La Russie et l’Ukraine sont redevenus des acteurs importants dans les échanges internationaux de blé et d’orge, et désormais les volumes commercialisés sur le marché mondial par ces pays ne sont plus marginaux. Les oléagineux n’ont pas échappé à la baisse générale des prix, d’autant que les bonnes récoltes de colza et de tournesol des pays de la mer Noire ont augmenté l’offre de produit sur le marché. Au niveau des approvisionnements, la campagne a démarré dans un contexte de limite de disponibilités et de prix très élevés au niveau des engrais. Le nombre restreint de producteurs d’engrais minéraux dans le monde n’est sûrement pas étranger à cette situation troublée de début de campagne. A la sortie de l’hiver, la conjonction de la hausse de ces produits et de la baisse des cours des céréales a conduit à un arrêt brutal de la demande de ces produits dont les cours ont immédiatement baissé. Le marché des produits phytosanitaires a connu une inflation importante (de l’ordre de 6 %) liée à la fois à des hausses de tarifs et à l’incidence de la TGAP. A la faveur de conditions climatiques assez clémentes vis-à-vis du parasitisme, les consommations ont finalement baissé. Le taux de renouvellement nettement plus élevé du vignoble charentais a aussi engendré une nette progression des ventes d’équipements de palissage. Les matériaux ayant une meilleure longévité, des piquets métalliques, des fils de fer dotés de protection de surface plus résistante à la corrosion connaissent un net développement. L’autre fait marquant de la campagne 2008-2009 concerne les assolements qui ont été profondément bouleversés. La baisse importante (- 30 %) des surfaces de colza s’explique par les mauvais rendements des deux dernières années. Les conditions climatiques automnales ont entraîné un recul des semis de blé tendre et d’orge d’hiver, et une augmentation des surfaces de blé dur, d’orge de printemps et de tournesol. Les surfaces en maïs grains, qui n’avaient cessé de diminuer depuis plusieurs années, ont connu une hausse de 10 % au printemps 2009.

Une structure financière encore renforcée pour la CAC

La CAC, au terme de l’exercice 2008-2009, enregistre un chiffre d’affaires de 107 millions d’euros (en recul de 11 %) ; une diminution qui s’explique par la forte baisse des cours des céréales à partir de mars 2008 et les fluctuations de prix et de volumes des approvisionnements. La coopérative, après avoir assuré des rémunérations élevées des apports de productions végétales et provisionné des budgets importants au titre de la dépréciation des engrais, dégage un résultat net d’exploitation de 2,4 millions d’euros bien supérieur à celui de l’exercice précédent (1,54 million d’euros). La bonne gestion de l’entreprise s’est matérialisée par une structure financière particulièrement saine qui a permis d’augmenter les capitaux propres de 2,3 millions d’euros (atteignant désormais 29 millions d’euros), d’accroître le fonds de roulement de 2,8 millions d’euros et de porter la capacité d’autofinancement à 3,32 % du chiffre d’affaires.

La collecte totale de la CAC en 2008 atteint le niveau élevé de 331 961 tonnes, en hausse de 8 000 t par rapport à celle de 2007. L’abondance de la récolte 2008 a provoqué une hausse significative des stocks mondiaux qui est à l’origine de la baisse des cours. Au niveau des approvisionnements, le chiffre d’affaires accuse une petite baisse de 3 % liée principalement à la diminution des consommations d’engrais.

La CAC possède aussi des filiales dont l’activité en 2008-2009 a été bonne. Esla Distribution (détenue à parts égales avec COREA) regroupe l’activité des magasins libres-services de Rouillac, la SCB, la filiale de transport intervenant uniquement pour la coopérative, les sociétés Marchesson (à Châteauneuf-sur-Charente) & Andrieux (à Saint-Aulaye) faisant du négoce agricole et la sarl Allard (à Saint-Laurent-de-Céris) distribuant des matériaux de construction destinés aux agriculteurs, aux particuliers et aux entreprises du bâtiment.

Syntéane enregistre de bons résultats

Pour la coopérative Syntéane, l’exercice 2008-2009 est marqué par une progression du chiffre d’affaires de 3,5 %. En raison de la forte collecte, les charges externes liées aux transports, au stockage, aux frais de personnel ont naturellement augmenté. La bonne commercialisation des céréales par Charentes Alliance a permis de verser aux adhérents apporteurs à l’acompte des compléments de prix d’un montant total de 6,3 millions d’euros. Le résultat net de l’exercice s’établit à 4,7 millions d’euros, ce qui a permis de renforcer les capitaux propres de 4,8 millions d’euros. La valeur des stocks à diminuer en raison de la baisse du prix de valorisation des céréales. Seuls les stocks viticoles ont augmenté en raison d’une volonté de l’entreprise de reconstituer les stocks d’eaux-de-vie. L’endettement de Syntéane à moyen et court terme se maintient au même niveau que celui de l’exercice précédent.

L’activité productions végétales a vu son chiffre d’affaires augmenter de 4,8 % pour atteindre 98 millions d’euros. L’abondance des récoltes s’est concrétisée par une augmentation volumique de la collecte de 11,5 %. Au niveau des approvisionnements, la progression du chiffre d’affaires de 3,6 % est liée à l’augmentation des engrais au premier semestre et à une augmentation du nombre d’hectares couverts. L’activité viticole, malgré l’absorption de la cave du Liboreau, voit son chiffre d’affaires diminuer de 9 à 8 millions d’euros en raison des niveaux de rendements plus faibles, des baisses de volumes disponibles à la vente en Cognac et de la contraction du marché du Pineau.

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Syntonie Distribution, Sphère production et Unicognac se portent bien

Le groupe Syntéane, avec la coopérative et les filiales Syntonie Distribution (les magasins Gamm Vert), Sphère Production, Unicognac, a dégagé un résultat net de 5 millions d’euros. Syntonie Distribution enregistre une progression d’activité de 7 % liée à l’acquisition du fonds de commerce du magasin Gamm Vert de Cognac. La politique de réaménagement progressif des magasins se poursuit et porte ses fruits car, dans le domaine d’activité des jardineries, la concurrence est vive. La bonne maîtrise des charges de structure contribue au bon résultat de cette filiale. Sphère Production a vu son chiffre d’affaires progresser de 11 % malgré un environnement économique difficile. Le segment le plus rentable des ventes de pop-corn à la grande distribution s’est maintenu en volume et améliore sa valorisation grâce à l’apport de produits plus élaborés. Les ventes à l’export de maïs vrac prêt à poper se sont maintenues en volume et les hausses de prix ont pu être répercutées. Les semis 2009 sur une surface de 700 ha ne sont pas suffisants pour approvisionner correctement l’usine et une mise en production de 500 ha supplémentaires paraît souhaitable en 2010. Unicognac a évolué dans un contexte de marché perturbé en raison en début d’exercice de la répercussion des fortes hausses de prix des Cognac et ensuite d’une baisse de la demande en relation avec la crise économique mondiale. L’entreprise a réussi à préserver ses volumes et à améliorer fortement son exploitation. Les bonnes progressions à l’exportation en 2008-2009 (principalement en Asie) ont permis à Unicognac de voir son chiffre d’affaires progresser de 10 %, mais les perspectives commerciales pour le prochain exercice semblent moins bonnes.

7 000 adhérents et 600 salariés

La nouvelle coopérative Charentes Alliance est constituée d’un conseil d’administration de 36 membres (18 émanant de chaque coopérative) qui s’est réuni aussitôt son élection. B. Foucher et M. Grenot ont été élus respectivement président et président délégué (voir encadré).

Charentes Alliance, qui regroupe près de 600 collaborateurs dont 210 dans les différentes filiales, travaille désormais avec plus de 7 000 agriculteurs adhérents répartis dans un vaste territoire allant de l’Aunis à l’ouest de la Dordogne. Les métiers de base de l’entreprise, la commercialisation des agrofournitures et la collecte de céréales, vont être mis en œuvre en s’appuyant sur les 122 sites de dépôts et points de collecte existants. Ce vaste réseau d’infrastructures doit œuvrer pour apporter les meilleurs services de proximité aux adhérents et optimiser les revenus au niveau des productions végétales et de l’activité viticole. Le maintien d’un lien de proximité fort est un objectif prioritaire pour les responsables de coopérative qui vont mettre une organisation décentralisée adaptée aux spécificités de chaque bassin de production. Les zones d’activités correspondant à des unités de territoire et de productions homogènes qui existaient déjà de manière plus ou moins formalisée dans les coopératives mères vont devenir beaucoup plus opérationnelles. La direction de Charentes Alliance a été confiée à Thierry Lafaye assisté de Jean-François Grange en tant que directeur général adjoint. Le siège de l’entreprise est implanté à Cognac.

Conseil d’Administration De Charentes Alliance
Président : Bruno Foucher (La Rochefoucauld). Président délégué : Michel Grenot (Saintes). Vice-présidents : Jean-Louis Baraud (Colombiers), Dominique de Castelbajac (Passirac), Louis Tercinier (Préguillac), Yvette Thomas (Saint-Palais-sur-Mer), Joël Tireau (Villefagnan). Secrétaire : Joël Boniface (Rioux-Martin). Trésoriers : Eric Desaivres (Pioussay), Alain Piton (Jonzac).
Administrateurs : Jean-François Arnauld (Saint-Georges-des-Coteaux), Frédéric Boursiquot (Sainte-Gemme), Pierre Brouillet (Nabinaud), Jean-Claude Charrier (Boutenac-Touvent), Fabrice Chassériaud (Saintes), Luc Chevalier (La Couronne), Pascal Dussauld (Lachaise), Jean-François Gaildraud (Ruffec), Guy Geay (Chaunac), Pascale Giraudot (Siecq), Jérôme Gorry (Saint-Hippolyte), Frédéric Grue (Sonnac), Jean-Marie Guindon (Brie), Jean-Pierre Jardry (Vieux-Mareuil), Michel Jaulin (Baignes), Michel Jeannière (Ruffec), François-Xavier Labrousse (Saint-Amant-de-Nouère), Jacques Lys (Breuillet), François Magne (Lamerac), Gérard Maingot (Mouthiers-sur-Boëme), Olivier Mainguet (Chenon), Jean-Yves Marilleau (Sonnac), Frédéric Métayer (Rouillet-Saint-Estèphe), Joëlle Michaud (Chabanais), Pierre Paquet (Triac-Lautrait), Alain Piton (Jonzac), Fabrice Thibaudeau (Grézac)

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