Charente – Métiers de l’agriculture : Les porteurs de mallette

12 février 2010

Pour promouvoir les métiers de l’agriculture auprès des jeunes des collèges, la Chambre d’agriculture de la Charente et l’ensemble du tissu professionnel ont édité une « mallette pédagogique ». D’octobre à décembre dernier, plus d’une dizaine d’agriculteurs (trices) l’ont remis aux chefs d’établissements scolaires. Ils ont reçu un accueil très positif.

Françoise Guindant fait partie de la petite troupe de « missi dominici » à s’être lancés sur la route des collèges d’enseignement général de la Charente, d’octobre à décembre dernier. Très impliquée dans le soutien à l’enseignement agricole, cette ancienne parente d’élève n’a pas hésité quand la Chambre d’agriculture lui a proposé d’intégrer les rangs des « ambassadeurs » des métiers de l’agriculture. Ce projet de rencontre avec les proviseurs des collèges d’enseignement général est né d’une idée simple : comment l’agriculture pouvait-elle espérer attirer de nouvelles recrues – de futurs salariés agricoles qualifiés – si les jeunes et leurs enseignants ne soupçonnaient pas l’existence des métiers de l’agriculture ? Pour combler cette lacune, c’est à la porte des collèges qu’il fallait frapper car, bien souvent, les orientations se décident entre la 4e et la fin de 3e. Fort de cette réflexion, la Chambre d’agriculture et l’ensemble du tissu professionnel charentais (syndicats généraux et spécialisés, interprofession du Cognac, établissements d’enseignement agricole…) ont décidé de s’investir dans une « mallette pédagogique ». Sa conception a réclamé pas mal de temps et a suscité une forte implication des services de la Chambre, notamment de Sandrine Cazaux, ingénieur agronome chargée de la communication et de l’événementiel. Fin juillet 2009, la mallette était prête. Sous la forme d’une véritable valisette rigide (32 cm x 24), elle renferme une série de supports pédagogiques à destination des enseignants. Son objectif ? Que les professeurs des collèges s’en emparent pour faire découvrir les métiers agricoles à leurs classes et que cette mallette leur facilite la tâche. Les concepteurs se sont appuyés sur le thème de la BD – festival d’Angoulême oblige – pour rendre l’outil à la fois ludique et pédagogique. Sous son intitulé « Charente confidentiel », la mallette propose toute une série d’outils pour partir sur la trace des métiers de l’agriculture : quiz, devinettes, anagrammes, mimes, dessins… Un DVD, baptisé « enquête sur le salariat agricole », accompagne l’ensemble. Le film qui, visuellement, tire plutôt vers l’univers de Dashiell Hammet, auteur de romans noirs du New York des années 50, se joue des contrastes, entre graphisme de la bande dessinée et paysages virgiliens de la Charente. Il dure une dizaine de minutes et donne la parole à des jeunes en formation agricole, à leurs enseignants, à des employeurs de main-d’œuvre, à des agriculteurs. Très réussi. La mallette contient une dizaine de fiches métiers (céréales, viticulture, vaches laitières…) où est présenté, de manière synthétique, l’environnement technique et économique des différentes activités. Enfin, l’offre se complète par les plaquettes de l’enseignement agricole, public comme privé.

un accueil très chaleureux

Françoise Guindant confirme avoir reçu, de l’ensemble des proviseurs, un accueil très chaleureux. Avec son « binôme » – un horticulteur – elle a personnellement rencontré 14 chefs d’établissement, sur un nombre total de collèges qui s’élève en Charente à 46, entre public et privé (hors établissements agricoles). « Au départ, raconte-t-elle, la Chambre d’agriculture nous a remis une liste de tous les collèges de Charente et chacun des participants a choisi ses points de chute, en fonction de son lieu de résidence, ses affinités… Nous avons pris les contacts nous-mêmes. » Françoise Guindant et son binôme sont allés à Rouillac, Jarnac, Barbezieux. Ils ont « fait » tout Angoulême, public comme privé. Autant dire qu’ils ont goûté à toutes les ambiances, du collège rural à l’établissement scolaire d’hyper centre. Les porte-parole du monde agricole n’avaient pas vocation à rentrer dans les classes mais seulement à rencontrer l’équipe de direction, pour lui présenter la mallette. Parfois, ils n’eurent de contact qu’avec le proviseur. Parfois, l’équipe s’est montrée plus étoffée : proviseur, proviseur adjoint, gestionnaire, enseignants ou responsable du centre de documentation. « Dans certains collèges à Angoulême nous eûmes jusqu’à cinq personnes en face de nous » se souvient F. Guindant. « Au départ, les chefs d’établissement manifestaient parfois une certaine réticence. Ils acceptaient de nous recevoir mais pensaient que les filières agricoles ne concernaient pas vraiment leurs élèves car d’un trop faible niveau. Nous leur avons expliqué que les Bac pro agricole recelaient de belles opportunités. En définitive, c’est souvent avec ces gens-là que les rencontres furent les plus belles. » Si l’entretien durait en moyenne une demi-heure voire un peu plus, certains ont dépassé allégrement l’heure et demie. Au-delà du couple formation/métier, des questions fusaient sur l’actualité agricole, la crise laitière, l’économie du Cognac… « Nous avons perçu une véritable attente, oui une attente » constate Françoise Guindant. « Les proviseurs étaient contents de pouvoir élargir leurs panels de propositions à l’égard de leurs élèves. » Un certain nombre d’entre eux ont même réclamé une intervention ultérieure. Des engagements furent pris concernant une participation à un forum des métiers, la fourniture d’adresses d’agriculteurs pour la découverte des métiers en 4e et 3e… Françoise Guindant mentionne également un bon retour de satisfaction sur le matériel pédagogique mis à disposition. « Avec leur côté plastifié, les fiches sont perçues comme facilement manipulables. Globalement, le matériel est plébiscité. »

une sensibilisation par la chambre

En juillet 2009, avant de se mettre en mouvement, les « ambassadeurs métiers » avaient bénéficié d’une demi-journée de sensibilisation avec Daniel Carnesciali, chef de service « Formation et développement territorial » de la Chambre d’agriculture 16. Puis ils avaient rencontré l’inspecteur d’académie, supérieur hiérarchique des proviseurs de collège. Au cours du printemps, une nouvelle rencontre est prévue avec l’inspecteur d’académie, pour qu’un bilan soit tiré de l’opération. Même s’ils ne sont pas décideurs en la matière, les référents agricoles suggèrent une évolution au fil du temps de la mallette pédagogique « afin qu’elle ne reste pas au fond des placards ». Une nouvelle étape est d’ores et déjà prévue. Une équipe de jeunes agriculteurs va rebondir sur le travail accompli en proposant des visites supplémentaires dans les établissements. Leur approche sera encore plus ciblée sur l’enseignement agricole. Pour ce faire, ils s’appuieront sur une mallette pédagogique élaborée au niveau national.

Au final, Françoise Guindant parle d’une expérience « vraiment extraordinaire, très participative ». Elle signale que ses collègues et elle-même ont « mis un point d’honneur à ne pas faire affleurer leur appartenance à tel ou tel système d’enseignement agricole, pour ne pas fausser la perception des chefs d’établissement. »

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