Champagne et bourgogne au patrimoine de l’UNESCO

3 août 2015

Les « coteaux, maisons et caves de Champagne » ainsi que les « climats » du vignoble de Bourgogne viennent d’être inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco. Après une dizaine d’années de dur labeur, les deux régions ont réussi début juillet 2015 leurs examens de passage devant la Convention internationale réunie à Bonn, en Allemagne. Une reconnaissance de l’existant mais aussi un gage de préservation et de valorisation pour le futur. En Champagne, ce sont les caves et le savoir-faire autour du produit autant que les paysages qui ont été mis en avant. Les « climats » bourguignons – le Montrachet, la Romanée-Conti, le Chambertin, les Cailles… – représentent l’autre nom de ces parcelles (au nombre de 1 247 sur le territoire) qui marquent l’interaction de l’homme avec son environnement naturel, la côte viticole de Bourgogne. Que ce soit en Champagne ou en Bourgogne, l’alchimie entre vigne et patrimoine bâti (les Crayères dans la région de Reims) a modelé paysages, villes et villages.

La candidature de Cognac au Patrimoine mondial de l’Unesco n’est plus une chimère. Elle commence à prendre une forme tangible. Les Charentais sauront-ils la porter ? On peut faire confiance à leur entregent. Maintenant, reste à souhaiter qu’ils sachent protéger avec suffisamment de conviction leur patrimoine naturel dans une vision à moyen terme. Car dans une région où les installations classées (chais de vinification, chais de stockage, distilleries) sont à peu près « à toutes les portes », les normes environnementales et autres prescriptions incendies ont tendance à « tapisser le paysage », au sens propre comme au sens figuré. Si le corps des pompiers appelé à les mettre en œuvre est éminemment respectable, a-t-il vraiment vocation à s’occuper d’aménagement du territoire ? Or, à défaut de volonté politique (de volonté tout court), c’est ce qui semble se dessiner aujourd’hui. Les clés de l’améganement sont remises à des techniciens, certes intègres et d’excellente volonté, mais dont ce n’est pas le métier, qui ne sont pas formés pour ça. Le vrai problème d’ailleurs n’est pas tant là que dans un déficit de contre-pouvoirs, tout au long de la chaîne décisionnelle : permis de construire instruits de manière assez opaque par des fonctionnaires dont on ne sait pas trop s’ils relèvent de l’autorité des maires (pour lequel ils travaillent par délégation) ou de leur administration (les directions départementales du territoire) ; des règles d’urbanisme d’une complexité sans nom, à croire que c’est fait exprès ; des architectes des Bâtiments de France censés favoriser l’intégration paysagère des bâtiments neufs mais trop souvent bâillonnés par des règles tatillonnes (les fameux 500 mètres d’un bâtiment historique, église, château…). En dehors de ces périmètres protégés, ils ne peuvent intervenir que « s’ils sont sollicités » et leurs conseils sont délivrés… sans obligation de les suivre. A partir de là ! Et que dire de l’autocensure des viticulteurs eux-mêmes qui craignent autant le regard du voisinage – « On va me prendre pour un fou si je dis que ce bâtiment enlaidit la vue » – que le retour de bâton, au cas où ils devraient eux-mêmes construire. S’y ajoute le sacro-saint droit de propriété auprès duquel la notion d’intérêt général fait bien pâle figure. Un concept de doux dingues voire d’arriérés mentaux ! C’est de cette façon que tout doucement, à bas bruit, se détricote un paysage, s’érode une certaine idée de l’harmonie avec son environnement immédiat. Certes, existeront toujours des réservoirs de beautés naturelles, mer, montagne, comme il existe des réserves d’Indiens. Il paraît que c’est pour ça que les gens achètent des villas en bord de mer, des chalets en montagne. Mais le plaisir simple de pousser sa porte et de s’extasier sur un mur de pierre, un groupe d’arbres au fond de la vallée, une parcelle de vigne à flanc de coteau, où se nichera-t-il demain quand les prescriptions ICPE et les aides de l’Europe auront hérissé la campagne de bâtiments « aux normes » ?

Loi Evin

Le vendredi 10 juillet a été définitivement adoptée la loi Macron et, avec elle, l’article 62 ter résultant de l’amendement loi Evin. Cet article, issu d’un travail conjoint entre parlementaires et services de l’Etat, clarifie la loi Evin. Le domaine de la publicité ne change en rien. Pas d’assouplissement en vue. Par contre, en termes journalistiques et rédactionnels, les risques de requalification s’amenuisent. Dorénavant, dans une émission culinaire, il sera possible de parler des accords mets-vins. Départements ou régions pourront faire la promotion de l’œnotourisme sans que leurs services juridiques y mettent leur veto. « C’est une vraie avancée » confirme Joël Forgeau, président de Vin & Société. Voilà un peu plus de deux ans que l’association qui défend « une consommation responsable du vin » portait le dossier. Avec l’appui des parlementaires, députés et sénateurs, la filière viticole a été entendue. « Ce fut un beau combat » indique Catherine Quéré, présidente du groupe Vin à l’Assemblée nationale. Avec ses collègues bordelais Gilles Savary (député), Gérard César (sénateur) et de nombreux autres, elle s’est retrouvée en pointe dans cette bataille. Pour Joël Forgeau, le prochain enjeu s’appelle « repères de consommation ». Comme il existe le slogan « 6 fruits et légumes par jour », la filière viticole souhaiterait pouvoir livrer aux Français des repères de consommation. « On ne peut pas parler de consommation responsable sans indiquer les bornes à ne pas dépasser » relève le président de Vin & Société. Surtout que ces repères existent déjà. Ce sont ceux définis par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) repris par le Plan national nutrition santé du ministère de la Santé : les fameux 2/3/4/0 (deux verres maximum par jour pour les femmes, trois verres maximum par jour pour les hommes, quatre verres maximum en une seule occasion, un jour d’abstinence par semaine). Il s’avère que neuf personnes sur dix ignorent tout de ces valeurs. Vin & Société aurait bien aimé que l’Etat, à travers l’INPES (Instut national de prévention et d’éducation pour la santé), se charge de relayer le message, gage de moyens et d’efficacité. Fin de non-recevoir. Qu’à cela ne tienne ! La filière a décidé d’assumer seule la communication. « La population nous estime légitime pour le faire », indique Joël Forgeau. Ainsi, en fin d’année, un slogan devrait-il apparaître. Vin & Société travaille aujourd’hui à son écriture.

Décès d’Alain Jougla

Il avait 70 ans. Un cancer a emporté trop tôt Alain Jougla, directeur du département juridique du BNIC de 1989 à 1999. En Occitannie, sa région d’origine, Jougla signifie jongleur, baladin. A coup sûr, Alain Jougla n’était ni un jongleur ni un baladin. Professionnellement, il possédait la rigueur et le sérieux de son corps d’Etat, la Direction générale des Impôts et des contributions indirectes. Mais oui, il tenait du baladin pour la facilité de rencontre, la gentillesse, la bonhomie, l’humour, l’humeur égale, l’impression qu’il vous laissait d’être toujours la bonne personne avec qui, justement, il souhaitait s’entretenir. Alain Jougla ou le rayonnement d’une vive intelligence chez un homme d’une profonde humanité. « L’homme le plus honnête, le plus modeste, le plus droit que je connaisse », témoigne Jacques Fauré, directeur de l’interprofession du Cognac à la même période. Expressions similaires chez ses collaborateurs de l’époque : honnêteté, droiture. Inspecteur principal des impôts en Charente-Maritime, notamment chargé de superviser les services du Cognac et de la viticulture, Alain Jougla arrive à Cognac au début des années 90, sollicité par les professionnels et son administration. En bon juriste, il ne présente pas les choses telles qu’il voudrait qu’elles soient mais telles qu’elles sont, en ménageant à la filière sa part de libre arbitre. « Je pense qu’il a su admirablement faire le lien entre les nécessités de l’Administration et les intérêts des professionnels du BNIC », se souvient un de ses proches. Pour ses équipes, il est un parfait pédagogue, soucieux de transmettre et de faire progresser. Ce souci des autres, il le manifestera en 1999. Une réduction des effectifs touche alors le BNIC. Alain Jougla, comme Jacques Fauré, préfère se retirer, lui qui peut réintégrer son administration. Pour deux années, il occupera les fonctions de conservateur des hypothèques. Alain Jougla est décédé le 28 juin dernier à La Chapelle-des-Pots. Un drame l’avait beaucoup affecté ces dernières années, la mort brutale de sa fille, en de douloureuses circonstances. Alain Jougla reposera près d’elle, dans la région de Béziers. Nous transmettons à son épouse Bernadette et à ses fils nos plus sincères condoléances.

A lire aussi

Du 15 au 30 juin, ce sont les journées de lutte contre les ambroisies

Du 15 au 30 juin, ce sont les journées de lutte contre les ambroisies

Le Ministère du Travail , le Ministère de la Santé et des Solidarités et l’Observatoire des Ambroisies - FREDON France rappellent l’importance des conséquences néfastes de ces espèces envahissantes et allergisantes. Pour rappel, l’Ambroisie à feuilles d’armoise...

BA 709 : 90 ans d’Armée de l’Air et pas une ride

BA 709 : 90 ans d’Armée de l’Air et pas une ride

C’est en 1938 que, sous l’impulsion du maire de Cognac Paul Firino Martell, le terrain d’aviation militaire de Châteaubernard voit le jour. Une idée novatrice pour l’époque : l’aviation militaire, bien que déjà développée depuis la première guerre mondiale, n’était...

error: Ce contenu est protégé