Chambre d’agriculteure 16 Bureau d’études bâtiment : Une prestation complète

7 janvier 2015

Depuis juillet 2013, le bureau d’études bâtiment de la Chambre d’agriculture 16 propose une prestation complète pour la conception et la réalisation de bâtiments agricoles. Cela va de l’esquisse du projet au dépôt du permis de construire en passant par la consultation des entreprises, le suivi de chantier. Une démarche innovante qui repose sur une convention de co-traitance avec un architecte DPLG d’Angoulême, Olivier Guedo. Interview de Stéphane Bireau, conseiller Bureau d’études bâtiment de la Chambre et partie prenante de cette nouvelle dynamique.

 

 

p26.jpgQuand avez-vous pris vos fonctions ?

Après une période de tuilage de plusieurs mois, j’ai succédé en 2013 à Jacques Mou-nier, parti à la retraite. Au cours de l’année, la Chambre a procédé à une modernisation des outils. Le bureau d’études s’est équipé pour rendre des plans en 3 D ainsi qu’en images de synthèse. Voir le bâtiment dans l’espace, pratiquer l’insertion paysagère…autant de moyens qui aident à mieux appréhender le projet mais qui facilitent aussi l’instruction du permis de construire. Quand nous rencontrons les architectes des Bâtiments de France, ils apprécient tout de suite l’incidence du bâti dans son environnement. Même chose pour la salle de vente d’un viticulteur ou d’un éleveur. Par rapport à la position du bâtiment, on visualise à l’heure près quand la zone d’accueil sera au soleil ou à l’ombre. Après cette mise à niveau, nous sommes allés plus loin.

Qu’entendez-vous par là ?

J’avais senti une forte demande des agriculteurs pour une prestation complète, allant de l’ingénierie du bâtiment jusqu’à sa réalisation finale. Les professionnels sont immergés dans leurs tâches. Ils ont peu de temps à dégager pour s’occuper de dossiers lourds, très chronophages. Jusqu’à maintenant, le Bureau d’étude bâtiment de la Chambre s’arrêtait au dépôt du permis de construire. Pourquoi ne pas aller plus loin et prendre en charge d’autres aspects, tel que la consultation des entreprises, le suivi de chantier, l’aspect « assurances décennales »… J’ai sollicité les élus de la Chambre qui ont accepté. Restait à trouver un partenaire architecte car nous n’avions pas la capacité de conduire seul cette mission. Olivier Guedo, architecte DPLG à Angoulême, a accepté de jouer le jeu. C’est quelqu’un « qui ne construit pas que des maisons » mais qui connaît bien la pro-blématique des bâtiments professionnels. Par ailleurs, il a complété son diplôme d’une option juridique très intéressante pour nous. Durant plusieurs mois, nous avons travaillé ensemble à la définition d’un contrat qui pourrait s’adapter à notre nouveau partenariat. En nous inspirant des conventions mises au point par l’Ordre des architectes, nous sommes tombés d’accord sur la notion de co-traitance. Comme son nom l’indique, la co-traitance repose sur une participation croisée, un double regard. Nous, Chambre d’agriculture, possédons une connaissance technique du projet, des besoins et des contraintes liées à l’activité. En tant que bureau d’étude, nous initions la démarche, la mettons en œuvre dans un premier temps. L’architecte, lui, va valider les plans, s’assurer du bon dimensionnement du bâtiment, des techniques de construction, des relations de chantier. Il agit comme mandataire, autrement dit comme superviseur du projet.

De ce montage, quel bénéfice en retire l’agriculteur ?

Comme déjà dit, cette prestation « clé en main » lui simplifie la vie, en le délivrant de tâches qu’il n’a pas l’habitude de maîtriser, administratives et autres. Mais c’est aussi un gage d’efficacité et de sécurité. Quand nous sollicitons les entreprises, chacune reçoit le même descriptif des travaux, un cahier des charges identique, précis et détaillé (commande béton…). La mise en concurrence s’en trouve facilitée. En général, participent à l’appel d’offres des entreprises repérées par nous mais aussi des entreprises locales, recommandées par l’agriculteur. La démarche est transparente. Les réunions de chantier avec l’architecte permettent de s’assurer de la conformité aux plans. Nous collectons toutes les assurances profes-
sionnelles (assurances décennales), ce qui ne va pas forcément de soi. Et pourtant, en cas de sinistre, de quel recours disposera le maître d’ouvrage si l’entreprise a déposé le bilan, l’artisan pris sa retraite ?

Cette prestation de co-traitance génère un surcoût.

Je ne dirais pas exactement cela. Disons que c’est la différence qui existe entre une matière première et un plat cuisiné. C’est normal que le plat cuisiné ne soit pas vendu au même prix. A ce jour, 80 % des dossiers que nous traitons ont choisi la formule de la co-traitance, c’est-à-dire de la prestation complète.

En tant que bureau d’étude, est-ce que cela change vos relations avec les
agriculteurs ?

Non, pas du tout. C’est toujours le facteur humain qui intervient en premier. Pour tout projet, je rencontre toujours l’agriculteur sur place pendant une demi-journée, à titre gracieux. Nous réfléchissons ensemble, j’écoute ses propositions, émet les miennes. L’accompagnement a lieu avant le lancement du projet et une fois le dossier réalisé, souvent en association avec le technicien agricole ou viticole du secteur.

Comment voyez-vous l’évolution de votre activité en 2015 ?

J’aimerais intégrer une dimension « aménagement intérieur » des bâtiments. C’est déjà en partie le cas mais je souhaiterais présenter de manière plus systématique cette proposition. C’est bien de faire une belle « boîte vide ». C’est mieux de peaufiner sa fonctionnalité.

Est-ce que beaucoup de Chambres d’agriculture ont intégré cette composante « clé en main » de la conception et réalisation des bâtiments agricoles ?

Je ne le pense pas. Il y en a peut-être deux ou trois autres en France, plutôt dans le Nord.

Bio
Agé de 46 ans, Stéphane Bireau a d’abord travaillé à l’ADASEA où il s’est occupé d’installation, de pré-retraite, d’environnement, d’économie. Puis en 2009, il rejoint la Chambre 16, après la dissolution des ADASEA. Il s’est formé aux techniques de construction des bâtiments ainsi qu’au dessin industriel avant de prendre la responsabilité du Bureau d’études. Il continue d’améliorer ses compétences par des formations continues.

Co-traitance, la norme dans les métiers du bâtiment

Si la notion de co-traitance fait figure d’exception pour la réalisation de bâtiments agricoles, elle est usuelle dans le monde du bâtiment. « Nous fonctionnons pratiquement toujours de cette façon. Sur beaucoup de chantiers, je travaille en équipe avec un ingénieur béton, un ingénieur fluides… » indique Olivier Guedo, l’architecte DPLG partenaire de la Chambre d’agriculture de la Charente.

Entre co-traitance et sous-traitance, quelle différence y a-t-il ? La principale ligne de partage a trait au paiement. Dans la co-traitance, chacun est payé en direct par le client. Par exemple, la Chambre d’agriculture va établir sa propre facture et l’architecte la sienne. Si la Chambre d’agriculture était sous-traitante de l’architecte, ce dernier recevrait l’intégralité des honoraires avant d’en rétrocéder une partie à la Chambre, en tant que bureau d’étude. Interfère aussi la notion de responsabilité. Chaque co-traitant délivre son attestation d’assurance. Par ailleurs, en cas de défaillance de l’un d’entre eux, les autres sont solidairement responsables. Et qui reste maître d’œuvre ? C’est toujours le client, unique donneur d’ordre même si l’architecte, en sa qualité de mandataire, joue le rôle de chef d’équipe.

La viticulture en pointe

Le Bureau d’études bâtiments de la Chambre 16 travaille pour tous les secteurs d’activité (élevage, grande culture, activité équestre…) mais, incontestablement, les dossiers viticoles virent en tête. Sans doute l’effet FranceAgriMer (aides aux investissements) mais aussi les mises aux normes (plateforme de lavage, chais de stockage…). Et ce n’est pas fini. En élevage par exemple est annoncé pour la période 2015-2020 un nouveau Plan de compétitivité pour les vaches allaitantes en zones vulnérables, avec bien sûr mises aux normes à la clé. En viticulture, les chais de stockage vont passer sous une nouvelle rubrique ICPE. Plus contraignante, moins contraignante ? On n’en sait rien encore.

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