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L’adaptation aux changements de cycles

27 février 2009

Située en Fins Bois où l’effet d’accordéon se fait souvent sentir, la Cave du Liboreau n’a d’autres choix que de s’adapter aux circonstances. Elle le fait avec pragmatisme et sens des responsabilités.

jean_yves.jpgLe Cognac va mieux, comment ne pas en être satisfait. Mais cela signifie aussi que des arbitrages se rendent et qu’il faut les gérer. Jean-Yves Marilleau et son conseil d’administration ont pris le parti du pragmatisme mâtiné d’un fort sens des responsabilités. En clair, ils maintiennent le cap mais acceptent d’arrondir les angles. Pas l’ombre d’un dogmatisme dans tout cela. L’activité de prestations de services en constitue un bon exemple. En 2005 par rapport à 2004, la rubrique « prestations de service » a augmenté au Liboreau. Conséquence directe de la demande des grandes maisons, le volume d’Ugni blanc vinifié « à façon » par la Cave a progressé de 13 % en volume et de 21 % en alcool pur. « Une rapide enquête nous a démontré que notre prix de vinification était en adéquation avec ce qui se pratique dans la région. Nous sommes dans la course » a indiqué le président de la coopérative. Ainsi des caves particulières ont-elles confié à la Cave du Liboreau la vinification de leur récolte, pour des raisons diverses et variées : renouvellement du matériel, mise au norme, traitement des rejets, problèmes de main-d’œuvre…Pour la Cave, c’est une manière de pouvoir amortir ses investissements. Elle réfléchit également à diminuer l’engagement coopératif de dix ans, qui peut constituer un frein pour certains viticulteurs. « Nous devons travailler sur une formule plus souple qui nous permettrait de commercialiser les excédents ou les hectares “hors Cognac” dans le nouveau système d’affectation, mais avec un engagement beaucoup plus court. »

La coopérative ne se contente pas de vinifier davantage de vins Cognac en prestation de service. Pour elle-même et ses adhérents, elle a négocié une relation de partenariat avec une grande maison. « Nous nous réjouissons de la bonne communication établie. »

Son sens des responsabilités lui a également dicté de diminuer la production de Pineau. Une réponse « collective » à la baisse des prix. Si J.-Y. Marilleau a souligné un effort similaire des autres coopératives, il a déploré que toutes les caves particulières n’impulsent pas le même mouvement. En ce qui concerne la production de vins et notamment de vins de pays, la Cave a fait preuve de prudence. Sur 2005, elle s’est positionnée en baisse par rapport à 2004. Non qu’elle ne croie plus aux vins de bouche mais la crise générale impacte négativement la marge de la coopérative. Reste que le président a soutenu une vision à moyen terme. « Même si les marchés du Pineau et des vins semblent marquer le pas, ne considérons surtout pas la vigne comme une rotation céréalière. On ne plante pas pour cinq ou dix ans. La diversité fut notre force par le passé. Faisons le dos rond et continuons nos efforts. L’avenir nous prouvera que la continuité dans nos choix est la solution gagnante. Dans ce contexte, le message de qualité est plus que jamais de rigueur. C’est en tirant nos produits vers le haut que nous diminuerons l’impact de la crise sur notre entreprise. »

La cave en chiffres

En 2004-2005, la Coopérative du Liboreau a reçu l’apport de 278 ha, une surface stable car la baisse des surfaces aptes à la production de Cognac (- 5 %) est compensée par celles destinées aux vins de pays (+ 2,5 % pour les blancs et + 11 % pour les rouges). Lors des vendanges 2004, la Cave a vinifié 31 600 hl, un volume record puisque la moyenne sur cinq ans se situe plus près des 26 000 hl. Sur l’exercice 2004-2005, le chiffre d’affaires a atteint 1,6 million d’€, en progression de 18 %. Une bonne performance surtout due à la partie Cognac (+ 7 %) et à la progression de la part export (+ 4 %). Les résultats s’avèrent un peu moins satisfaisants au niveau de la marge, en recul de 5 à 6 % pour cause de prix tendus. La dotation d’amortissement consécutive à la reconstruction des bâtiments incendiés il y a onze ans se solde par 110 000 € tous les ans. Une somme que la Coopérative « traîne comme un boulet » mais qui va bientôt trouver son terme. Le crédit-bail sur une partie du bâtiment s’achève en 2010. « On entrevoit la fin. » Par volonté délibérée du conseil d’administration, la Coopérative consacre depuis deux ou trois ans un budget plus significatif aux actions de commercialisation, une décision consécutive à l’arrivée de Henk Alfering comme directeur de la structure. Le sentiment qui émerge : « Nos efforts commencent à payer. »

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