Bordeaux : bernard Farges, nouveau président du CIVB

13 novembre 2013

C’est en juillet dernier que Bernard Farges a été élu président du CIVB, le Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux. Fin septembre, il a tenu une conférence de presse avec son vice-président Allan Sichel. Parmi les sujets abordés, le déficit de récolte en Gironde et la campagne d’interpellation de Vin & Société – cequivavraimentsaoulerles français.fr

 

 

p12.jpgPrésident de la CNAOC, il fut celui qui ferrailla ferme – avec le succès que l’on sait – contre la libéralisation des droits de plantation. Elu depuis 2011 à la tête de la Confédération nationale des appellations d’origine, son premier mandat de 3 ans s’achèvera en novembre 2014. B. Farges choisira-t-il de se représenter ? Il n’est pas rare que les présidents de la CNAOC exercent deux mandats successifs (possibilité d’un renouvellement accordé par les statuts). En tout cas, pour Allan Sichel (maison Sichel à Bordeaux), les choses sont claires : « Nous sommes très contents que Bernard exerce les responsabilités qui sont les siennes à la CNAOC. » Vision toute aussi limpide pour Bernard Farges : « J’évite de tirer contre mon camp (comprendre la viticulture – NDLR). En général, ce qui est bon pour le négoce et mauvais pour la viticulture ne dure pas longtemps. Nous sommes embarqués dans le même bateau. A Bordeaux, les deux familles travaillent ensemble, avec les difficultés normales du quotidien. »

Une viticulture sinistrée

De difficultés, il n’y en a pas eu quand il a fallu mettre en place une mesure jamais utilisée en Gironde : l’achat de vin par les viticulteurs sinistrés. Les violents orages de grêle de fin juillet ont touché 22 000 ha de vignes dont 5 000 ha détruits entre 80 et 100 %. Au sein du CIVB, la Fédération du négoce, présidée par A. Sichel, a accepté sans problème que les viticulteurs détenteurs d’une marque spécifique puissent s’approvisionner sur le marché vrac pour sauver leur circuit de distribution. Une main tendue dans un contexte de resserrement des volumes (et donc de prix potentiellement à la hausse). En Gironde, on estime à 20-30 % le déficit de récolte de cette année (au moins 1 million d’hl vol. dont 300 000 hl vol. dus à la seule grêle). Régions les plus touchées : Entre-deux-Mers, Côtes de Castillon, Côtes de Bordeaux. Peut-on dire que les conditions d’un déséquilibre sont réunies à Bordeaux ? Après avoir souffert de stocks pléthoriques, la première région viticole de France va-t-elle connaître une situation de pénurie ? Même si la région s’attend à une légère inflation des cours – « sans réel effet sur le prix des bouteilles » dit-on – elle compte sur la libération des réserves pour sauver l’équilibre. Sans nier les difficultés : « de toute façon, ce sera compliqué ». Objectif pour 2014 : « ne pas se couper de nos marchés ».

L’assurance récolte, un vrai sujet

Pour l’interprofession bordelaise et son président Bernard Farges, la question de l’assurance récolte va constituer un vrai sujet au cours de la campagne. « L’interprofession sera moteur sur le sujet de l’assurance multi-risques grêle, gel, coulure » assure-t-on cours du XXX-Juillet. « Idéalement, une assurance obligatoire serait la plus efficace mais, pour l’instant, les textes ne le prévoient pas. » Question : peut-on faire bouger les textes ? Le ministre de l’Agriculture, venu à Grézillac, a évoqué l’idée d’une expérimentation dans certaines régions.

Tels deux frères siamois, Bernard Farges et Allan Sichel partageaient le même « dress code » le jour de la conférence de presse au CIVB : pantalon, blazer et polo (sous le blazer). A mi-parcours, ils ont joué les effeuilleuses. Plus prosaïquement, ils tombèrent la veste pour mettre en évidence leur polo siglé cequivavraimentsaoulerlesfrançais.fr. C’est le nouveau message sanitaire – oups ! protestataire – de Vin & Société.

Il s’agit de réagir à des menaces précises de durcissement des mesures anti-vin (voir article ci-contre). A la veille de discussions importantes au Parlement, Vin & Société a lancé une campagne d’interpellation : cequivavraimentsaouler… « Nous ne pouvons pas laisser dire que le vin est nocif pour la santé » s’est insurgé le président du CIVB. A Bordeaux comme dans de nombreuses régions françaises, l’économie du vin fait vivre 50 000 personnes (500 000 sur la France entière). La demande de la filière ? Entamer un vrai dialogue avec les pouvoirs publics. Quitte à les provoquer avant.

Bordeaux en chiffres
l Vignoble : 120 000 ha
l Viticulteurs : 7 055
l Maisons de négoce : 300
l Caves coopératives : 38
l Courtiers : 95
l Exportations : 2,63 millions d’hl vol., pour une valeur de 2,21 milliards d’€.
l Principaux marchés :
– en volume : Chine, Allemagne, Belgi-que, Royaume-Uni, Japon, Etats-Unis ;
– en valeur : Royaume-Uni, Chine, Hong-Kong, Etats-Unis, Suisse, Allemagne.

 

 

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