Bassin Charentes-Cognac : Les vins de base mousseux demandent 400 HA, le cognac rien

25 mars 2015

Année 2015 transitoire où les vins sans IG, comme les IGP et AOP, peuvent demander des contingents de droits de plantation, dans la perspective du nouveau régime d’autorisations de 2016. Qu’allait faire le Cognac, lui qui, avec son Business plan, se prononçait il y a quelques mois sur la nécessité de planter, vite ? Il jette l’éponge, passe son tour. Les Vins de base mousseux demandent, eux, 400 ha, histoire d’envoyer un « signal fort » à la viticulture charentaise et aux metteurs en marché.

p6.jpgLes bassins viticoles français (au nombre de dix) ont jusqu’à la mi-avril pour communiquer leurs intentions de planter ou de ne pas planter des vins sans indication géographique (VSIG) sur l’année 2015. Le bassin Charentes-Cognac a devancé l’appel. Le 26 février après-midi, il fut le premier à se réunir. En matinée, la Fédération des interprofessions – qui rassemble toutes les filières (Cognac, Pineau, Vins de pays charentais, vins et moûts des Charentes) – avait tenu ses assises, abordées en amont. Résultat ! Devant les autorités de tutelle (Agriculture, Économie & Finances), les professionnels ont présenté leurs souhaits. Même si la surprise ne fut pas totale car des bruits de couloir avaient filtré, apprendre que la filière Cognac ne demandait rien a quand même suscité un certain questionnement. Une explication de texte était nécessaire. Jean-Bernard de Larquier, président du BNIC depuis le 18 novembre dernier, s’est plié à l’exercice sans stress apparent. Avec naturel.

« En 2008, a-t-il rappelé, le premier Business plan Cognac nous disait que notre vignoble était bien dimensionné. En 2012, sa réactualisation s’était accompagnée d’une préconisation, celle de faire croître le vignoble d’1,5 % par an pendant 7 ans, pour atteindre 8 000 ha, avec indicateurs de pilotage à la clé. Puis le principe d’une remise à plat du Businnes plan tous les trois ans, à chaque nouvelle mandature du BNIC, fut acté. Cela nous a conduits, fin 2014, à refaire tourner notre outil de pilotage. Plusieurs éléments comme le niveau des sorties, le taux de couverture du stock selon différents comptes de vieillissement, le mix qualités indiquent que l’on peut attendre encore un peu. L’urgence à planter est deve-nue moins prégnante. Ce qui nous importe le plus aujourd’hui, c’est de dynamiser le renouvellement du vignoble existant. Pour cet ensemble de raisons, Cognac ne sol-
licite pas l’obtention de droits de plantation en 2015. »

La prime aux indicateurs économiques

Philippe Coste (Cognac Meukow), vice-président de l’interprofession Cognac, a apporté son éclairage : « Depuis 2003 et le lancement, par Bernard Guionnet, de l’outil d’aide à la détermination du rendement Cognac, notre filière a manifesté un attachement sans faille aux indicateurs économiques, qui doivent primer sur tout « sentiment de marché ». Aujourd’hui, nous ne réagissons pas au recul des ventes de
– 4 % en 2014 mais à des indicateurs plus fins comme le taux de renouvellement du vignoble, en hausse, ou une structuration du stock qui évolue. Cette position commune du négoce et de la viticulture de temporiser au sujet des plantations nouvelles reflète une vision réaliste des choses. On ne peut que s’en féliciter. Je remercie nos autorités de tutelle de partager avec nous cette approche très économique de notre activité. »

Une demande de 400 ha

Président du CIMVC et, à ce titre, représen-tant de l’autre filière Vins sans indication d’origine du Bassin Charentes-Cognac, Xavier Latreuille a alors pris la parole. Pour dire que les Vins de base mousseux demandaient cette année 400 ha de droits, 300 ha de cépages Ugni blanc et Colombard et 100 ha de cépages autres. « Avec une progression de + 30 % en 10 ans, a-t-il souligné, les vins effervescents font actuellement partie des créneaux les plus porteurs du secteur viticole. »

Le CIMVC, à l’instar du BNIC, avait lui aussi fait réaliser un Business plan : une première mouture il y a deux ans, réactualisée cette année. Xavier Latreuille a évoqué une demande à terme de 3 000 à 3 500 ha pour alimenter les besoins des metteurs en marché. Dans ces conditions, les 400 ha sollicités cette année font office de « mise en bouche ». Mais la démarche est tout sauf anecdotique. « Il est nécessaire de débuter le processus, renvoyer un signal fort à nos interlocuteurs, montrer que nous sommes capables de mobiliser des volumes. »

Il faut dire que la filière vin de table/vin de base mousseux revient de loin. « Depuis dix ans, on est mort sur le terrain des vins de base mousseux, reconnaît sans ambages le président du CIMVC. Alors que nos installations existent, que la qualité Charentes est reconnue de nos acheteurs, nous ne sommes pas capables de livrer les quantités nécessaires. »

Xavier Latreuille le sait ! La filière est attendue sur sa capacité à organiser le cloisonnement des volumes. D’ailleurs, au niveau français, l’attribution des droits VSIG va être subordonnée à l’engagement du demandeur à ne pas quitter le créneau des Vins sans indication d’origine, par contrats privés entre acheteurs et vendeurs. L’enjeu n’a pas échappé au président du CIMVC : « Dans les prochains jours, nous allons peaufiner tous les éléments de ces contrats pluriannuels, afin de s’assurer que toutes les surfaces restent bien dans la filière vins de base mousseux » (voir interview pages 8-9).

 

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