Atelier Hafner, tapisserie-sellerie : « si ça se pique, si ça se cloue … »

7 janvier 2015

Après « savoir-faire », et « talent », c’est le mot « curiosité » qui vient à l’esprit lorsque l’on rencontre Philippe Hafner, une curiosité qui l’a amené à ajouter bien des cordes à son arc…

p39.jpg« Je n’exerce un métier d’art que depuis 2003, sourit Philippe Hafner, quand la tapisserie d’ameublement s’est retrouvée sur la liste… avant, pendant presque 20 ans, j’étais artisan et ça ne gênait pas… »

Il le reconnaît, la région Poitou-Charentes fait de gros efforts pour promouvoir les métiers d’art, les sites web de la Mission régionale ou de la Chambre des métiers entre autres sont générateurs de contact… « mais la réalité économique est là et si je n’avais pas mis le nez en dehors de ma spécialité, j’aurais eu de gros soucis de chiffre d’affaires… »

Philippe Hafner a donc allégrement bousculé les critères qui définissent son métier, « …mais en gardant toujours mon regard de tapissier, en conservant le beau geste et en respectant les choses qui m’étaient confiées. J’ai eu le bonheur de suivre l’enseignement de l’Ecole Boulle pendant 6 ans : 45 h de cours par semaine, un programme extrêmement diversifié qui allait bien au-delà du seul apprentissage à la tapisserie. » Et lorsqu’il est sorti de son métier d’origine, grâce à cette solide formation, il maîtrisait déjà les bases théoriques dans d’autres domaines… C’est vers la plaisance et les bateaux qu’ils s’est tout d’abord tourné, en réalisant des équipements sur mesure, toutes les selleries intérieures, les selleries extérieures parfois. Cette incursion dans le monde de la plaisance lui a même permis de travailler sur l’Hermione, avec l’atelier Asselin, les restaurateurs en patrimoine.

Le bouche à oreille a vite fonctionné et les plaisanciers à la recherche d’un certain niveau de qualité se sont repassé l’adresse de son blog. Car cet homme de tradition est aussi un utilisateur averti de la toile. « C’est internet qui m’a permis de décoller, raconte-t-il. Depuis Tonnay-Charente, ça n’est pas évident de se faire connaître et j’ai longtemps végété, jusqu’à ce que je crée mon blog, alors que j’étais encore en bas débit. » Les progrès du réseau l’ont encouragé à persévérer, et ses clients viennent aujourd’hui de Bordeaux, Dax ou Niort, mais aussi de Bruxelles ou de Suisse.

p40.jpgMême dans le domaine de la tapisserie d’ameublement, Philippe Hafner ne peut s’empêcher de sortir du cadre. « Je suis fait comme ça, je déteste la routine et j’adore les moutons à cinq pattes… j’ai tendance à ne jamais dire non à une demande de travail ! Si ça se pique, si ça se cloue, s’il y a du tissu, je considère que c’est mon métier. » C’est ainsi qu’à côté de la multitude de sièges classiques, d’époque ou de style, qu’il crée et qu’il restaure depuis bientôt trente ans, Philippe Hafner s’est attaqué aux fauteuils de designer : des Eames par exemple, des fauteuils américains des années 50 toujours édités, « très confortables et très chers », qu’il restaure pour des clients venus de la France entière. « ça n’est pas à proprement parler un travail de tapissier, ça s’apparente plutôt à la sellerie puisqu’ils sont en cuir, comme les chaises PK 22 (PK pour Poul Kjaerholm) qui datent de la même époque et que j’ai aussi pu restaurer grâce à internet. Le travail du cuir, ça change et j’aime ça, surtout que je travaille avec une tannerie italienne qui a des cuirs magnifiques à des prix très abordables… »

Le cuir l’a tout naturellement amené à la sellerie de voiture, mais, comme tout bon tapissier, il fabrique aussi des rideaux et pose des tentures murales. Surveillez bien son blog : une nouvelle corde est toujours susceptible de venir enrichir son arc !

 

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