Anniversaire : les 80 ans de Nicholas Faith

21 août 2013

Nicholas, c’est Nicholas Faith, l’excellent auteur anglais qui, depuis 30 ans, nourrit une passion pour le Cognac. Quant à fêter son anniversaire en Charente, c’était « l’idée d’Olivier », Olivier Paultes, directeur distilleries et savoir-faire eaux-de-vie chez Hennessy. Un déjeuner organisé par la maison de Cognac au château de Bagnolet a réuni les « amis de Nicholas ». Une délicieuse parenthèse.

p27.jpgRien d’empoulé, de guindé ou de corseté au cours de ce déjeuner d’anniversaire. Nicholas Faith fut tel qu’en lui-même, léger et profond à la fois, spirituel toujours, acidulé comme ces bonbons anglais. La gentillesse, le savoir vivre oui mais avec ce côté incisif et décapant dont il ne se départit jamais et dont il lui arrive même de s’excuser, comme un gamin pris la main dans le sac… à malices. Un vrai journaliste quoi ! Car Nicholas Faith fut et reste journaliste. Spécialiste de l’économie et des finances, il fut rédacteur en chef de The Economist à Londres, travailla au Financial Times. Des livres, il en commit plus d’une vingtaine, sur les sujets très divers : les banques suisses, le marché de l’art, les locomotives, l’argent sale… C’est presque à l’âge de la pré-retraite qu’il découvre, grâce à un ami – présent à Bagnolet – le monde du vin de Bordeaux puis l’univers du Cognac. Un « wine writer » vient de naître. Mais hors des canons classiques. Certes, Nicholas Faith n’ignore rien des techniques d’élaboration, des pressoirs, des distilleries, des températures de coulage. Mais sa véritable passion, son véritable intérêt, ce sont les hommes et les femmes qui, au fil des siècles, modèlent un pays et une économie. « Nicholas connaît parfaitement les familles cognaçaises, bien mieux que nombre de Cognaçais eux-mêmes » dit de lui Pierre Szersnovicz, un ancien (pas si ancien) de la maison Courvoisier.

Pierre Szersnovicz s’est retrouvé plusieurs fois en Angleterre avec Nicholas Faith. Il pointe l’intelligence brillante, l’humour, la faculté à prendre du recul de N. Faith mais aussi sa capacité « à parler avec tout le monde ». « Il a réussi à ouvrir les portes des différentes sociétés de négoce. Ce n’est pas si facile dans un milieu où vous vous faites vite coller une étiquette dans le dos. »

Olivier Paultes, lui, se souvient d’un Nicholas Faith juge au concours des eaux-de-vie de Segonzac, immergé dans le terroir, auprès de ces bouilleurs de cru qui portent haut les couleurs du Cognac.

En Angleterre, N. Faith s’occupera pendant plusieurs années de l’International Spirit Challenge, où se côtoient master blender écossais, maîtres de chai du Cognac, de l’Armagnac, du Calvados. Plus de vingt ans après sa création, le concours demeure important pour les spiritueux.

Une chaîne d’amitiés

Quand il vient en Charentes, Nicholas Faith a plusieurs pieds à terre : à Talmont, à Cognac. Une chaîne d’amitiés entoure Nicholas Faith. Lui-même se dit « principalement un homme de silence ». Mais un silence habité, riche de toutes les expériences vécues par le journaliste-écrivain.

Comme les chats, Nicholas Faith a eu plusieurs vies. D’ailleurs, l’âge avançant, ne ressemble-t-il pas de plus en plus à un chat, sage et énigmatique.

Le style Nicholas Faith

L’auteur anglais a publié plusieurs livres sur le Cognac : un premier ouvrage intitulé tout simplement Cognac en 1987 (versions anglaise et française) ; sa réédition en 2004 (pour laquelle il obtient un prix) ; un autre livre, Classic Brandy, où figure le Cognac. Nicholas Faith prépare actuellement une nouvelle réédition de Cognac. Le style Faith ! Une écriture concise et enlevée. Extraits.

« Le père de Jacques Delamain avait épousé la fille de son patron, Isaac Ranson. Quant à Paul Roullet, il s’établit en épousant une autre fille Delamain. “Il se fait gendre” disent les paysans de Charentes. » ()

« En 1795, Jacques Hennessy épousait Marthe Martell. Dans la foulée, Jean-Gabriel Martell épouse Marie Hennessy. Les mariages d’Alexandre Castillon du Perron avec Sophie Marett, d’Antonin Renault avec Marie Delafargue semblaient annoncer, eux, la naissance de la firme Renault-Castillon. » ()

« Jacques de Varenne, de chez Augier, parent des Hennessy, était l’un des noms les plus prestigieux de la ville, un personnage charmant et distingué ; alors que Bronfman était un bandit reconverti. Ils s’entendirent à la perfection. » ()

Dans les années 60, Rémy Martin s’était imposé aussi bien sur les marchés traditionnels que d’Extrême-Orient, grâce aux efforts d’Otto Quien et ensuite d’un agent non moins légendaire, Nick Schuman, un Hollandais qui semblait tout droit sorti d’un roman de Conrad. » ()

Source : Cognac, by Nicholas Faith.

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