Gel-Visite de Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA

22 mai 2017

Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA mais aussi président du Conseil spécialisé vin de FranceAgriMer est venu se rendre compte des dégâts du gel en Charentes. Une visite, le 2 mai dernier, placée sous le sceau d’un appel solennel « à une amélioration du dispositif assurantiel ». «Face à la répétitivité des sinistres, nous ne pouvons pas nous contenter de constater les dégâts » a dit le responsable professionnel.

Il y avait eu le premier épisode de gel du 19 / 20 avril, qui avait touché de son aile glacée toute la partie septentrionale du vignoble français, de la Champagne à l’Alsace en passant par le Val de Loire, la Bourgogne, la Provence, l’Occitanie (ex Languedoc-Roussillon) pour remonter sur le Lot et Garonne, le Gers…Un temps les vignobles de la façade atlantique – Bordeaux – Cognac – purent se croire épargnés. Et puis, fatalitas !  Au petit matin du jeudi 27 au vendredi 28, les températures mortifères ont grillé les bourgeons. Un abaissement du thermomètre associé à une avance de végétation d’au moins quinze jours a eu raison d’une espérance raisonnable de récolte. « Pas comme en 1991 mais pas loin » disent les viticulteurs meurtris.

Nouveau secrétaire général de la FNSEA, président de la Commission viticole de la même formation syndicale mais aussi président du Conseil spécialisé vin de FAM (FranceAgriMer), Jérôme Despey est venu en Charentes le 2 mai dernier pour constater les dégâts mais surtout témoigner.

 

Assurance

 

Son message a été simple – « Compte tenu de l’ampleur et de la fréquence des phénomènes climatiques, on ne peut plus se contenter de rester cois. Nous devons réagir ». Et la meilleure des réactions, selon lui, passe par la couverture assurantielle. Or, aujourd’hui, a-t-il décrit, « sur les 800 000 ha de vignes que compte la France, seulement 14 % sont assurées contre la grêle, le gel, la sécheresse…(les contrats d’assurance dits multirisque climatiques – MRC – ou encore « assurance récolte » – NDLR) ». « D’où l’impérieuse nécessité de lancer un appel très solennel à l’amélioration des produits d’assurance. » Car, d’évidence, si les viticulteurs ne se précipitent pas sur le dispositif d’assurance, c’est que celui-ci présente des scories. L’amélioration, Jérôme Despey – et, à travers lui, la profession viticole – la situe à au moins deux niveaux : le seuil de déclenchement et la moyenne olympique.

 

Le seuil de déclenchement, c’est le seuil de perte au-dessus duquel le déficit de récolte est potentiellement indemnisable. Aujourd’hui ce seuil est fixé à 30 %. La communauté viticole voudrait voir ce seuil ramené à 20 %. La moyenne olympique vise quant à elle le capital assurable, déterminé à partir du « rendement historique » de l’exploitation (moyenne de rendements des cinq dernières années dont on a retiré la meilleure et la moins bonne). Or, dans des régions et sur des exploitations plurisinistrées d’une année sur l’autre, cette moyenne olympique à tendance à plonger, réduisant à néant l’espérance de couverture. Dans ces conditions, à quoi sert de s’assurer ?  D’où la demande de la profession de voir évoluer le système de la moyenne olympique.

 

Largement subventionné par l’Europe (à hauteur de 65 %), le mécanisme de l’assurance récolte dépend de la PAC (Politique agricole commune). C’est donc au niveau de son règlement communautaire que doivent être introduites les modifications. D’ores et déjà, c’est le cas pour l’abaissement du seuil de 30 %. Le sujet fait partie de « l’omnibus législatif », un mécanisme qui, pour la période 2014/2020 permet de revoir certaines modalités de la Politique agricole commune.

 

Baisse des coûts

 

Jérôme Despey a abordé un autre sujet, celui de la baisse des coûts de l’assurance récolte. « Pour cela, a-t-il dit, un seul moyen existe, celui de la mutualisation. » Or qui dit mutualisation dit incitation. « Un bon moyen d’inciter les viticulteurs à s’assurer serait de lier les aides à la restructuration, aux investissements à la souscription d’une assurance récolte ». De la parole aux actes… « J’ai mandat pour ouvrir ce débat à FranceAgriMer lors des prochaines négociations PAC. »

 

Face aux répercussions du gel sur la trésorerie des exploitations, le secrétaire général de la FNSEA a bien sûr évoqué les mesures classiques qui ne manqueront pas d’être soumises au prochain ministre de l’agriculture : exonération de la taxe sur le foncier non bâti, prise en charge des cotisations MSA…Il a aussi signalé le chantier ouvert sur la fiscalisation des primes d’assurance ainsi que sur la DPA (Dotation pour aléas climatiques)… « Pour les plus jeunes, la perte de production peut s’avérer catastrophique ». Au national, les Jeunes agriculteurs travaillent d’ailleurs à un rapport d’orientation sur la gestion des risques climatiques. Présent, Julien Massé, de la Commission viticole des JA 16, l’a confirmé. 

 

Arrivé à 14 H sur l’exploitation de Bruno Marin, à Saint Genis de Hiersac, Jérôme Despey en est reparti vers 17 h après avoir visité plusieurs parcelles de vigne. L’ont accompagné dans son périple plusieurs membres de la FNSEA 16 et 17 : Patrick Soury, président de la FNSEA 16, Jean-Luc Lassoudière président de la Commission viticole de la Charente, Michel Amblard, son homologue de Charente-Maritime, Julien Massé, président de la commission viticole des J.A 16, déjà cité.

 

 

 

          

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