Face aux baisses de volumes, la nécessité de trouver de nouvelles solutions pour préserver la pérennité des exploitations, au-delà de l'arrachage
Réuni le 10 juin 2026, le conseil d'administration de l'UGVC s'oppose aux nouvelles baisses d'achats à la viticulture annoncées par plusieurs maisons de négoce. Au-delà de ce refus, le syndicat met en avant l'absence de vision et de plan d'accompagnement pour les jeunes installés, les futurs retraités et ceux qui ont investi pour produire en volume et en qualité, dont certains, engagés en HVE ou CEC, pourraient tomber à 4 hl AP/ha ou moins. L'UGVC indique travailler à d'autres leviers que l'arrachage pour préserver la pérennité des exploitations, et tend la main au négoce pour un pilotage concerté de la crise.
Des baisses de volumes en cascade auxquelles le conseil d'administration s'oppose
Le conseil d'administration de l'UGVC a fait connaître son opposition aux nouvelles baisses d'achats à la viticulture annoncées par plusieurs maisons de négoce. Ces décisions, qui s'ajoutent aux réductions déjà intervenues en 2025, sont jugées incompatibles avec la réalité de la filière et porteuses d'une menace directe sur la survie de centaines d'exploitations. Le syndicat rappelle que la viticulture a, jusqu'ici, accepté les baisses en responsabilité, consciente de la nécessité de s'adapter à la crise et de fournir un effort. Mais les nouvelles annonces franchissent, pour lui, un seuil d'insoutenabilité : elles surviennent à proximité des vendanges, alors que les façons culturales sont déjà engagées, et dans un contexte d'inflation forte qui pèse sur des exploitations fragilisées par les ajustements précédents. L'UGVC appelle solennellement le négoce à suspendre immédiatement ces baisses et à ouvrir des discussions pour aboutir à un accord et à des outils partagés, capables de piloter la filière aussi bien en période de croissance qu'en période de crise.
L'absence de perspectives communes et de plan d'accompagnement pointée par le syndicat
Au-delà du principe même des baisses, c'est l'absence de cadre et de perspective qui cristallise les critiques de l'UGVC. Le syndicat dénonce des décisions prises sans vision d'ensemble, sans plan d'accompagnement pour les exploitations concernées et sans mesure individuelle pour amortir le choc. Il pointe également l'absence d'engagement du négoce à participer financièrement aux plans d'arrachage de 2026, alors même que les baisses de volumes poussent une partie des viticulteurs vers la sortie. Pour l'UGVC, les périodes de croissance de la filière ont été construites collectivement, et les périodes de difficultés devraient être affrontées dans le même esprit de responsabilité, de solidarité et de partage des efforts. Le syndicat rappelle par ailleurs que les conséquences ne se limitent pas aux seuls vignerons : les savoir-faire de toute la filière sont durement touchés, des chaudronniers aux pépiniéristes en passant par les verriers. C'est cette responsabilité mutuelle que l'UGVC entend remettre au centre, en tendant la main au négoce pour un travail concerté autour du pilotage de la crise.
Préserver ceux qui ont investi pour soutenir le développement qualitatif de la production cognac
L'UGVC insiste sur le sort réservé à celles et ceux qui ont engagé des investissements lourds, parfois sur toute une carrière : installations, renouvellement, plantations nouvelles, mises aux normes et démarches environnementales. Le syndicat souligne le paradoxe d'une situation où des viticulteurs, jeunes ou plus expérimentés, engagés dans des démarches HVE ou CEC pour atteindre les meilleurs standards de qualité, pourraient voir leur rendement contractuel tomber à 4 hl AP/ha, voire moins. Un niveau que l'UGVC qualifie d'intenable au regard des efforts consentis et des montants immobilisés. Le syndicat rappelle que ces investissements répondaient à une demande exprimée par le négoce lui-même, qui appelait encore récemment à produire en volume comme en qualité. Pour l'UGVC, la question dépasse l'horizon immédiat de la crise : elle engage la capacité de la filière à redémarrer le moment venu, et interroge directement les maisons sur les exploitations avec lesquelles elles comptent repartir lorsque l'activité reprendra.
Une surproduction et des stocks que le syndicat ne nie pas
L'UGVC ne conteste pas la réalité d'une production et de stocks aujourd'hui supérieurs aux besoins de la filière et intègre ce constat, reconnaissant la nécessité de s'adapter, comme l'illustrent les baisses déjà acceptées au cours des dernières campagnes.
Toutefois, cette prise en compte du déséquilibre de marché ne remet pas en cause son opposition aux nouvelles annonces : pour l'UGVC, admettre le diagnostic ne signifie pas valider une méthode qui fait porter l'ajustement sur les seules exploitations, sans vision ni accompagnement. Le syndicat plaide au contraire pour que cette donnée partagée serve de point de départ à une réflexion commune avec le négoce, afin de définir ensemble les outils permettant de réguler la production et de résorber les stocks sans sacrifier l'avenir du vignoble.
Au-delà de l'arrachage, des leviers à l'étude pour préserver les exploitations
Refusant de s'en tenir à un constat ou à une posture défensive, l'UGVC indique travailler à d'autres leviers que le seul arrachage pour préserver la pérennité des exploitations. Le syndicat estime que l'arrachage, s'il constitue une réponse, ne saurait à lui seul tenir lieu de stratégie face à l'ampleur des baisses de volumes. L'enjeu, pour l'UGVC, est d'accompagner dignement les différentes situations qui composent le vignoble : les jeunes installés, dont la viabilité économique est fragilisée dès le départ, les futurs retraités appelés à quitter le métier après une vie de labeur, et ceux qui ont investi pour produire en volume et en qualité. Le syndicat précise que ces pistes sont en cours d'élaboration et qu'elles devront être étayées avant d'être portées dans la discussion avec le négoce. L'objectif affiché reste de substituer à des décisions subies une démarche concertée, assortie d'outils partagés et d'un véritable plan d'accompagnement, plutôt que de laisser les exploitations absorber seules le poids de la crise.