Face aux défis climatiques et à l’érosion de la biodiversité,
À mesure que les conséquences du changement climatique se font sentir sur l’ensemble des filières agricoles et agroalimentaires, les grandes maisons de spiritueux réinterrogent progressivement leur rapport aux ressources naturelles dont dépend leur activité. Longtemps abordée sous l’angle patrimonial ou paysager, la forêt s’impose désormais comme un enjeu stratégique à part entière dans l’univers du cognac ; non seulement parce qu’elle fournit le chêne indispensable au vieillissement des eaux-de-vie, mais aussi parce qu’elle concentre aujourd’hui plusieurs défis majeurs liés à la biodiversité, à la résilience climatique et à la gestion durable des écosystèmes.
C’est dans cette perspective que Maison Hennessy participera, les 27 et 28 mai 2026, à la Fête de l’Arbre et de la Nature en ouvrant exceptionnellement au public sa forêt de Bagnolet, en Charente, pour une série de promenades pédagogiques encadrées par ses experts forestiers et biodiversité. Une initiative qui dépasse largement le simple cadre événementiel ; elle illustre la manière dont certaines grandes maisons cherchent désormais à inscrire leur stratégie environnementale dans une logique de long terme, en associant préservation des ressources, sensibilisation du public et sécurisation de leurs approvisionnements futurs.
Dans la filière cognac, le lien entre la forêt et le produit fini demeure souvent méconnu du grand public, alors même qu’il constitue l’un des piliers historiques de l’élaboration des eaux-de-vie. Le vieillissement en fût de chêne joue un rôle déterminant dans le développement aromatique, la structure et l’identité des cognacs. La qualité du bois, son grain, son origine ou encore les conditions de séchage influencent directement les échanges entre l’eau-de-vie et le fût au cours des années de maturation. Derrière chaque bouteille se cache donc une ressource forestière dont la disponibilité et la qualité deviennent aujourd’hui des sujets sensibles.
Or, les massifs forestiers européens subissent des pressions croissantes. Les sécheresses répétées fragilisent les peuplements ; certaines essences montrent des signes de dépérissement ; les tempêtes, de plus en plus violentes, accélèrent les pertes de surfaces exploitables, tandis que les ravageurs et maladies progressent sous l’effet du réchauffement climatique. Pour les acteurs fortement dépendants du chêne, ces évolutions ne relèvent plus d’une problématique théorique ou environnementale abstraite ; elles concernent directement la pérennité de leurs modèles de production.
C’est précisément cette réalité que la Maison Hennessy souhaite mettre en lumière à travers les visites organisées dans la forêt de Bagnolet. Durant un parcours d’environ une heure, les participants pourront découvrir les mécanismes de croissance des arbres, la diversité des essences forestières ainsi que le rôle joué par la biodiversité dans l’équilibre des écosystèmes. Les échanges porteront également sur les interactions entre forêt et climat, mais aussi sur la place essentielle du bois dans l’univers du cognac, sujet rarement abordé auprès du grand public alors qu’il constitue un maillon fondamental de la filière.
Les visites organisées par Hennessy
Forêt de Bagnolet
- Mercredi 27 mai 2026 : départs à 16h30 et 17h30
- Jeudi 28 mai 2026 : départ à 17h00
Les visites sont accessibles sur inscription préalable, dans la limite des places disponibles.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre du programme « Destination Forêt », lancé par Hennessy en 2020, dont l’objectif consiste à contribuer à la régénération de 50 000 hectares de forêts en France et à l’international d’ici 2030. Selon les données communiquées par la Maison, plus de 23 000 hectares auraient déjà été restaurés hors de France à travers différents projets de régénération forestière.
En Charente, l’entreprise collabore notamment avec Office national des forêts afin de reconstituer une chênaie de 25 hectares au sein de la forêt domaniale de la Braconne. L’objectif affiché est multiple : maintenir la population de chênes, renforcer leur résistance face aux événements climatiques extrêmes et préserver les fonctions écologiques des sols forestiers. Cette approche témoigne d’une évolution notable des politiques environnementales dans le secteur des spiritueux ; les démarches ne se limitent plus à la réduction des émissions carbone ou à l’optimisation énergétique des sites de production, elles intègrent désormais la question plus large de la préservation des écosystèmes dont dépend directement la filière.
Au-delà des enjeux de ressource, la forêt devient également un outil de communication et de pédagogie environnementale. Les grandes maisons cherchent de plus en plus à démontrer concrètement leurs engagements, dans un contexte où les consommateurs attendent davantage de transparence sur l’origine des matières premières et les impacts environnementaux des activités industrielles. Cette volonté de sensibilisation traduit une transformation plus profonde des stratégies de marque ; l’expérience proposée ne porte plus uniquement sur le produit ou le savoir-faire, mais également sur l’environnement naturel qui le rend possible.
Cette évolution est particulièrement visible dans les filières premium, où la notion de terroir s’élargit progressivement pour inclure non seulement le vignoble, mais aussi l’ensemble des écosystèmes associés : forêt, eau, biodiversité et paysages. Dans cette logique, préserver les ressources naturelles revient aussi à préserver l’identité même des produits.
Avec cette ouverture exceptionnelle de la forêt de Bagnolet, Hennessy illustre finalement une tendance de fond dans l’univers des spiritueux : la montée en puissance d’une approche plus globale de la durabilité, dans laquelle la gestion forestière apparaît désormais comme un enjeu aussi stratégique que la viticulture elle-même.