2008 : Un Début De Millésime Angoissant

18 mars 2009

2008 sera l’année la plus compliquée à laquelle les viticulteurs ont été confrontés depuis très longtemps. Un potentiel de grappes faible au départ, des accidents climatiques locaux (gel, grêle), un excès d’eau et du mildiou comme jamais. Dans un tel contexte, faire un pronostic de récolte en cette mi-juillet est une mission périlleuse ! Un rendement volumique régional de 70, 80, 90, 100 hl/ha… la fourchette est large mais réaliste ! Le cycle végétatif 2008 à la faveur de conditions climatiques extrêmes n’est-il pas en train d’exprimer la forte décapitalisation dans le vignoble de Cognac entre 1995-2005 ? Cette question, beaucoup de viticulteurs commencent à se la poser car, malgré leurs efforts du moment, ils se sentent désarmés et presque débordés par l’environnement naturel.

Le millésime 2007 avait créé un climat de forte tension dans de nombreuses propriétés de la région du fait de la pression exceptionnelle de mildiou à partir de la mi-mai, des mauvaises conditions de floraison, d’un climat pluvieux et frais en juillet et en août. En bref, 2007 fait partie de ces années que les viticulteurs souhaitaient oublier, même si l’arrière-saison sèche et ensoleillée avait permis d’éviter le pire avec des niveaux de richesse alcoolique compensateurs. La déception volumique des rendements 2007 a été interprétée par beaucoup comme une succession d’éléments défavorables qui se sont en quelque sorte cumulés sur un même millésime. En bref, des circonstances apparemment exceptionnelles qui ont conduit aux résultats que l’on connaît. Après cette campagne décevante, les viticulteurs de la région ont décidé de réinvestir massivement dans le vignoble pour redonner à leurs vignes des potentialités de production plus importantes. Les efforts ont touché divers domaines, des programmes de plantations revus nettement à la hausse (plus de 2 500 ha dont 800 ha de plantations anticipées), un niveau d’entreplantation bien supérieur aux habitudes, des apports de fumure conséquents, des traitements au sol contre la chlorose beaucoup plus fréquents, des achats de produits phytos plus généreux, une recherche de main-d’œuvre complémentaire pour réaliser les travaux dans de meilleures conditions.

Un outil de production vieillissant qui révèle ses limites

grappes_u_blanc__03__1_opt.jpegLe métier de viticulteur est ingrat car les ceps n’aiment pas être « brusqués » et un potentiel viticole devrait se gérer avec un niveau de technicité constant dans la durée. Or, le terrible contexte économique qu’a traversé le vignoble de Cognac n’a pas permis d’assurer cette constance dans l’entretien du vignoble. Le report des plantations, la réduction des fumures pendant 10 ans, l’engagement dans des conduites plus extensives et, d’une façon générale, la prédominance des pratiques dictées par l’économique n’ont pas semblé avoir de conséquence sur la capacité de production du vignoble pendant 5 à 10 ans. Il est vrai que la nature a été généreuse pendant très longtemps avec des sorties de grappes abondantes presque tous les ans entre 1996 et 2004. Avec le recul, on peut penser que la récolte 2004 a sûrement été une année charnière puisque l’on a produit 137 hl/ha et laissé sur les souches 30 hl/ha. Cette récolte pléthorique liée à un contexte naturel très favorable a masqué les premiers signes du décrochage du vignoble qui étaient latents. Une montée en puissance des maladies du bois, un vieillissement des vignes, la succession de séquences climatiques contrastées et éprouvantes pour les souches, une gestion de la conduite minimaliste (impasse sur les fumures, etc.)… tous ces éléments ont été sous-estimés. Mais, lorsque la nature devient moins clémente, leur impact sur la productivité des parcelles se fait sentir. A l’issue de l’année 2007, beaucoup de viticulteurs et de techniciens pensaient que le vignoble ne pouvait pas être confronté à un contexte plus défavorable ! Or 2008 est en train de démontrer que deux années consécutives très difficiles à gérer, cela peut arriver. Le vignoble de Cognac, avec une proportion de vignes âgées importante et très touchées par les maladies du bois, n’est-il pas en train de montrer les limites de sa capacité de production ? Les vignes d’Ugni blanc qui avaient jusqu’à ces dernières années l’image de plantations faciles à conduire et à faire produire, semble avoir « une énergie plus limitée » dans la région délimitée.

Un nombre de ceps pleinement productifs en baisse dans les parcelles

En cette mi-juillet, on peut déjà dire que 2008 sera une année très complexe à gérer et peut-être plus délicate que 2007. Cette situation de deux années successives pénalisantes pour le potentiel de production est-elle liée seulement à un contexte climatique défavorable ou aux conséquences d’un affaiblissement des capacités de production du vignoble ? Répondre à cette question d’une façon tranchée paraît très difficile car d’une part le climat atypique des deux derniers printemps a perturbé le déroulement des cycles végétatifs et d’autre part le vieillissement du parcellaire d’Ugni blanc est une réalité. Le niveau de mortalité des souches en hausse constante est constaté au vignoble et le pouvoir de nuisance des maladies du bois s’amplifie. Des symptômes d’eutypiose et d’esca se manifestent avec une intensité rare dans beaucoup de parcelles et aucun moyen de lutte ne permet de stopper leur évolution. A priori, la proportion de souches « en pleine forme » dans les vignes charentaises baisse régulièrement et comme le niveau des replantations a été inférieur à 1 %/an depuis 10 ans, cette tendance ne va pas s’inverser à court terme. Des souches atteintes d’esca ou d’eutypiose qui n’extériorisent pas des symptômes tous les ans, ont-elles la même capacité à produire des grappes que des ceps sains ? Le bon sens laisse à penser que non et l’impact sur la productivité dans des vignes à faibles densités doit être réel. Les très faibles niveaux de renouvellement du vignoble depuis 1994 confirment en quelque sorte le phénomène de décapitalisation qui a concerné toutes les propriétés viticoles de la région. L’accélération actuelle et des prochaines années des niveaux de replantations ne se fera pas sentir avant 4 à 5 ans.

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Des ceps recépés exprimant des symptômes d’eutypiose.

La volonté actuelle qu’ont les viticulteurs d’essayer de rattraper le temps perdu au niveau des replantations se trouve aussi confrontée à des réalités matérielles concernant la main-d’œuvre. Le vignoble de Cognac manque aujourd’hui cruellement de « mains » compétentes pour tailler, former les jeunes pieds… Les ouvriers viticoles qualifiés ont quitté par dizaines la région entre 1995 et 2003, et aujourd’hui des gestes importants pour préserver la pérennité sont en quelque sorte devenus rares. La fonction d’ouvrier viticole a aussi l’image d’un métier dur, exposé aux intempéries en hiver et peu valorisant, ce qui n’attire pas les vocations.


Un mildiou précoce, très agressif qui a « mangé » des grappes

Par ailleurs, 2008 s’avère être une nouvelle année à mildiou à pression extrême que beaucoup d’observateurs estiment déjà plus délicate à gérer que 2007. La très grande majorité des viticulteurs se sont tenus prêts à assurer des couvertures précoces en début de saison car l’un des grands enseignements du mildiou 2007 a été la difficulté à contrôler les épidémies une fois qu’elles étaient implantées. Seulement, l’abondance et la fréquence des pluies entre le 20 avril et le 20 juin semble avoir conféré une énergie maximale au parasite. La rémanence des produits dits systémiques ou pénétrants assurant une couverture pendant 12 à 14 jours s’est souvent réduite à 8 à 9 jours et la fréquence des pluies n’a pas toujours permis de renouveler la protection et de tenir ces cadences. Dans un tel contexte, la moindre petite faille dans le dispositif de protection s’est transformée en « brèche » et de nombreuses sorties sont apparues à la mi-juin juste avant la floraison.

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Du rot gris au moment de la floraison.

Dans les zones les plus arrosées, le mildiou a donné l’impression à cette période d’être quasiment devenu incontrôlable. Le champignon semblait avoir atteint un niveau d’agressivité insoupçonné qu’aucune stratégie de lutte chimique ne semblait en mesure de pouvoir contrôler. Bien sûr, les parcelles très peu touchées au début du mois de juin s’en sortent mieux que les autres, mais les attaques de rot gris à l’approche et au moment de la floraison ont été fréquentes. En 2008, le mildiou va-t-il faire perdre plus d’hl qu’en 2007 ? On peut malheureusement penser que oui car même dans les parcelles apparemment peu touchées, des extrémités de grappes, des ailes ont été touchées et, bizarrement, la présence de belles et grosses grappes d’Ugni blanc au moment de la nouaison semble un peu plus rare. Certains techniciens de la distribution ne cachent pas leur inquiétude dans les secteurs où les plus pluviométries ont été abondantes. La difficulté avec le mildiou précoce, c’est qu’il détruit complètement les jeunes inflorescences et un mois plus tard on se rend seulement compte que la charge de vendange est plus faible que l’on ne le pensait. Suite à une attaque d’oïdium, les dégâts sur grappes sont visibles jusqu’à la récolte. On peut regretter que dans les essais officiels mildiou, les résultats soient seulement exprimés en taux d’attaque, sans calcul et mesure de l’incidence sur le rendement et le TAV potentiel de chaque modalité. La montée en puissance de l’agressivité du mildiou suscite beaucoup d’interrogations et les outils techniques de prévisions des risques et de raisonnement des stratégies de traitements ont cette année montré leurs limites. Un certain climat d’insatisfaction générale est en train d’apparaître compte tenu des coûts de protection prohibitifs qui ont été investis dans les parcelles. Certaines réflexions attestent du malaise profond qui est en train de s’installer : « En 2000, certains produits tenaient 12 à 14 jours, en 2007 leur rémanence ne dépassait pas 10 jours et en 2008, il aurait fallu les renouveler toutes les semaines. » Après une année 2007 de très forte pression, le nombre de cycles de mildiou important n’aurait-il pas sélectionné dans les parcelles en fin de saison des individus beaucoup plus agressifs et dangereux ? Cette année, la pression de parasitisme encore plus élevée ne va-t-elle pas encore amplifier ce phénomène de sélection de mildiou de plus en plus agressif ? Deux années de très forte pression de mildiou consécutives, cela ne s’était jamais vu ; eh bien, le vignoble de Cognac (et ceux de la façade atlantique) est en train de subir cette situation sans en mesurer les conséquences pour l’avenir.

Une sortie de grappes très moyenne, du filage mais de bonnes conditions de floraison

Dès la mi-mai, beaucoup de viticulteurs ont observé cette année dans leurs parcelles une sortie d’inflorescences assez limitée et globalement inférieure au potentiel de début de saison d’années antérieures comme 2006 ou 2007. Le potentiel de grappes d’un cycle végétatif se constitue l’année précédente au moment de la floraison par un processus d’initiation florale engendrant la différenciation embryonnaire des grappes du millésime n + 1. Les conditions climatiques durant la floraison ont donc une double incidence, l’une immédiate sur la fécondation des fleurs des grappes de l’année et l’autre concernant la formation des embryons de grappes à l’intérieur des bourgeons pour la récolte suivante. Au mois de juin 2007, un climat froid et humide a perturbé la floraison, ce qui avait occasionné une coulure importante et gêné la formation des embryons de grappes du millésime 2008. Pour beaucoup de techniciens, la sortie d’un potentiel de grappes moindre en 2008 est à relier aux mauvaises conditions de floraison 2007. Ensuite, la fréquence des pluies et la fraîcheur du mois de mai 2008 n’ont pas été propices à la tenue des grappes qui ont filé. Une proportion d’inflorescences difficile à évaluer n’a pas été en mesure de retenir les boutons floraux qu’elles portaient. Des charpentes partielles ou entières d’inflorescences se sont transformées en vrilles et cela a accentué la baisse du potentiel de récolte 2008. La floraison qui est intervenue avec un décalage de huit à dix jours par rapport à 2007, s’est produite à une époque normale vis-à-vis des observations phénologiques des dix dernières années. Elle s’est déroulée entre le 20 et 30 juin dans une période globalement ensoleillée et assez chaude. Le retour du beau temps était vraiment le bienvenu car le cycle végétatif était marqué par un étalement assez important des stades végétatifs sur les souches. La phase de floraison a duré 8 à 10 jours en raison de la présence de deux générations de grappes. Les premières avaient atteint le stade grain de plomb quand les secondes étaient encore en pleine fleur. Cet étalement des stades de développement des grappes a accentué leur sensibilité au mildiou et beaucoup de dégâts ont été observés pendant cette période. A la mi-juillet, l’évolution du cycle végétatif permettait d’observer que la floraison s’était beaucoup mieux passée qu’en 2007. Il ne s’est pas produit de phénomène de coulure intense même si dans certaines parcelles précoces d’Ugni blanc, les grappes semblent claires. Le Merlot qui a fleuri 8 à 10 jours plus tôt dans une période pluvieuse a été par contre très touché par la coulure. L’étalement des stades de développement des grappes reste tout de même assez marqué à la mi-juillet et le manque de soleil et de chaleur depuis deux mois en est la principale cause.

Un faible niveau de grappes/ha dont la conséquence sur le rendement est difficile à apprécier à la mi-juillet

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La floraison 2008 s’est déroulée dans de bonnes conditions.

Les perspectives de production du cycle 2008 demeurent pour l’instant difficile à apprécier même si la floraison des Ugni blancs s’est plutôt bien déroulée. Les techniciens comme les viticulteurs ont du mal actuellement à apprécier le potentiel de récolte car l’hétérogénéité de la charge est très variable d’une parcelle à une autre et même à quelques ceps près. Les premiers échos ne sont pas réellement optimistes et la perspective de volumes équivalents à ceux de 2007 est assez fréquemment évoquée. Les effets moindre sortie, le filage, le mildiou passé et à venir, les maladies du bois ont réduit les perspectives mais dans des proportions que l’on a du mal à estimer. A l’inverse, la floraison semble s’être beaucoup mieux passée qu’en 2007 même si localement dans les parcelles précoces les grappes ne semblent pas aussi pleines que l’on pouvait l’espérer. Plus le nombre de baies est important sur les grappes, plus les raisins ont la capacité de prendre du poids au cours de la maturation si le climat est de la partie. La plus forte hétérogénéité des charges de raisins et des stades végétatifs rend assez difficile l’appréciation du potentiel de production. Les vendanges sont encore loin et dans les deux mois et demi à venir, la nature peut encore se montrer clémente ou capricieuse. La perspective d’une récolte abondante comme en 2004 paraît certes inaccessible mais l’hypothèse d’un volume régional moyen compris entre 70 et 100 hl/ha est souvent avancée. 30 hl/ha en plus ou en moins représente un écart important mais actuellement il paraît difficile d’affiner le pronostic. En effet, le critère principal qui influence le rendement est le poids des grappes à la récolte. La climatologie des deux mois à venir va être déterminante vis-à-vis du « remplissage » des grappes. La Station Viticole du BNIC a mis en place depuis plus de 20 ans une démarche d’évaluation de la production qui repose sur l’observation de 52 parcelles d’Ugni blanc réparties dans l’ensemble de la région délimitée.

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M. Vincent Dumot, de la Station Viticole du BNIC.

Vincent Dumot, l’ingénieur qui a en charge ce dossier, réalise trois séries d’observations pour apprécier la production, l’une en début de saison pour compter les inflorescences, l’autre après la floraison pour évaluer le bon ou mauvais déroulement de cette phase et enfin une série de contrôles de maturation à partir de la véraison (mesure du TAV potentiel, de l’acidité totale, du pH, du poids des grappes et de l’azote assimilable). Cette année, les résultats des comptages d’inflorescences viennent effectivement conforter l’impression de moindre sortie des viticulteurs puisqu’en moyenne sur le réseau, 50 000 inflorescences/ha sont présentes. Ce niveau de sortie est le plus faible observé depuis 10 ans. La moyenne de charge d’inflorescences sur les 10 dernières années est de 60 000 inflorescences/ha. A titre de comparaison, en 1991 après la gelée, le vignoble portait une charge moyenne de grappes de 24 000 grappes/ha. En 2007, 56 000 inflorescences/ha étaient présentes dans les parcelles mais la floraison s’est ensuite très mal passée, ce qui a fortement pénalisé l’évolution du poids des grappes. L’année dernière, le poids des grappes à la récolte de 284 g a été le plus faible depuis 10 ans. En 2004, année de pléthore en volume (plus de 165 hl/ha estimé), la charge de grappes/ha atteignait le niveau de 69 000/ha, ce qui est élevé mais pas exceptionnel. C’est surtout le poids des grappes record à la récolte (de 418 g) qui avait fait cette année-là le rendement. En effet, en 1992 une autre année très généreuse, le nombre de grappes moyen était nettement plus élevé (75 000/ha) mais leur poids à la récolte de 368 g n’avait pas engendré un niveau de production volumique supérieur à celui de 2004.

Le poids des grappes à la récolte fait ou défait les rendements

V. Dumot considère qu’avec le recul, le facteur qui influence le plus le rendement final est le poids des grappes à la récolte : « La méthodologie de prévision de récolte mise en place à la Station Viticole du BNIC depuis plus de 20 ans repose sur plusieurs critères mais celui qui influence de façon majeure la production volumique est le poids des grappes à la récolte. Le poids moyen des grappes d’Ugni blanc à la récolte au cours des dix dernières années est de 363 g, mais les écarts d’un millésime à l’autre sont importants. Un minimum de 284 g en 2007 et un maximum de 418 g en 2004 ! Dans ces conditions, il nous paraît difficile de faire un pronostic de récolte pour 2008 à partir du seul critère du nombre d’inflorescences par ha. D’ici la fin juillet nous aurons les résultats des captures de pollen qui constituent un indicateur du déroulement de la floraison. Néanmoins, c’est surtout l’évolution du poids des grappes au cours de la maturation qui fait et défait le rendement volumique. Par ailleurs, la base de calcul du rendement régional ne s’effectue pas en multipliant le nombre de grappes/ha par leur poids. Un indice d’ajustement tenant compte des résultats de divers critères liés au vignoble, à la nature de la vendange, aux méthodes d’observation et de prélèvement (l’incertitude des comptages, les pertes des MAV, le rendement en jus au pressurage…) permet de moduler le calcul de base et cet élément varie en fonction du déroulement de chaque cycle végétatif. Les résultats des trois premiers contrôles de maturation à la fin du mois d’août ou début septembre seront riches d’enseignements. » Dans le vignoble la climatologie instable de début juillet n’a pas été propice à une évolution rapide du cycle végétatif et à la faveur des pluies locales, le mildiou a continué de se montrer virulent. Pour de nombreux viticulteurs, la maladie est beaucoup plus difficile à contrôler cette année que l’année dernière à pareille époque. La protection du feuillage en fin de saison va nécessiter une attention soutenue pour conserver une surface foliaire opérationnelle durant la maturation. L’évolution du stade de développement des grappes à la mi-juillet ne permet toujours pas d’avoir une idée plus juste de la production des parcelles et quels que soient les secteurs géographiques du vignoble, le commentaire est le même : « J’ai quelques belles parcelles mais d’autres m’inquiètent beaucoup. En bref, 70 ou 100 hl/ha, je n’y vois toujours pas clair. » L’autre sujet de préoccupation concerne le stade de développement des vignes qui accuse 8 à 10 jours de retard par rapport à 2007. Un début des vendanges à la fin septembre paraît d’ores et déjà inenvisageable. Les MAV seront mises en route dans les Ugni blancs plus tard qu’en 2007. Il semble que l’hétérogénéité des stades végétatifs soit aussi assez importante, ce qui risque aussi de pénaliser l’évolution du début de la maturation. L’arrivée d’une période plus ensoleillée depuis le 12 juillet arrive donc à point pour stopper le mildiou et favoriser une évolution plus rapide du cycle végétatif. Pour l’instant, le millésime 2008 a été marqué par à la fois un excès d’eau et un manque de soleil chronique. Souhaitons que l’été s’installe durablement et que quelques averses bien placées (au moment de la véraison) favorisent l’homogénéisation des stades végétatifs avant l’enclenchement du processus de maturation Le beau temps que nous n’avons pas eu au printemps sera peut-être au rendez-vous en août, septembre et octobre.

 

Bibliographie :

M. Vincent Dumot, de la Station Viticole du BNIC.
M. Patrice Rétaud, du SRPV de Cognac.

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