Publicité

2007 : un millésime « typé » par un soleil tardif

13 mars 2009

libournais_1_opt.jpegEn ce début de mois d’octobre, les premiers échos des vendanges 2007 à la cave des Hauts de Gironde sont plutôt encourageants. La récolte de Sauvignon blanc, moyenne en volume a permis d’élaborer des vins de belle qualité, le soleil de septembre a sauvé les Merlot et les Cabernet Sauvignon semblent prometteurs. L’été s’est fait attendre jusqu’aux premiers jours de septembre et depuis, le savoir-faire et la patience ont permis de bonifier la qualité des raisins. 2007 ne sera pas un millésime d’exception en rouge mais plutôt celui d’une typicité plus septentrionale.
La très belle période de beau temps depuis le début septembre à littéralement sauvé ce millésime d’un excès d’eau chronique durant tout le cycle végétatif. Tous les viticulteurs se souviendront de cette année 2007 où le beau temps sec et ensoleillé s’est fait attendre tout l’été pour justement arriver à une époque que beaucoup d’observateurs jugeaient comme trop tardive. Or, ce soleil de septembre a été un « bienfaiteur » inespéré qui a évaporé les excès d’eau et mûri les raisins dans de meilleures conditions. L’évolution du processus de maturation a été certes plus compliquée qu’en 2005 ou en 2006, mais au final les viticulteurs qui ont bien travaillé à la vigne sont récompensés. Les efforts au vignoble de la maîtrise de la charge, d’aération de la zone fructifère, d’entretien d’un feuillage fonctionnel ont véritablement bonifié ce soleil tardif. L’effet terroir a aussi joué à plein cette année et l’une des difficultés pour les œnologues en 2007 a été de maîtriser l’hétérogénéité de maturité des différentes parcelles. Chaque type de sol a réagi de manière différente pour pousser une maturation au finish.

La très belle qualité des Sauvignon blancs

La production de vins blancs secs de Sauvignon est stratégique pour la cave des Hauts de Gironde et le président M. Stéphane Héraud ne cache pas que début août, de grosses inquiétudes planaient sur la qualité et les volumes de cette récolte. L’humidité chronique pouvait laisser craindre un développement rapide et brutal du botrytis à la veille des vendanges, qui viendrait ruiner tous les efforts des viticulteurs. Les premiers contrôles de maturité autour du 15-20 de ce mois laissaient apparaître un potentiel volumique moyen et une évolution qualitative plutôt intéressante. Le soleil de fin août début septembre a littéralement « boosté » les Sauvignon. A la faveur de cette belle période, leur titre alcoométrique potentiel a bien monté et l’acidité totale a chuté de manière significative. La coopérative élabore un type de vin de

m_stphane_hraud_opt.jpeg

M. Stéphane Héraud, le président de la cave des Hauts de Gironde.

Sauvignon aromatique ayant un squelette acide et nerveux en bouche qui nécessite une récolte assez précoce de raisins parfaitement sains. Les vendanges se sont étalées entre le 1er et le15 septembre en absence de pluies. Le potentiel aromatique des vins semble cette année très intéressant car l’été n’a pas brûlé les précurseurs d’arômes. A l’issue des vinifications, les vins sont bien typés et présentent une densité aromatique et acide septentrionale. La récolte 2007 est dans la lignée des grands millésimes de Sauvignon équivalent aux vins de 2006. Les niveaux de rendement globalement moyens (proche de 50 hl/ha) ne permettront pas de faire le plein du débouché régional de 63 hl/ha. La forte pression de mildiou et des conditions de floraison parfois défavorables expliquent ce déficit. Un accord de partenariat technique avec les coopératives de Périssac et de Le Fleix a permis de vinifier 3 000 hl de Sauvignon supplémentaires sur le site de Marcillac. Par ailleurs, les achats de vendange fraîche par le biais de la SICA ont légèrement augmenté (80 000 hl) pour satisfaire l’ensemble des débouchés commerciaux. S. Héraud semble assez optimiste pour la commercialisation des vins blancs 2007 : « Au niveau des vins blancs, le marché est équilibré à Bordeaux. Comme la récolte 2007 est plus faible que prévu, la demande de vins de qualité sur le marché de place risque d’être ferme et à priori, les niveaux de valorisation pour les adhérents devraient être supérieurs à ceux de 2006. La cave des Hauts de Gironde, avec une production 2007 de 40 000 hl de Sauvignon, sera en mesure de satisfaire ses principaux marchés traditionnels. Notre souhait est de voir le potentiel de production de Sauvignon s’accroître dans les années à venir par des replantations ou du surgreffage. Quatre viticulteurs de la cave ont fait cette année des essais de surgreffage qui se sont révélés concluants. C’est un moyen de reconversion peu connu dans notre région et cette initiative pilote nous a permis de mieux en cerner les avantages et les limites. »

60 jours de maturation pour les merlot

L’arrière-saison exceptionnelle a littéralement sauvé la qualité des Merlot qui avaient « pris trop d’eau » à la fin août. Les précipitations cumulées de plus de 120 mm autour du 25 août ont fortement perturbé le processus de maturation qui pâtissait déjà d’un déficit d’ensoleillement. La véraison, qui avait commencé de façon précoce, s’était étalée dans le temps en raison de mauvaises conditions au moment de la floraison. La réaction des parcelles à cet événement climatique a eu des conséquences négatives sur le déroulement du processus de maturation en le retardant et en relançant parfois la croissance végétative des rameaux. L’arrivée du beau temps de septembre a certes été la bienvenue mais le redémarrage du processus de maturation ne s’est pas effectué de façon homogène et rapide. Les incidences de la nature des sols, de l’état foliaire des parcelles et des efforts de conduite du vignoble (effeuillage, andainage en vert) ont joué un rôle déterminant. La grande chance de ce millésime a été le maintien d’un bon état sanitaire dans la plupart des propriétés, ce qui a permis d’attendre patiemment la maturité phénolique. M. Olivier Bourdet Pees, l’œnologue de la cave des Hauts de Gironde, a observé que le processus de maturation des Merlot a été cette année beaucoup plus long : « Les Merlot au début de la véraison extériorisaient déjà une forte hétérogénéité liée à des conditions de floraison difficiles et étalées. A la fin août, on observait sur les grappes la présence de baies qui avaient du mal à verrer. Les pluies abondantes des derniers jours de ce mois sont venues perturber le processus de maturation qui s‘est ralenti et parfois bloqué. Le beau temps de septembre a relancé la maturation d’une façon plus lente et il a fallu faire preuve de patience pour obtenir une bonne homogénéisation de la maturité des baies sur les raisins. La durée de maturation des Merlot a parfois dépassé 60 jours alors qu’en année normale elle se situe en moyenne autour de 45 jours. Les acidités ont commencé à chuter à partir du 25 septembre et le potentiel phénolique a commencé à devenir intéressant. Les effets nature des sols et entretien du vignoble étaient encore marqués et nous avons dû faire preuve de rigueur dans l’organisation des chantiers de récolte pour rentrer des lots de vendanges de qualité homogène. D’une manière générale, les parcelles portant une charge moyenne et disposant d’un feuillage opérationnel nous ont permis d’élaborer des cuvées intéressantes. »

Des raisins de cabernet sauvignon prometteurs

La récolte des premiers Merlot à la cave des Hauts de Gironde a commencé autour du 25 septembre et elle s’est terminée les 7-8 octobre. Du point de vue volumique, les niveaux de rendements sont dans l’ensemble bons hormis bien sûr dans les parcelles fortement touchées par le mildiou. Des rosés aromatiques et fruités ont été élaborés et la dégustation de ces vins laisse augurer d’un beau potentiel. Pour les vins rouges, la qualité des vins est directement dépendante de la concentration qualitative des raisins. Les lots de vendanges homogènes ont permis d’élaborer des vins rouges aromatiques tout en fruit et ayant une densité tannique moyenne qui sont assez comparables à ceux de 2001. Les Cabernet Sauvignon ont eu une maturation plus régulière et les pluies abondantes de fin août n’ont pas perturbé ce processus. La véraison est intervenue plus tard et les grappes ont mûri de façon homogène. La charge de récolte globalement inférieure à celle des Merlot facilite aussi la maturation. Le potentiel de qualité des raisins sur les souches semble prometteur. Le maintien d’un très bon état sanitaire permet d’envisager la récolte des Cabernet Sauvignon entre le 15 et le 20 octobre.

Une reprise volumique des transactions de vins rouges

Au niveau économique, le marché des vins de Bordeaux rouges ne manifeste pas réellement une reprise d’activité, même si depuis quelques mois l’importance volumique des transactions progresse de manière significative. M. S. Héraud considère que la situation au niveau des vins rouges reste en voie d’assainissement : « On constate une demi-reprise qui se manifeste par un frémissement de la demande. Les volumes de transactions augmentent mais par contre les prix moyens n’évoluent pas. Cette situation concerne toutes les appellations génériques. La situation de marché des vins rouges Côtes-de-Blaye s’inscrit complètement dans ce contexte général car à l’international, l’image de marque de l’appellation n’est pas suffisante pour tirer tous les volumes vers le haut. La création de la nouvelle entité Côtes de Bordeaux nous paraît offrir des perspectives de promotion et de positionnement de marché plus porteuses dans l’avenir. »

Dans l’appellation voisine des Côtes-de-Bourg, les trois caves de Lansac, de Pugnac et de Tauriac ont fusionné pour constituer une seule entité coopérative, Alliance Bourg. Le nouveau conseil d’administration de cette entreprise a entamé une réflexion de partenariat commercial avec la cave des Hauts de Gironde. La finalité est de rechercher des synergies commerciales tout en minimisant les charges liées à la mise en marché. La collaboration serait envisagée sur les aspects ventes en bouteilles par une prise de participation d’Alliance Bourg dans la SAS des Vignerons des Hauts de Gironde. Pour la partie vrac, la commercialisation serait abordée de façon commune mais l’identité des deux entreprises sera respectée. D’un point de vue logistique, il se pourrait que dans le courant de l’année 2008, toute l’équipe commerciale soit délocalisée à Pugnac.

Une bonne évolution des ventes en bouteilles depuis trois ans

La coopérative des Hauts de Gironde a clôturé l’exercice 2006- 2007 avec des niveaux de ventes (de 156 000 hl) correspondant à une année de production et des stocks stables. La faible récolte 2007 et des engagements commerciaux stables permettent de penser que les niveaux des stocks risquent de diminuer au cours du prochain exercice. La grosse satisfaction vient des ventes en bouteilles qui continuent de progresser régulièrement. Des débouchés valorisants ont été conquis en Angleterre pour des vins rouges et des vins blancs. Au cours des trois dernières années, les ventes en bouteilles de la cave sont passées de 2 400 000 cols à 4 500 000 cols.

La seule inquiétude du moment des responsables de la cave des Hauts de Gironde concerne les coûts de production nettement plus élevés de l’année 2007 alors que les niveaux de rendements seront malheureusement plus faibles que ceux de l’année passée. Les charges de protection du vignoble et de main-d’œuvre pour les interventions en vert ont été lourdes mais essentielles à l’obtention de raisins de qualité.

A lire aussi

Le Paysan Vigneron diversifie ses prestations annexes

Le Paysan Vigneron diversifie ses prestations annexes

Vidéos d'entreprise, événements, manifestations... Le Paysan Vigneron diversifie ses services et ouvre à tous ses prestations annexes. Grâce à du matériel de prise de vue professionnel incluant un drone, vous pourrez vous mettre en valeur sous un angle inédit. Tous...

Flavescence dorée: les premières dates de traitement insecticide connues

Flavescence dorée: les premières dates de traitement insecticide connues

L'arrêté officiel de la Région Nouvelle-Aquitaine concernant le traitement insecticide contre la flavescence dorée n'a pas encore été publié, mais les deux premières dates sont d'ores et déjà connues ; cela commence dès le 13 juin. Il est à rappeler que ce traitement...

PAC 2023 : la France veut-elle un « Frexit » agricole ?

PAC 2023 : la France veut-elle un « Frexit » agricole ?

Selon Eric Andrieu, député européen, la Commission européenne est largement insatisfaite du Plan Stratégique National de la France (PSN) proposée par la France pour la mise en oeuvre de la nouvelle PAC à partir de 2023, et l'invite à revoir sa copie. L’actuel Ministre...

error: Ce contenu est protégé