Les bons résultats de la CARC malgré un contexte dificile

8 janvier 2013

L’équipe dirigeante de la coopérative de Cognac peut se féliciter des résultats de l’exercice 2011-2012. Malgré une récolte de céréales faible et des ventes de produits phytosanitaires stables, les résultats économiques et financiers sont bons. Yves Auffret, le président et Jean-Michel Audouit, le directeur, déploient beaucoup d’énergie pour concilier les enjeux à court et long terme d’une entreprise qui cultive sa dimension d’entité à dimension humaine. Grossir à tout prix pour atteindre une dimension économique suffisante n’est la priorité de la CARC. La philosophie de l’entreprise est aujourd’hui d’optimiser ses performances économiques et de rechercher des sources de plus-values nouvelles, en développant des services innovants et des secteurs d’activité porteurs.

p27.jpgLes résultats financiers encourageants de l’exercice 2011-2012 de la coopérative ne confirment-ils pas les efforts de gestion engagés depuis plusieurs années ?

Jean-Michel Audouit – L’exercice 2011-2012 de notre coopérative est effectivement encourageant, surtout si l’on tient compte du contexte climatique atypique auquel nous avons été confrontés. En effet, la récolte de céréales en 2011 a été historiquement faible et les ventes de phytos en morte-saison avaient été aussi très maigres. L’entreprise a vu son chiffre d’affaires progresser de 15 %, ce qui a permis de dégager un résultat net de 64 000 € HT. Un certain nombre de voyants traduit l’évolution positive de nos activités. L’EBE connaît une nette progression et la situation financière est plus consolidée. Notre volonté de réduire les charges a porté ses fruits et, dans un avenir proche, cela aura un impact encore plus perceptible. L’arrêt partiel des financements de postes de travail en doublons pour anticiper les départs à la retraite de plusieurs collaborateurs et une vigilance accrue au niveau des coûts des prestations extérieures ont contribué à améliorer la compétitivité économique de la coopérative. Lors de cet exercice, nous avons dû aussi faire face au financement du nouveau silo de Genté en complément de celui du site de Rouillac. A l’issue de l’année 2013, les remboursements des charges sur ce site seront terminés.

La faible récolte de céréales n’a-t-elle pas pénalisé l’activité de la coopérative ?

J.-M. A. – La collecte de céréales d’été en 2011 a été marquée par des niveaux de rendements historiquement bas. On n’avait pas connu une récolte aussi maigre dans la région depuis 10 ans. La collecte d’été en blé, en orge et en colza a diminué de 40 %. Les apports à l’automne de tournesol et de maïs, bien que moins touchés, ont tout de même régressé de 8 %. Les surfaces en maïs, qui avaient beaucoup reculé à partir de 2006, sont aujourd’hui stabilisées. Elles sont localisées sur des terres de marais en cultures sèches et les surfaces irriguées concernant prioritairement des propriétés disposant de réserves d’eau.

Que pèse la collecte dans l’activité de la CARC ?

J.-M. A. – Le chiffre d’affaires lié à la collecte a représenté, lors de l’exercice 2011-2012, 4,8 millions d’€, soit environ 40 % de l’activité totale. La forte hausse des cours des céréales a largement compensé le petit volume puisque le chiffre d’affaires enregistre une progression de 18 %. Néanmoins, il ne faut pas penser que la hausse spectaculaire des prix du blé, du maïs, des tournesols… génère pour notre entreprise des latitudes économiques supplémentaires. Les marges que dégagent les organismes stockeurs sur les céréales sont toujours aussi faibles et la concurrence entre les acteurs pour capter des volumes supplémentaires est toujours aussi forte. Il nous paraît donc intéressant d’organiser la gestion de la collecte en ayant le souci de minimiser tous les frais qui y sont afférents. Par exemple, limiter les déplacements de céréales pendant le coup de feu de la collecte permet d’acheter du transport à un coût plus rationnel. Le fait de disposer de nouvelles capacités de stockage à Genté nous a aussi permis, lors de la très belle récolte 2012, de mieux gérer les volumes. Actuellement, la coopérative possède en propre la capacité de stocker 70 % d’une collecte.

Les cours des céréales très attractifs depuis 18 mois augurent-ils d’une période de stabilité à moyen terme ?

J.-M. A. – Tout d’abord, le fait que les cours soient à un niveau élevé est une très bonne chose pour les adhérents. Un cours du blé à 135 €/t en 2010 était dangereux pour la pérennité des exploitations céréalières. Actuellement, la situation de marché est porteuse et une série d’événements contribue au maintien de prix élevés. Au niveau du blé, la sécheresse en Russie et en Ukraine a réduit l’offre de ces pays. En maïs, la production des Bal-
kans, habituellement équivalente à celle de la France, a eu une récolte en 2012 divisée par deux. Au niveau du maïs, la sécheresse aux Etats-Unis a eu un impact fort puisque la perte de production correspond à 6 fois la collecte française. Les stocks de maïs et de blé sont au plus bas et la récolte en Australie et en Amérique du Sud ne s’annonce pas exceptionnelle. Dans un tel contexte, il est presque normal que tous les indicateurs soient haussiers. Néanmoins, la crainte de beaucoup d’observateurs est liée à cette augmentation des prix qui doit être acceptée et intégrer par les consommateurs de céréales. Une hausse excessive des cours ne risque-t-elle pas de casser la demande ? Par ailleurs, le contexte géo-politique très instable dans divers pays du Magreb qui représentent un débouché pour la France est aussi une source d’inquiétude ? La commercialisation des céréales au niveau de la coopérative est abordée avec le souci constant de rechercher une bonne valorisation et de diversifier les débouchés. Nous travaillons à la fois avec plusieurs autres coopératives pour répondre à des demandes volumiques importantes et des acheteurs recherchant des lots de céréales « cousus main ». Ce sont souvent des débouchés de niches commerciales qui correspondent bien aux attentes d’une coopérative à dimension humaine comme la CARC.

L’activité approvisionnement de la CARC représente-t-elle un secteur d’activité important ?

J.-M. A. – L’activité approvisionnement a connu au cours de l’exercice 2011-2012 une expansion de 18 % pour atteindre le niveau de 6,4 millions d’€. Les techniciens de l’entreprise sont reconnus pour leurs compétences dans ce domaine. Les ventes d’engrais ont progressé en volume de 5 % et la demande est importante dans le secteur viticole. Cette tendance se confirme sur l’exercice en cours avec à la fois une demande accrue de produits organiques, de fertilisants minéraux potassiques et de chélates au sol. Au niveau de la grande culture, l’augmentation des prix des engrais azotés est toujours une réalité qui nous oblige souvent à anticiper les achats. Le fait de disposer à Genté de nouvelles infrastructures de stockage à plat devrait nous permettre d’être plus réactifs quand certaines opportunités se présentent. L’activité phytos a été marquée par des ventes en morte-saison faibles et ensuite des sorties importantes de fongicides lors du début de cycle végétatif 2012 en raison d’une pression extrême de mildiou. Au final, nous enregistrions une progression du chiffre d’affaires de 2 %. Par contre, le début des ventes en morte-saison de cet automne retrouve des niveaux importants compte tenu de la faiblesse des stocks en culture. L’activité Ecovigne a connu un développement de 32 % et cela devient pour l’entreprise un secteur d’activité stratégique aussi important que les ventes de phytos et d’engrais. L’équipe en place a acquis un savoir-faire dans les domaines du palissage de la vigne, des équipements de protection des viticulteurs et des salariés, du matériel de chai et une diversité d’accessoires pour les exploitations viticoles.

Les structures humaines de la CARC sont-elles désormais stabilisées ?

J.-M. A. – Dans une entreprise à taille humaine comme la CARC, nous avons besoin de compétences à tous les niveaux. L’atout n° 1 de la coopérative réside dans la capacité des hommes à pouvoir réagir vite pour satisfaire les attentes des adhérents. Les équipes doivent être mieux formées pour répondre aux attentes actuelles des propriétés céréalières et viticoles. L’environnement réglementaire et technique a profondément évolué depuis 15 ans et le dialogue avec les agriculteurs s’établit aujourd’hui sur des bases de plus en plus professionnelles. L’équipe de 17 personnes de la CARC a été considérablement rajeunie au cours des dernières années et, globalement, la transmission des savoir-faire et de la culture de l’entreprise a été réussie. Nous continuons de miser sur la promotion interne car cela crée une saine émulation au sein de l’équipe. Depuis six mois, Jean-Yves Sauvage, l’ancien magasinier du silo de Rouillac, a accédé au poste de technicien sur cette zone. La fonction de magasinier a été confiée à Patrick Brisson, qui s’est très vite adapté à son nouveau métier.

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