La notion de diplôme agricole

13 décembre 2013

Le diplôme agricole est la première condition, nécessaire mais pas suffisante, pour avoir droit aux aides à l’installation ou, tout simplement, pour éviter que son dossier soit d’emblée soumis au contrôle des structures. Un diplôme pas toujours évident à décrocher.

 

 

Personnes en reconversion professionnelle voire double actifs alimentent de plus en plus l’installation en viticulture. Pour ces gens-là, le diplôme agricole fait rarement partie de leur cursus scolaire. S’ils veulent se doter d’un diplôme agricole, ils devront « aller le chercher ». Il y a aussi les fils ou filles de viticulteurs qui mènent des études en périphérie du milieu viticole. Ils ont suivi la licence pro. Droit et commerce des vins & spiritueux au lycée agricole de l’Oisellerie, un master 2 en un an à l’université des eaux-de-vie de Segonzac ou encore une licence suivi d’un master de biologie à la Fac. de science. Pour autant, cela ne leur assure pas un diplôme agricole reconnu comme tel. Pour savoir ce que « vaut » votre diplôme au regard de l’objectif visé (l’installation), il faut consulter l’arrêté relatif au RNCP (Répertoire national des certifications profes-
sionnelles) agricole, en l’occurrence l’arrêté du 29 octobre 2012 portant définition des listes de diplômes, titres, certificats homologués. Cette référence au texte de 2012, donnée à titre indicatif, n’a pas valeur de vérité absolue. Il se peut très bien qu’une liste plus récente existe car les diplômes évoluent, leurs intitulés changent. A vérifier.

Il arrive aussi que des questions d’équivalence se posent avec des diplômes étran-gers. « En cas de doute, c’est le ministère de l’Agriculture qui tranche » relève Adeline Gasseling, conseillère installation au Point info installation 16.

Le Bac pro.

Sur la liste publiée fin 2012 des diplômes agricoles, arrivent en haut de page les Bac pro. agricoles, démultipliés en une vingtaine de spécialités (conduite et gestion de l’exploitation, aménagements paysagers, productions horticoles…). Normal que les Bac pro. ouvrent la liste. Diplôme de niveau IV dans la nomenclature européenne, le Bac professionnel agricole est aujourd’hui le premier niveau de formation qui donne la capacité agricole. Bien sûr, qui peut le plus peut le moins. Le répertoire comporte une cinquantaine de formations dont de nombreux brevets professionnels (anciens BTS) options « responsable d’exploitation agricole, grandes cultures, viti-œno… », des DUT (diplôme universitaire de technologie), des masters spécialisés en agriculture, en viticulture ainsi que toutes les écoles d’ingénieurs agricoles et agronomes (Paris, Lille, Toulouse, Angers…) ou encore une école comme l’IHEDREA (Institut des études de droit rural et d’économie agricole).

Quel parti prendre lorsqu’on ne possède pas l’un de ces diplômes ? On peut très bien faire l’impasse et décider de s’installer sans diplôme agricole. C’est possible même s’il existe certaines contraintes à la clé : renoncer aux aides à l’installation ou encore prendre le risque de ne pas faire partie des dossiers prioritaires face au contrôle des structures (en cas d’agrandissement par exemple).

Les solutions pour obtenir un diplôme agricole

p27.jpgOn peut aussi souhaiter obtenir un diplôme agricole pour être mieux formé, partir d’un bon pied dans son nouveau métier. A vrai dire, c’est la meilleure des raisons. Pour ce faire, existent plusieurs solutions. Il y a la piste de la reprise d’études initiales (Bac pro. en un an ou encore BTS viti-œno en deux ans) mais aussi la piste de la formation continue pour adulte. C’est une voie souvent choisie par les candidats à l’installation.

Pour se doter de la capacité professionnelle agricole nécessaire à toute installation aidée (diplôme agricole + PPP rappelons-le), le BPREA (Brevet professionnel responsable d’exploitation agricole) représente à coup sûr une solution adaptée. Diplôme de niveau IV, il colle bien aux objectifs de l’installation, tant par son contenu que par sa durée.

Diplôme de formation continue, le BPREA s’acquiert en huit mois, d’octobre à juin. Deux établissements le proposent dans la région délimitée, les CFPPA (Centre de formation professionnelle et de promotion agricole) des lycées agricoles de l’Oisellerie à La Couronne (16) et de Saintes (17). Si la comptabilité et la gestion se retrouvent au cœur du diplôme, la compétence viti-œno fait partie des orientations offertes aux sta-
giaires. La formation se répartit entre 973 heures de cours et 175 heures de stage en entreprise. Pour ceux qui ont déjà un cursus en poche (Bac scientifique et au-delà), une validation dite « des acquis académiques » leur permet d’être dispensés de certains cours magistraux (français, mathématique, biologie…). Concrètement, cela se traduit par une rentrée décalée d’un mois (mi-novembre au lieu de mi-octobre). Toujours dans le souci de s’adapter aux contraintes des stagiaires, le CFPPA de Saintes propose une formation à distance sur la moitié du temps réservé aux cours (environ 450 heures sur les 900 et des poussières). D’où un « présentiel » dans l’établissement réduit d’autant.

Pour décrocher son diplôme, il faut valider des unités capitalistiques, professionnelles d’un côté, techniques de l’autre. Le contrôle s’effectue en continu, tout au long de l’année. Si, au bout du compte, des unités manquent, le stagiaire a 5 ans pour les valider. Il ne perd pas le bénéfice de tout le reste.

Un taux de réussite de 95 %

L’an dernier, au CFPPA de l’Oisellerie, le taux de réussite s’est élevé à 95 % et encore les 5 % d’échec tenait plus à des abandons du cursus pour raisons personnelles.

En règle générale, le stagiaire doit trouver lui-même son stage en entreprise. « C’est une politique de nos établissements » indique Marie-Françoise Morenvillez, chargée d’ingénierie de formation au CFPPA de l’Oisellerie. Bien sûr, le principe souffre des exceptions et une aide à la recherche de stage sera toujours accordée.

La formation BPREA coûte un certain prix. « Le prix d’une année dans une grande école de commerce » indique un formateur. Dans ces conditions, il vaut mieux trouver un financement Dans le cadre de la formation continue, des solutions existent pour la prise en charge financière. Pour bénéficier d’une aide, il faut cependant ne plus être étudiant depuis au moins un an. C’est la condition sine qua non. Congé individuel de formation, contrat de professionnalisation sont assez souvent actionnés auprès des OPCA (organismes collecteurs paritaires agréés) de type FAFSEA. Pour les demandeurs d’emploi, la Région finance aussi un certain nombre de places dans les centres de formation. Last but not least, Marie-Françoise Morenvillez fait remarquer que, de par leur mission de service public, les établissements de formation ne laissent personne sur la route. « Nous trouvons toujours des réponses. » Le CFPPA est équipé pour héberger des gens en formation, un hébergement « spartiate » mais à prix modique.

Sur la période 2013-2014, le BPREA de l’Oisellerie accueille un groupe de 31 personnes dont 16 en viticulture ; celui de Saintes une quinzaine, dont 8 en viticulture, dont la formation se partagera entre Saintes (Chadignac, Desclaudes) et Jonzac (Le Renaudin).

Comme déjà dit, la capacité professionnelle agricole ne se borne pas au diplôme agricole. Ce dernier doit être complété par un PPP (Plan de professionnalisation personnalisée) validé, qui comprend au minimum la réalisation du stage collectif préparatoire à l’installation (stage 21 heures). Le PPP a remplacé depuis plusieurs années déjà le stage 6 mois (voir article page 26).

IREO des Charentes

p28.jpgBac pro en un an, BTS en deux ans

Le statut de l’alternance pratiqué par l’Institut rural de Richemont offre un cadre favorable à la reprise d’études agricoles, pour les jeunes ou les adultes ayant suivi des parcours différents.

Un jeune de 24-25 ans peut très bien être employé sur l’exploitation de ses parents en contrat de professionnalisation, pris en charge par le FAFSEA et suivre en alternance la partie générale et professionnelle des études agricoles à l’IREO de Richemont. C’est ce que permet le statut de l’alternance, dont le principe repose sur un mixe établissement de formation/employeur, par le biais soit d’un contrat d’apprentissage, soit d’un contrat de travail classique. Outre son intérêt pédagogique, la formule de l’alternance se prête bien au financement de la reprise d’étude par les OPCA (Organisme collecteur paritaire agréé de type FAFSEA…).

Le Bac pro est le diplôme de niveau IV exigé a minima pour l’installation aidée. A l’Institut rural d’éducation et d’orientation (IREO) des Charentes, près de Cognac, il est possible de passer un Bac pro en un an, pour les candidats ayant déjà suivi un cursus d’études secondaires ou supérieures. Pour le BTS, ce sera deux ans (20 mois exactement). Wali Nourestani, directeur de l’institut, se refuse d’envisager un BTS en un an. « Ce n’est pas possible de faire réussir une personne sur un laps de temps aussi court. »

Contact : IREO des Charentes – Richemont – 16370 Cherves-Richemont – 05 45 83 16 49

VAE : l’expérience reconnue
Vous n’avez pas de diplôme agricole mais vous possédez au moins trois ans d’expérience professionnelle en agriculture. La VAE (validation des acquis de l’expérience) est pour vous.
Une personne n’a qu’un CAPA (Capacité professionnelle agricole) mais a travaillé pendant 5 ou 10 ans avec ses parents. S’il veut s’installer, il a tout intérêt à actionner le système de la VAE (validation des acquis de l’expérience) pour le BPREA.
Comment s’y prendre ? Avant toute chose, contac-ter le Point info installation qui renverra vers la structure ad hoc. En l’occurrence, il s’agit du Centre d’élaboration des Plans de professionnalisation personnalisés (CEPPP). Généralement, c’est la Chambre d’agriculture, labellisée par le préfet, qui gère cette mission. Elle s’appuie elle-même sur deux types de conseillers, des conseillers projet et des conseillers compétences. Conseiller compétences pour la Charente dans le cadre du PPP, Marie-France Morenvillez, du
CFPPA de l’Oisellerie (16), est habilitée à suivre les candidats à la VAE BPREA. Elle met en parallèle le référentiel de responsable d’exploitation avec le parcours du futur installé. Condition préalable : il faut pouvoir justifier de trois ans d’expérience professionnelle (mais pas forcément en tant que salarié et pas forcément d’affilée). Un dossier est monté, à l’intention de la DRAF (direction régionale de l’Agriculture). A côté d’une partie très administrative, une autre décrit l’activité. Un entretien a ensuite lieu avec un jury, jury qui n’est pas là pour sanctionner mais pour apprécier, au cours d’une discussion, la capacité du candidat à maîtriser son champ d’activité
.

 

Contacts

CFPPA de l’Oisellerie – La Couronne – Respon-
sable formation pédagogique : Marie-Françoise Morenvillez. 05 45 67 36 95.

CFPPA Saintes – Responsable formation pé-
dagogique : Céline Pain. 05 46 74 40 70.

 

 

 

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